Le Ferry, lieu culturel à Palaiseau, voit son avenir menacé par la municipalité décidée à le fermer. Pour montrer son désaccord, le collectif de soutien au Ferry invitait tous les habitants à manifester ce samedi 10 octobre.

« Le Ferry traverse les tempêtes ». C’est un des nombreux slogans qui était clamé ce samedi lors de la manifestation en soutien au Ferry, lieu culturel de Palaiseau. En effet, cet endroit dédié à la culture est promis à fermeture par la ville qui en critique la gestion. Le 6 octobre dernier, les services techniques de Palaiseau et la police municipale se sont rendus sur place pour vider la cour du Ferry. Les artistes résidents y stockaient du mobilier en palettes pour différents travaux depuis 3 ans. Un coup dur. « La cour a été vidée sans que l’on soit prévenu. Ces palettes nous servaient et tout à coup tout est détruit ou stocké à la mairie » explique Matthieu Helbert, président de l’association Opération Maxi Puissance (OMP) et qui passe, depuis 3 ans, ses jours au Ferry. Les temps sont durs pour le Ferry. Depuis 10 mois, la situation se tend : division du budget par 5, non renouvellement du poste de régisseur, fermeture du lieu au public… Une période noire pour ce lieu culturel.

Le « Ferry », une belle histoire

Le Ferry n’a pas toujours été un lieu culturel. Il a une belle histoire. Cet endroit était auparavant, une école qui fut fermée. Depuis 2011, elle s’est transformée en un espace culturel municipal « alternatif » et reconverti en lieu culturel et résidence d’accueil d’artistes. Le projet initial avait de belles promesses et une association, « l’équipage », a été créée en soutien du lieu. Cet endroit permet d’implanter un lieu de diffusion et d’implication pour la jeunesse en accord avec la jeune génération et permet au public de découvrir des cultures alternatives. Mais des problèmes sont mis à jour:  « Nous n’avons pas de statut défini » affirme Matthieu Helbert. De plus, le lieu a été fermé au public en décembre dernier. La commission de sécurité municipale est passée visiter les bâtiments et les locaux n’ayant pas été remis aux normes, de gros problèmes de sécurité incendie ont été relevés par la ville. « On ne conteste pas cette décision, si c’est pour des raisons de sécurité, nous comprenons parfaitement » explique Matthieu Helbert.

Une situation bloquée

Le Ferry veut être sauvé. La difficulté de dialogue entre la mairie et le collectif reste le gros point noir. La dernière réunion avec le maire de Palaiseau, Grégoire de Lasteyrie, remonte à juin. « Nous avions fixé un rendez-vous mais il n’a pas souhaité nous recevoir car nous étions 7 alors qu’il ne fallait que 2 personnes ». Suite à cela, 2 personnes y sont retournés peu de temps après. « Le maire voulait repartir sur de bonnes bases, nous étions contents » affirme Matthieu Helbert. « Mais après, ça a été le silence radio ». Aujourd’hui, le collectif de soutien au Ferry et tous les artistes qui contribuent à faire vivre ce lieu culturel souhaitent faire avancer les choses en proposant un projet à la mairie. « Le dialogue est très difficile car il y a beaucoup d’interlocuteurs différents entre les élus, le service culturel… Et même du côté du Ferry, il y a le collectif, les acteurs associatifs… C’est très complexe ». Pour le maire, « c’est un collectif protéiforme, des usagers veulent trouver des solutions, d’autres sont moins consensuels ». L’incompréhension semble totale des deux côtés.

« La confiance n’existe pas entre le collectif et la mairie » explique pour sa part Grégoire de Lasteyrie, « le lieu n’est pas aux normes, et ils veulent la jouissance de ce bâtiment communal, ce n’est pas possible ». Le maire assume le fait d’avoir demandé de vider la cour mais affirme : « j’ai demandé à ce que tout le monde soit prévenu, peut-être que les bonnes personnes ne l’ont pas été ». Pourtant, le Ferry pourrait avoir de beaux jours devant lui si les projets aboutissaient. « Nous voulons dialoguer pour définir l’avenir de ce lieu dédié à la culture » explique Matthieu Helbert. En effet, les projets sont nombreux pour le Ferry. Une résidence d’artistes, un bar associatif, un endroit qui permettrait aux acteurs de s’exprimer. Cependant, la situation reste critique. « Le dialogue est bloqué et la situation se dégrade petit à petit » lâche le président de OMP. Si il réfute le terme de « mise à mort », le maire attend de la part des initiateurs de la structure un nouveau projet, et se dit « ouvert aux discussions », mais « que avec ceux qui le veulent ».