Serge Dassault, 90 ans, avait été installé lundi 28 septembre comme conseiller départemental en remplacement de Jean-Pierre Bechter, démissionnaire.

Ce lundi, les conseillers départementaux ont élu Serge Dassault président de la Commission des finances, en remplacement de Dominique Echaroux. Lui-même a été nommé vice-président aux finances la semaine dernière, poste occupé jusqu’à présent par Jean-Pierre Bechter qui a choisi de démissionner de ses fonctions.

Serge Dassault, seul candidat présenté officiellement, a ainsi remporté 20 voix (sur 25 électeurs de droite) sur les 34 conseillers présents. François Durovray, président du Conseil départemental, n’était quant à lui pas présent pour le vote. Une semaine après avoir fait son retour au Conseil départemental, l’homme d’affaires accède donc à cette fonction à l’âge de 90 ans.

De son côté, la gauche n’a pas voté pour ce dernier et regrette une nouvelle fois que ce poste reste attribué à un membre de la majorité, alors qu’elle-même au pouvoir avait institué la tradition de le confier à un membre de l’opposition, en l’occurrence à Dominique Fontenaille (DVD). « Le président du conseil départemental souhaitait incarner le renouveau. Ce choix me laisse perplexe », déplore Rafika Rezgui, élue sur le canton de Massy. Même son de cloche pour le chef de l’opposition David Ros. « Si vraiment François Durovray avait voulu un Département de renouveau et d’ouverture, Serge Dassault aurait été son dernier choix, pointe ce dernier. C’est une démarche partisane, d’un autre temps, en décalage. Pas idéale pour l’image de l’institution. »

Des propos que balaie d’un revers François Durovray. « Je travaillerai en bonne intelligence avec M. Dassault », a ainsi commenté le président du Conseil départemental. « J’observe que Serge Dassault était le seul candidat officiel. L’opposition aurait dû présenter un candidat également si le choix ne leur convenait pas. ».

En mars dernier, le sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes a été visé par une enquête préliminaire du parquet national financier, parce qu’il n’aurait pas déclaré à la Haute autorité de transparence pour la vie publique (HATVP) des placements à l’étranger de sommes non déclarées de plusieurs millions d’euros. Il est toujours également soupçonné de « blanchiment de fraude fiscale et recel d’abus de bien social ». En 2014, Serge Dassault a été mis en examen pour achat de votes, complicité de financement illicite de campagne électorale et financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé.