À trois mois des élections régionales, Essonne Info examine ce vote particulier. Modalités du scrutin, représentativité des Essonniens, enjeux et compétences du Conseil régional. Bref, ce qu’il faut savoir sur ces élections qui se tiendront en décembre.

Infographie Essonne Info

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Après avoir voté en mars dernier pour les élections départementales, les 782 000 Essonniens inscrits sur les listes électorales vont être rappelés aux urnes d’ici la fin de l’année. Plus précisément, les 6 et 13 décembre prochain, il vous faudra élire votre nouvelle assemblée régionale. Au total, ce sont 209 conseillers régionaux d’Île-de-France qu’il faudra renouveler pour six ans.

Mais la question que beaucoup se posent est : « quelle sera la couleur de la nouvelle majorité ? ». Depuis 17 ans désormais, l’Île-de-France est gérée par une majorité de gauche, avec à sa tête également depuis la même durée, le socialiste Jean-Paul Huchon. Elu en 1998, 2004 et 2010, ce dernier administre la région avec une majorité plurielle. Socialistes, écologistes, radicaux de gauche, communistes, ou encore certains membres du Front de Gauche cohabitent dans un même groupe dont l’exercice prendra fin dans les prochaines semaines.

  Avec le contexte politique actuel et les récents revers de la gauche aux dernières élections, il est aujourd’hui difficile de dire si cette région basculera dans le giron de la droite ou si elle restera pour un quatrième mandat de suite à gauche. Seule certitude à cet instant, Jean-Paul Huchon ne rempilera pas pour un nouveau mandat. Les 6,7 millions d’électeurs franciliens décideront du scénario pour les six prochaines années. Mais comment se déroule ce scrutin ? Comment s’opère la répartition des listes au Conseil régional et par département ? Voici quelques éléments de réponse.    

Une répartition à la proportionnelle

  Les 6 et 13 décembre, vous serez amenés à voter pour une liste. Ces listes, il y en avait eu 12 lors des élections régionales de 2010. Cette année, tout n’est pas fixé. Si certaines alliances prennent forme entre Les Républicains, l’UDI et le MoDem, d’autres cherchent encore à conclure un accord avant le premier tour, notamment pour la gauche de la gauche. Ces listes sont élues au scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire. L’attribution des 209 places de conseiller régional a lieu au premier tour si une liste recueille plus de 50 % des suffrages exprimés, sinon elle a lieu au second tour. Pour se maintenir au second tour, une liste doit recueillir au moins 10 % des suffrages exprimés. Ainsi, l’ensemble des listes récoltant moins de 10% est éliminé. Toutefois, celles qui recueillent au moins 5 % peuvent fusionner avec une liste qui se maintient au second tour, comme ce fut le cas ces dernières années par ailleurs. Pour l’attribution des sièges au second tour, un quart d’entre eux sont d’abord attribués à la liste arrivée en tête. Le reste des sièges est ensuite attribué à l’ensemble des listes ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés.    

24 conseillers régionaux essonniens sur 209

  Chacune de ces listes est composée de 209 noms. Ces candidats viennent des huit départements que compte la région. Cette répartition n’est pas due au hasard, elle est même très encadrée afin de préserver une certaine équité entre les départements. Ainsi, les territoires les plus peuplés compteront plus d’élus que les autres. Paris totalise 42 conseillers, alors que le Val-d’Oise n’en dénombre que 23. L’Essonne pour sa part aura quoiqu’il arrive au soir du 6 et du 13 décembre prochain, 24 conseillers régionaux. Chaque parti engagé dans la route aux régionales possède une liste en Essonne, avec son chef de file. Même si les listes sont encore à affiner, les noms des leaders départementaux sont en partie connus. Pour Les Républicains, il s’agit du maire de Courcouronnes, Stéphane Beaudet. Le PS a investi son secrétaire départemental Carlos Da Silva. La patronne du FN 91, Audrey Guibert mène son parti dans le département, au même titre que François Damerval pour les écologistes ou encore Nicolas Dupont-Aignan pour son parti Debout La France (DLF) pour ne citer qu’eux. Concernant la répartition, elle suit aussi la règle de la proportionnelle. Vous l’aurez donc compris, la plupart des chefs de file départementaux présents au second tour auront plus de chance que leurs autres colistiers d’obtenir un siège à la Région.    

Pour quelles compétences ?

  Une fois élus, quelle sera la mission des nouveaux conseillers régionaux ? Mobilité, culture, sécurité, politique de la ville, logement, développement économique, éducation : les compétences de la Région sont diverses et variées. Pourtant, certains secteurs ressortent du lot. C’est notamment le cas de la compétence mobilité. Eh oui, quand on parle Région, on pense souvent aux transports en commun. Rien de plus normal quand on analyse la part réservée à cette compétence dans le budget total de la collectivité territoriale.  

Car sur le budget gargantuesque de 4,949 milliards d’euros pour l’année 2015, plus d’1,8 milliard est attribué à la prise en charge des transports régionaux. L’un des rôles de la Région est ainsi d’investir soit pour la création, soit pour la rénovation de l’existant. Par le biais du Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) – au sein duquel siège le Président du Conseil départemental de l’Essonne François Durovray –, la Région organise et finance les transports publics du territoire. Pour l’Essonne, plusieurs dossiers transitent par le STIF comme celui des RER C et D, du tramway T7, ou encore l’extension du réseau T Zen. Cette action peut également se concrétiser sur les titres de transport comme le Pass Navigo unique nouvellement adopté. Cette compétence jouera également un rôle important en petite et grande couronne dans le cadre du développement du Grand Paris. Un sujet qui sera à coup sûr l’un des enjeux du prochain mandat.

Outre cette compétence non négligeable, un autre gros volet concerne l’éducation. En plus des presque 800 millions d’euros investis pour l’enseignement supérieur et l’apprentissage, la Région a à sa charge l’entretien des lycées. Un budget de 700 millions d’euros est alloué à cette tâche. Ce dossier est d’ailleurs l’une des thématiques de campagne du moment et a fait couler beaucoup d’encre.

Bref, vous aurez compris les enjeux de ce scrutin. Pour ceux qui ne seraient pas encore inscrits sur les listes électorales, il est encore temps de le faire. Pour voter en 2015, les demandes d’inscription sont exceptionnellement recevables jusqu’au 30 septembre prochain.