Après plusieurs mois de combat, la MJC de Chilly-Mazarin a réussi à s’assurer un avenir. Au sein de ses locaux flambant neuf, elle proposera un nouveau mode de fonctionnement à ses adhérents et à ses bénévoles.

 Les anciens locaux de la MJC sont aujourd'hui vides, mais arborent toujours les slogans pour son maintien sur la commune. (JL/EI)

Les anciens locaux de la MJC sont aujourd’hui vides, mais arborent toujours les slogans pour son maintien sur la commune. (JL/EI)

« On va pouvoir penser à comment fêter nos cinquante ans ». Cette phrase, Joëlle Bernardon, la présidente de la MJC de Chilly-Mazarin, n’aurait bien pu ne jamais la prononcer, tant le contexte ne s’y prêtait plus. Car le tableau aurait pu être bien plus sombre que cela pour la structure associative. Revenons quelques mois en arrière, plus précisément en décembre 2014. À cette époque, la nouvelle municipalité évoque son intention de détruire le bâtiment actuel qui abrite les activités de la MJC, sans pour autant parler des solutions de ré-hébergement. Soucieux de l’avenir de la structure, salariés, adhérents, bénévoles et de simples Chiroquois se sont lancées dans une bataille contre la municipalité pour obtenir le maintien de la MJC sur son territoire. Malgré une mobilisation forte qui causa l’annulation d’un conseil municipal notamment, une nouvelle décision tombe. La mairie n’a pas souhaité reconduire la convention qui la liait à l’association jusqu’au 30 septembre.

La « mise à mort » de la structure était donc actée. C’était sans compter sur l’abnégation de ses bénévoles qui ont réussi à obtenir un local in extremis afin de poursuivre leurs activités, permettant ainsi à cette association de fêter dans quelques semaines son demi-siècle d’existence.

Prendre le temps de pérenniser la structure

On touche donc à l’épilogue de ce dossier volcanique. Et cela n’aura pas été une partie de plaisir pour les membres de l’association. « Nous avons vécu un mois de juin et un mois de juillet vraiment très difficiles », confie Joëlle Bernardon. Se sachant dépossédés de leurs locaux le 30 septembre et ne percevant plus les subventions de la ville de Chilly-Mazarin, les membres de l’association ont fait un gros travail pour donner une chance de survie à cette structure.

Tout d’abord, sur le plan économique, la MJC a réussi à obtenir un plan de sauvegarde pour une durée de six mois à compter du 1er juillet dernier. Il présente ainsi des avantages à la structure comme un gel des dettes ou encore un maintien de la trésorerie. Or, cette bonne nouvelle n’est pas venue seule. Fin juillet, après avoir essuyé plusieurs refus de bailleurs, le personnel de la MJC est devenu locataire d’un local situé en plein centre-ville. « C’était presque inespéré, d’autant plus que l’administrateur judiciaire nous mettait la pression pour avoir un local rapidement », assure la présidente. En partie grâce au plan de sauvegarde, l’association peut ainsi payer son loyer. « Nous avons aussi un gros soutien de la CAF grâce à l’agrément de Centre Social. Cela nous aide en partie à payer les loyers et faire les travaux », poursuit Joëlle Bernardon.

Avec ces nouveaux locaux bien implantés en centre-ville à deux pas de la place de la Libération, et le plan de sauvegarde, cela permet à la MJC d’avoir le temps de pouvoir se réorganiser. « Il y a une vraie transition à prendre, explique Laurent Ott, nouveau directeur de la MJC. On va vers une recomposition de nos soutiens. Il y a donc de l’inconnue. Nous allons nous servir de ce plan de sauvegarde pour pérenniser la structure ». Afin de faire en sorte que cela se passe dans les meilleures conditions possible, ces derniers demanderont une prolongation de ce plan en décembre prochain.

« Nous ne voulons pas refaire l’ancienne MJC »

Voici donc une première victoire pour la MJC de Chilly-Mazarin. Malgré tout, la MJC sera en incapacité de proposer les mêmes activités qu’avant. En cause, la taille des nouveaux locaux. Aujourd’hui l’association dispose de 250 m² alors qu’elle en comptait auparavant 1 000 de plus. « Cela limite le nombre d’activités en intérieur », confesse le directeur. Sans compter qu’à cela s’ajoute une baisse des effectifs avec la baisse des revenus pour la structure. Deux salariés travaillent dans l’établissement à temps complet, ce qui réduit là encore l’offre d’activités. « Les activités de loisirs qui nécessitaient beaucoup de personnel et de place ne pourront plus être assurées, indique Joëlle Bernardon. On ne proposera pas de refaire l’ancienne MJC ici, d’ailleurs ce n’est pas notre but ».

Car oui, pour s’adapter au nouveau contexte financier et aux nouveaux locaux de la structure, les membres de la MJC ont décidé de revoir le projet pédagogique et social de fond en comble. « Quand on a moins de locaux, on doit réajuster en travaillant davantage dans l’espace public. Il y aura donc des interventions dans les différents quartiers de Chilly-Mazarin. On mise sur le décloisonnement », affirme Laurent Ott. La MJC sera encore plus présente dans le paysage communal qu’auparavant.

Mais encore, afin de conserver un nombre important d’activités, le personnel de l’association mise également sur un investissement plus fort de la part des bénévoles. « On va être dans quelque chose de participatif. On va accueillir les propositions des adhérents qui encadreront eux-mêmes les cours. Ils vont être invités à produire et pas seulement à consommer », résume Laurent Ott.

La "surprise du chef", la MJC bénéficiera d'un studio de son. (JL/EI)

La « surprise du chef », la MJC bénéficiera d’un studio de son. (JL/EI)

Une nouvelle mission pour ces bénévoles qui participeront d’une certaine manière à l’animation de la ville. De quoi convenir à la municipalité ? « Si cette association souhaite poursuivre ses activités sur la commune, je n’y vois aucune objection, garantit le maire Jean-Paul Beneytou, même s’il avoue ne pas encore avoir eu l’information officielle du maintien de la structure. Cela ne me gêne pas du tout ». Les vieilles rancœurs semblent ainsi mises de côté entre la mairie et le personnel de la MJC. Ces derniers ont d’ailleurs choisi d’inviter Jean-Paul Beneytou à l’inauguration de leurs locaux ce vendredi 2 octobre. « Il y a eu le temps de l’émotion, mais maintenant cela est fini. Il faut tourner la page et continuer à avancer », reprend Laurent Ott optimiste pour la suite. « Il ne reste maintenant plus qu’à trouver une date pour fêter les cinquante ans de la MJC », conclut Joëlle Bernardon.

L’inauguration des locaux a lieu le vendredi 2 octobre à 19h au 12 avenue Mazarin 91380 Chilly Mazarin.