Ce samedi 26 septembre se déroule un grand hommage à Bernard Baschet à Saint-Michel-sur-Orge. L’inventeur disparu cet été laisse un unique héritage artistique et musical, exposé ce week-end et dont l’atelier va continuer à vivre en Essonne

C’est un artiste, un inventeur et un humaniste. Bernard Baschet a contribué, avec son frère François, à une révolution des structures sonores en créant des instruments aussi bien merveilleusement mélodieux qu’esthétiquement merveilleux. Ainsi, pour honorer sa mémoire, l’association Structures Sonores Baschet, sa famille et la ville de Saint-Michel-sur-Orge lui rendent hommage à travers une journée artistique dédiée à ses oeuvres, au centre culturel qui porte son nom. L’inventeur d’instruments de musique est décédé le 17 juillet 2015, à l’âge de 97 ans.

Les frères Baschet : révolution instrumentale

Dans l’atelier de l’association Structures Sonores Baschet, les instruments sont maîtres. A l’entrée de la maison où vécut Bernard Baschet et sa famille, trône fièrement sa grande grange où il imagina ses inventions.

Tout commence par son frère, François, qui voyage autour de monde avec sa guitare. Bernard, lui, est un chef d’entreprise dans les Landes. François rentre au pays et décide, sur un coup de tête, de repartir. « Il disait que le Mexique lui plaisait beaucoup  » explique Brigitte Touillier, Présidente de l’association Structures Sonores Baschet. Il repart avec l’idée de prendre une guitare, un peu « revisitée ». Il construit une guitare gonflable en remplaçant le caisson de résonance par une vessie en matière plastique. Fasciné, Bernard Baschet décide, avec son frère, de consacré son temps à démontrer les rapports existant entre le son et la forme.

Une ancienne affiche des années 70 (FB/EI)

Une ancienne affiche des années 70 (FB/EI)

L’association des frères Baschet se crée donc en 1953 à Paris. Ils souhaitent envisager un nouveau type d’instruments de musique qui révolutionnerait la facture instrumentale. Durant les premières années, ils consacrent leurs recherches sur le fondamental acoustique. C’est le début de la création. Ils décident de développer des instruments musicaux fondés sur ce principe acoustique : les structures sonores sont nées. Elles sont conçues sur le principe du meccano. L’air et le métal les conduisent à une nouvelle idée : créer des instruments à partir de tiges encadrées et un amplificateur en forme de grande feuille en métal pour développer le son. Par la suite, en 1955, ils remplacent les tiges en métal par des tiges en verre et donnent naissance au célèbre Cristal Baschet. Dans l’atelier de l’association trône cette merveilleuse invention au son pur et extraordinaire : le nom est bien choisi.

Par la suite, les frères feront le tour du monde avec leurs instruments. Le premier concert eu lieu en mars 1957 puis les expositions s’enchaînent. En 1953, une sculpture des frères Baschet figure dans l’exposition L’Objet, au musée des arts décoratifs. Puis ils décollent pour faire un tour de monde entre le Museum of Modern Art de New-York, à Mexico, Chicago, Osaka, Berlin…

Les instruments des frères sont aussi des sculptures (FB/EI)

En 1975, les institutions, frappées de la participation des enfants lors d’expositions en Europe, demandent aux frères Baschet d’étudier la création de modèles pour l’éveil musical. La Guggenheim Museum Foundation leur propose donc de participer à un programme scolaire pilote. Ils conçoivent un programme pédagogique à l’aide d’instruments plus accessibles pour les enfants, donc de taille plus petite. C’est là que l’instrumentarium de 14 structures voit le jour offrant une palette de sons que l’on peut manier sans avoir pratiqué des années de solfège. « La musique était enfin accessible à tout le monde, par le simple toucher  » raconte Brigitte Touillier.

Les frères Baschet ont consacré leur vie à construire des instruments et à créer des sons nouveaux et contemporains.

Une association de partage 

L’association fondée par Bernard, Structures Sonores Baschet, a vocation à transmettre et partager. « Des enfants des écoles viennent et jouent à l’instrumentarium. C’est exceptionnel de les voir s’éveiller avec ces instruments  » affirme Brigitte Touillier. « Ce qui est beau, c’est que c’est accessible à tous. Que ce soit des enfants, des adultes, des handicapés physiques ou mentaux  ». Puis, après le décès de son frère François l’année dernière, l’association continue à perpétuer ses oeuvres. Dans l’atelier, des structures sonores sont exposées et peuvent être utilisées. « Juste à côté, ce sont des silencieux. Bernard disait souvent que la musique passait par le silence  ».

On peut visiter et jouer de ces instruments sans avoir de connaissance au préalable de la musique. Lorsque l’on joue, les sons sont différents, on ressent les vibrations. Pour jouer du cristal, on trempe simplement ses doigts dans l’eau et on touche ces tiges en verre pour donner un son particulièrement merveilleux. Cette association permet de perpétuer le souvenir des frères Baschet. A la fin de sa vie, Bernard prenait « sa piste d’envol  ».

L'instrument très spécial des frères (FB/EI)

L’instrument très spécial des frères (FB/EI)

Un hommage à l’image de ses oeuvres

Ce samedi 26 septembre est donc organisé un hommage à Bernard au centre culturel Baschet, où diverses activités seront proposées. « C’est nous, l’association, qui organisons, aidés par la ville et par la famille » informe Brigitte Touillier. « Nous c’est surtout par le contenu et l’animation  ». Ici, au centre culturel, ils connaissent bien l’association qui organise, tous les 2 ans, les biennales Baschet.

Samedi, la famille sera présente pour revoir ses oeuvres et les voir vivre. Pourtant, « Bernard les a un peu éloigné de son oeuvre. Après être parti à Paris, il a créé, créé et ils se sont un peu éloigné. Puis ils se sont rapprochés avec la fameuse piste d’envol de Bernard  ».

Après son décès, l’association a dû continuer à la promouvoir. «  Un jour au mois de mai, il est arrivé, s’est assit au bureau et a dit : Bon, les enfants, la mort c’est dans 48 heures. Nous étions un peu choqués mais on avait commencé à préparer son hommage. Déjà, lui avoir retiré la présidence, c’était une petite mort pour lui  » explique-t-elle.

De plus, cet hommage est rendu dans le centre culturel Baschet, un lieu à son nom et son image. « En 2010, le maire nous avait dit que certaines villes était connues pour leurs peintres, notre ville pourrait être connue pour son sculpteur » ajoute Brigitte Touillier. « 2 ans plus tard, le maire a demandé à Bernard si son frère et lui accepteraient de donner leur nom à ce centre  ». Un beau cadeau auquel il a répondu très modestement « Ce n’est pas de mon nom qu’il faut se souvenir, c’est de mon oeuvre ».

Par ses oeuvres, il a su donner une nouvelle image à l’univers de la musique aussi bien musicalement qu’esthétiquement. Durant cet hommage qui a lieu samedi, plus « d’un milliers de personnes sont attendues  » affirme-t-elle. Toutes les personnes s’intéressant aux oeuvres des Baschet peuvent s’y rendre. Véronique Chatenay Dolto, la Directrice régionale de la Drac (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a ainsi prévu de participer. « C’est un véritablement honneur. C’est à la hauteur de ce qu’a pu faire Bernard ». Il a effectivement marqué la communauté de l’Essonne mais aussi du monde entier par son esprit créatif et de partage. « C’est très humaniste  » explique Brigitte Touillier.

Bernard Baschet a pris sa piste d’envol. Samedi, l’hommage qui lui est rendu doit permettre à chacun de découvrir ses oeuvres, ses créations et de jouer avec tout ce qu’il a pu inventer avec son frère. Les frères Baschet ont, définitivement, révolutionné le monde de la musique par la création de structures sonores.

  • Hommage à Bernard Baschet – Samedi 26 septembre
  • Espace Culturel Baschet
  • 16 rue de l’église, 91240 Saint-Michel-sur-Orge
  • De 14h30 à l’aube