L’ancien chef de l’Etat était à Palaiseau jeudi dernier. Nicolas Sarkozy a échangé avec un parterre de chefs d’entreprise sur le programme économique de son parti. Une visite qui a alimenté la polémique puisque dans le même temps, le maire Grégoire de Lasteyrie se faisait attendre à deux pas pour l’inauguration de la nouvelle Maison des solidarités.

Nicolas Sarkozy a brossé plusieurs sujets touchant les dirigeants d'entreprises

Nicolas Sarkozy a brossé plusieurs sujets touchant les dirigeants d’entreprises (JM/EI)

Alors que la campagne des Régionales bat son plein, le président du parti Les Républicains a effectué un déplacement en Essonne sur le thème de l’économie. Il s’agissait pour lui de tester auprès de chefs d’entreprises ses propositions en matière d’emploi, d’innovations, ainsi que sur les finances publiques. Autour de la table, plusieurs dirigeants de PME installées sur Palaiseau, comme de jeunes start-uppers incubés au sein de l’Ecole Polytechnique.

Nicolas Sarkozy a présenté certaines de ses propositions en répondant aux interrogations des participants au débat, chacun présentant en quelques mots sa situation. L’ancien chef de l’Etat a ainsi parlé du principe de précaution, qu’il préférerait remplacer par le « principe de responsabilité », et que chacun « assume les conséquences » de ses actes. Sur les allocations chômage, il a plaidé pour une « reprise en main » par l’Etat du système de l’Unedic, « avant de le reconfier aux partenaires sociaux ». Il s’est aussi positionné pour une « allocation unique » qui fusionnerait le RSA, les aides au logement et la prime pour l’emploi.

Face à plusieurs entrepreneurs du numérique, qui ont pour certains comparé l’environnement français à celui de la Silicon valley, Nicolas Sarkozy a promu l’excellence au sein de l’enseignement supérieur : « nous avons voulu donner l’autonomie aux universités », et a développé sur son objectif de « refaire de la France l’amie de l’investissement ». Il a aussi expliqué qu’il souhaitait « reprendre le programme de privatisation » en citant EDF, Air France, ou « l’erreur stratégique » d’Areva, tout en spécifiant que  » jamais le privé n’aurait investi autant dans le nucléaire » que la force publique.

Le maire entre deux feux

Sur le sujet des finances publiques, le numéro 1 de LR se fixe pour ambition de réduire de « 100 milliards » d’euros les dépenses de l’Etat. Tout en insistant sur le fait qu’il ne veut pas « entrer dans un système de pensée ». « Je n’aime pas l’idéologie, ce sont simplement des mesures de bon sens » a t-il poursuivi. Si l’un des invités lui a alors décrit ses propositions comme « libérales », Nicolas Sarkozy a préféré parler de « bonnes solutions à trouver en travaillant ensemble ». Il a enfin assuré qu’il souhaitait « que l’on revienne sur le statut de travailleur détaché, en appliquant les charges françaises, pour éviter le dumping social ».

Il a terminé en incitant ses interlocuteurs à s’engager : « comment voulez-vous que la France devienne le pays que vous voulez si vous ne vous engagez pas? » A ses côtés, l’ancien ministre et responsable de l’économie pour Les Républicains Eric Woerth, ainsi que le maire de Palaiseau Grégoire de Lasteyrie, ont ponctué la discussion. Ce qui n’a pas manqué de mettre dans l’embarras ce dernier. Comment conjuguer une table-ronde sur l’économie avec le président de son parti, et une inauguration d’un bâtiment public prévue de longue date? C’est le dilemme auquel a du répondre jeudi dernier le maire de Palaiseau.

A quelques centaines de mètres de là, plusieurs dizaines de personnes dont l’actuel ainsi que l’ancien président du Département l’attendaient de pied ferme pour procéder à l’inauguration de la nouvelle Maison des solidarités de la commune (lire notre article). Un rendez-vous auquel Grégoire de Lasteyrie est arrivé avec une heure et demi de retard. « Il y a un accueil républicain que je dois à Nicolas Sarkozy, au même titre que lors de la visite de Hollande sur le Plateau » s’est-il justifié. Après quelques railleries sur les réseaux sociaux, et un certain agacement exprimé sur place, notamment par le président (LR) du Conseil départemental François Durovray, il est finalement venu couper le ruban. Une situation qui fait dire à Jérôme Guedj, l’ex-président (PS) du Département : « il a préféré rester avec son chef de parti plutôt que d’être là pour ce lieu central de l’action sociale, on voit où sont ses priorités. Sarkozy n’est que chef de parti, ferait-il pareil pour Jean-Christophe Cambadélis? »