Le dialogue de sourd se poursuit à Savigny, entre le maire qui a coupé dans les budgets culture et jeunesse, et ses opposants qui continuent de contester ses choix. Nouvelle illustration lors de la séance de conseil municipal de septembre.

Les deux précédentes séances avaient été houleuses, et pour cause, une véritable fronde est menée depuis avril dans la commune de Savigny-sur-Orge, face aux décisions du maire de tailler dans les dépenses, particulièrement du côté de la culture, avec la suppression de la subvention pour la MJC, et le secteur enfance-jeunesse (fermeture de la crèche familiale, du centre de vacances vendéen…). A tel point que le vote du budget, le 13 avril dernier s’était passé sous les huées d’une foule venue en nombre montrer sa désapprobation (lire notre article). Re-belote au juin, avec une séance d’abord reportée, puis qui s’était finalement tenue à huis-clos, après l’évacuation de la salle par la police (lire notre article).

Nouvelle réunion en mairie de Savigny le 23 septembre dernier, soir de conseil municipal. En prévision de possibles tensions, des barrières de sécurité sont une nouvelle fois installées devant la salle du conseil, avec une présence visible de la police nationale comme municipale. En cette soirée, ils sont un peu moins nombreux qu’avant l’été, mais une cinquantaine d’habitants sont là pour assister aux débats. Pour la plupart hostiles aux coupes budgétaires de la municipalité, ils n’ont pas manqué de marquer de leur présence la séance, raillant le maire ou ses adjoints entre les interventions.

Car la thématique des finances était de nouveau à l’ordre du jour de ce conseil, avec une délibération portant sur le budget supplémentaire 2015. Ce qui a valu plusieurs passes d’armes entre la majorité et les élus d’opposition. Le débat est parti de la présentation d’un excédent budgétaire pour l’année 2014 de 1,5 millions d’euros, à réintégrer dans les comptes 2015. L’élu du groupe « Savigny, notre ville » Jacques Senicourt attaque le maire sur ses coupes d’avril sans qu’il ait pris en compte cet excédent : « vous avez caché ces chiffres, tronqué la réalité, il fallait faire des choix différents ». En réponse, le maire Eric Mehlhorn assure qu’il « ne connaissait pas les montants en mars. C’est pour cela que nous avons anticipé un certain nombre de choses ».

750 000 euros pour des activités périscolaires?

Applaudis par la salle, les élus du groupe de gauche choisissent d’exposer les conséquences des mesures prises pour la ville. « Détruire les services publics, ça coût plus cher que ce que ça rapporte » lance Jean-Marc Defrémont, tandis que Eva Sas s’offusque de « l’arrêt brutal de ces services, alors que les maintenir en 2015 et leur laisser le temps de trouver des solutions de continuité était possible ». En retour, Eric Mehlhorn parle « des difficultés et l’embarras que nous met l’Etat sur les baisses de dotations ».

Autre sujet abordé dans le cadre de cette délibération budgétaire, celui du reversement de dotations de l’agglomération, la Calpe, dont l’élue d’opposition Eva Sas a souhaité connaître l’utilisation. « La ville a reçu 750 000 euros de fonds de concours, somme qui devrait être affectée aux rythmes scolaires. Pourquoi les enfants saviniens n’en bénéficient pas? » interroge la députée. Sans réponse de la part d’Eric Mehlhorn, elle s’y reprend à trois fois en posant la même question. L’adjoint aux finances Jacques Pataut finit par expliquer « qu’un bilan des conventions avec l’agglomération a lieu en fin d’année ».

Au fil des huées qui augmentent du public, Eric Mehlhorn reprend la parole : « il faut que le débat entre les élus se passe sereinement, pour l’instant ça s’est bien passé ». « Et le huis-clos ça s’est bien passé? » lui répond-on dans la salle, en référence à la séance de juin. L’opposant Jacques Senicourt propose finalement un amendement dans ce budget supplémentaire : se servir du fonds de réserve constitué de 400 000 euros pour « des activités de rythmes scolaires et pas une garderie », le CCAS ou encore la MJC, le tout « pour reconstruire les services publics ». Fin de non recevoir pour le maire, qui ne soumet pas au vote la proposition d’amendement, et avant d’approuver la délibération, de renvoyer l’opposition dans ses cordes : « vous nous proposez de dilapider le fonds de réserve alors qu’on vient de le recréer ». « Vous dilapidez la culture ! » lui répond au loin quelqu’un dans le public.