Programmation plus diversifiée, accompagnements d’artistes et d’étudiants, interventions en prison et accueil d’artistes en résidence… en un an, en plus du nouveau bâtiment, la salle de musiques actuelles phare de Ris a su mettre à profit un nouveau visage. Bilan d’une année d’expérimentations.

Le Plan

Quand on entend le nom « Le Plan », on pense à une salle de concert mythique, qui a vu passer de grands noms de la musique en plus de 30 ans d’existence. Il y a un an, la salle de musique actuelle déménageait au Bois de l’Epine, fermant définitivement les portes des anciens locaux (aujourd’hui, ils appartiennent à la Ville, mais restent inutilisés). Le public essonnien a découvert un endroit plus spacieux, avec en plus de la grande salle (où se tiennent les shows), et d’une salle « club », une salle de restaurant et terrasse, un bar et des studios de répétition et d’enregistrement. Si la nouvelle salle de musique actuelles n’est pas encore devenue un lieu où l’ancien public pourrait reprendre ses habitudes, elle est de plus en plus prisée des mélomanes de l’Essonne.

« On est en prise avec la société au quotidien, analyse Fabien Lhérisson, directeur et programmateur du Plan. Je pense que les attentats de janvier ont eu un impact sur la fréquentation. Les gens sortent moins. » Certaines dates n’ont en effet pas connu de foule, et les locaux paraissaient plus froids que les précédents de premier abord.

Pourtant, le directeur se montre satisfait de la première année d’activité du Plan. Pour lui, les objectifs sont atteints : ce sont 20 000 personnes qui ont, depuis les premières dates, fréquenté la nouvelle salle.
« Ça a été une année très active. Marianne Faithfull, Sébastien Tellier, The Avener… Nous avons accueilli 50 concerts, qui ont bien marché, il y en a eu des complets. On est également devenu un lieu très demandé pour la résidence d’artistes, explique-t-il. 30 groupes ont ainsi été accueillis, ce qui représente 150 jours de résidence. »

Le Plan a aussi, en un an, souhaité élargir ses horizons musicaux. Hip-hop, électro… Des styles musicaux qui n’avaient, dans l’ancienne programmation, qu’une infime place. L’idée ? « Sensibiliser un public plus large, et pourquoi pas susciter des vocations chez le jeune public », poursuit Fabien Lhérisson

« Implanter le nouveau Plan parmi les salles qui comptent prendra du temps »

Mais le public est exigeant, et « un nouveau lieu fait fuir », constate aussi le directeur. « Nous ne devons pas oublier le public historique du Plan, que nous devons satisfaire, tout en essayant d’attirer une audience plus jeune. Implanter le nouveau Plan parmi les salles qui comptent, par rapport à son ancien rayonnement, prendra du temps. On doit encore faire découvrir le nouveau bâtiment. »

Fabien Lhérisson, directeur et programmateur du Plan. (MH/EI)

Fabien Lhérisson, directeur et programmateur du Plan. (MH/EI)

Pour cela, l’endroit s’est également diversifié au niveau de ses activités. Si le projet d’insertion d’origine a été enterré avec la nouvelle salle, l’aspect social se retrouve dans les actions culturelles menées. Cette année par exemple, auprès d’une dizaine de détenus de Fleury, le Plan a mis en place un programme d’ateliers d’écriture et de sensibilisation aux métiers du son, pour qu’ils puissent organiser un concert. L’opération est reconduite cette année, en partenariat avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) de la maison d’arrêt.

Développer le lien social et local

« Nous avons ouvert le Plan aux artistes locaux, en leur proposant notamment des soirées gratuites et des scènes ouvertes, reprend Fabien Lhérisson. L’objectif est de développer du lien social, et de former une communauté d’artistes locaux qui se connaît. On travaille aussi beaucoup auprès des quartiers, de l’agglo… »

Sept groupes de l’Essonne sont ainsi passés par l’accompagnement du nouveau Plan, comme Malone, Harold ou encore Cotton Belly’s. Le Plan veut faire passer sa proximité par les artistes, mais aussi par le public qui le fréquente : « On sait que nos spectateurs viennent des environs, précise Fabien Lhérisson. Et on n’a rien à envier aux salles parisiennes. Le Plan a de meilleures conditions d’écoute et d’accueil, et nous maintiendrons cette année le même niveau d’exigence pour les artistes. »

Rendez-vous le 25 septembre pour les 1 an du Plan, dès 20 heures
Avec notamment Faada Freddy, Etienne de Crécy, Salut c’est cool, Jeanne Added… Programmation complète ici.
Tarifs anniversaire : 10/20 euros
Gratuit pour les abonnés 2015/2016.