Suivant le mouvement national des élus qui s’est tenu ce jour là, de nombreux maires de l’Essonne se sont mobilisés ce samedi 19 septembre devant la préfecture de l’Essonne. Dans leur viseur : les baisses de dotations de l’Etat aux communes et intercommunalités.

Poussé par l’Association des maires de France (AMF), le mouvement a été mené dans le département par l’Union des maires de l’Essonne (UME). Mot d’ordre : « J’aime ma commune ». Dès 11 heures et pendant plus d’une heure, devant l’Hôtel du département à Évry, s’est rassemblée une foule plutôt hétéroclite. Réunis autour d’une même cause, une centaine d’élus arborant leur écharpe tricolore, mais aussi des militants politiques et une poignée d’essonniens soucieux de l’avenir du service public se sont retrouvés au même endroit, tracts en main et banderoles « Non à l’austérité » brandies. Mais la particularité de ce rassemblement se trouvait plutôt du côté des couleurs politiques présentes ce jour-là. Serge Dassault, Georges Tron, François Durovray, Eric Mehlhorn, Jean-Philippe Dugoin-Clément… La droite essonnienne, venue en force, avait aussi à ses côtés des élus et des membres du Parti de Gauche et du PCF (une délégation est venue de Grigny avec un bus spécialement affrété), et de Debout la République (Nicolas Dupont-Aignan en tête).

Marjolaine Rauze, maire PCF de Morsang-sur-Orge, était présente lors de cette journée d’action, et a fait partie de la petite délégation d’élus reçus par le préfet au terme de la manifestation (avec entre autres Stéphane Beaudet, maire (LR) de Courcouronnes et président de l’Association des maires d’Ile-de-France, mais aussi Georges Tron et Jean-Raymond Hugonet, maire de Limours et président de l’UME). Précisant « ne pas dire tout à fait la même chose que [ses] collègues de droite sur le social », elle s’explique sur sa démarche : « Cette journée d’action a été décidée à l’unanimité. Quelque soient les gouvernements, à chaque fois qu’il y a eu des attaques contre les collectivités, j’étais présente. Le gouvernement actuel attaque les communes, donc je continue d’être là. Cette politique d’austérité est insoutenable et inefficace socialement. »

Grand absent de ce rassemblement qui se voulait pourtant non-partisan, le PS a de son côté pointé les contradictions des élus de droite, qui n’avaient pas fait entendre leur voix lors du mandat précédent.

La droite rebondit sur ces accusations de revirement, en pointant notamment le fait que sous Sarkozy, les dotations n’étaient que « gelées ». « Aujourd’hui ce sont des pans entiers de service public qui sont remis en question, déplore Stéphane Beaudet. L’État n’est pas juste. » L’élu essonnien a multiplié, la semaine précédent la manifestation, les interventions sur les médias nationaux, au nom des maires étranglés par la baisse des dotations : L’État a en effet décidé, d’ici à 2017, de réduire de 30% les dotations accordées jusque-là aux communes et intercommunalités pour assurer leurs missions.

« Aujourd’hui, le rôle essentiel des communes et de leurs communautés à assurer, au quotidien, les services de proximité pour les 66 millions de Français, est menacé et l’activité économique des territoires est également fragilisée , s’alarme de son côté l’AMF. En effet, cette baisse massive, et sans précédent, qui concerne chaque commune et intercommunalité, détériorerait les ressources de nos collectivités déjà fortement impactées par de précédentes mesures financières défavorables, comme la suppression de la taxe professionnelle. »

Les élus reçus par le préfet lors de ce rassemblement ont exprimé, en sortant de leur entrevue, avoir eu le sentiment d’être « écoutés ». « Il sait notre efficacité, la pertinence de nos dépenses dans le service public », conclut Marjolaine Rauze.