Le Bureau d’Enquête sur les Accidents de Transport Terrestre (BEA-TT) a publié ce vendredi son rapport final sur le déraillement à Brétigny-sur-Orge. 

Deux ans et demi après le déraillement d’un train Corail Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge, le Bureau d’Enquête sur les Accidents de Transport Terrestre (BEA-TT) a rendu son rapport final et vise la maintenance comme principal problème. Rappelons que cet accident avait fait sept morts et une trentaine de blessés.

En effet, le BEA demande au gestionnaire d’infrastructure SNCF Réseau de prendre des mesures sur les points défaillants. Le rapport n’est pas tendre avec la SNCF. Les experts du BEA notent, entre autres, que  « plusieurs facteurs managériaux, organisationnels et humains, (…) ont probablement contribué » au déraillement. Ils pointent aussi du doigt « le vieillissement général du réseau ferroviaire (…) qui peut conduire à différer certaines tâches considérées comme secondaires et peut ainsi modifier la représentation que les agents se font de l’état normal des installations ».

La maintenance : point noir de la SNCF

La maintenance est aussi mise en cause et le BEA a formulé trois nouvelles recommandations. Il recommande tout d’abord de « faire vérifier régulièrement, par des audits externes (…), que l’évolution de l’âge moyen des différentes composantes du réseau national est conforme aux orientations prises et que les moyens alloués à l’entretien sont cohérents avec les besoins ».

Le management est également remis en cause puisque le BEA émet plusieurs consignes sur ce point. Il faut « améliorer la politique d’affectation des cadres dans les établissements en charge de la maintenance de l’infrastructure ferroviaire (…) ». Référence est faite au jeune âge de la personne en charge de la surveillance du réseau Brétigny le jour de la catastrophe et insiste aussi sur la réduction des « turn-over ».

Enfin, le BEA juge nécessaire de mettre en place des « contrôles de l’état réel d’un échantillon d’équipements ayant récemment fait l’objet d’interventions de surveillance ou d’entretien afin d’évaluer la pertinence des règles de maintenance et la qualité de leur mise en oeuvre ». La SNCF a donc beaucoup de travail.

L’enquête du BEA présentée aux représentants des victimes

Les défauts à l’origine du déraillement auraient pu être repérés lors d’une inspection de routine, huit jours avant la catastrophe, selon le BEA. Cette enquête reste cependant distincte de l’enquête judiciaire menée à Evry. Le rapport doit être présenté aux représentants des victimes dans les locaux de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC), à Paris.