Le Parti Socialiste de l’Essonne a précisé, en ce début de semaine, les modalités du « référendum » qu’il organise ce week-end sur « l’unité de la gauche ». Objectif : prendre la température de l’électorat de gauche, en lui demandant de se positionner sur des alliances avec les autres partis pour les élections régionales.

« Face à la droite et à l’extrême droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes au élections régionales ? » C’est la question qui est posée ce mois-ci à « tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la gauche », explique le premier secrétaire du parti en Essonne et candidat aux Régionales Carlos Da Silva. « Une manière pour les électeurs de dire leur attachement à l’unité de la gauche, et d’un point de vue civique, se mobiliser vers les urnes, poursuit l’élu. Ces derniers temps, l’électeur de gauche a tendance a rester chez lui. Nous sommes très mobilisés et dans beaucoup d’endroits. En Essonne, nous avons décidé d’en faire un enjeu important de la campagne des régionales. »

De ce référendum-consultation, le PS de l’Essonne espère au moins entre 5000 et 6000 votants dans le département. Des espoirs de mobilisation mesurés puisque moins de 10% des électeurs de la primaire socialiste sont escomptés. Aux primaires du parti en 2011, 60 000 personnes s’étaient déplacées. Pourtant, l’enjeu n’effraie ni militants ni élus essonniens, même si le résultat servira dans tous les cas de « signal d’alarme ». « Dans la quasi-totalité des régions tenues par la gauche, le Front de Gauche, les Verts et le PS travaillent ensemble et mènent à bien des projets phares. En Ile-de-France, cela a donné par exemple le pass Navigo à 70 euros », avance le tête de liste du PS en Essonne.

Sans les écologistes, Front de gauche..

Une bonne volonté affichée qui ne semble pourtant pas convaincre les autres partis de gauche. Le tête de liste en Essonne des écologistes François Damerval ne compte par exemple pas participer à cette consultation : « pour moi la définition d’un référendum est toute autre, il faut une campagne, des arguments pour le oui, pour le non, et il ne faudrait pas connaître le résultat d’avance ». Selon le candidat EELV, ce vote monté par le PS « ressemble plus au vote en Biélorussie ce week-end », n’hésitant même pas à le comparer « au pseudo référendum de Tron à Draveil sur l’agglo ». Même écho chez le Front de Gauche essonnien. Interrogé sur le sujet, Philippe Camo, conseiller régional et secrétaire départemental PCF en Essonne, est formel : « Nous ne participerons pas au référendum. On ne peut pas faire un vote autour de la simple question de l’union, il nous faut des thèmes qu’on partage. Aujourd’hui, la politique ultra-libérale menée par le PS ne représente pas la position du Front de Gauche. »
Avant de préciser que sa liste « Nos vies d’abord » mène une campagne pour les régionales bien à elle, loin de toute forme d’austérité. « Une politique affirmée à gauche, avec une alternative, des innovations. » Le résultat du référendum, même s’il donnait l’union gagnante, ne changera pas la donne pour le FDG. « Pour nous le meilleur des référendum sera les Régionales », conclut Philippe Camo.

Pour les socialistes, il s’agit pourtant d’une façon de donner une autre image du parti. « Le PS évolue », tient à préciser Carlos Da Silva. « Nous allons chercher de plus en plus systématiquement à nous ouvrir à nos concitoyens. »

Par Internet ou par point de vote, le référendum se tiendra du vendredi 16 octobre, 8 heures, au 18 octobre, 20 heures (18 heures pour les points de vote). En Essonne, 212 points de vote sont d’ores et déjà prévus. Il n’est pas nécessaire pour donner sa voix d’être adhérent du Parti Socialiste, ni d’un autre parti. Il suffit juste de signer la charte d’engagement prévue à cet effet, en déclarant sur l’honneur que l’on se reconnaît dans les valeurs de la gauche, des écologistes et de la République.