Régionales 2015. Ce lundi soir au gymnase Japy à Paris, plusieurs appels et partis pour une liste de la gauche de la gauche se rassemblent à trois mois du scrutin des Régionales. Ces initiatives qui se veulent ouvertes réussiront-elles à converger ?

Dans trois mois quasiment jour pour jour se dérouleront les deux tours des élections régionales. Mais avant de caler les projets, les différents camps sont d’abord dans leur stratégie d’accords avant le premier tour. Si certains sont déjà scellés comme entre Les Républicains et l’UDI, d’autres pourraient encore voir le jour dans le courant du mois de septembre. La recherche du consensus, c’est en tout cas ce que semblent vouloir certaines composantes de la gauche de la gauche.

Pour le moment, le Parti communiste et le Parti de gauche font bande à part. Chaque mouvement fait partie d’une dynamique cherchant l’implication citoyenne, avec la « Fabrique coopérative pour construire l’Ile-de-France en commun » côté PCF et l’« Appel pour un rassemblement citoyen en Ile-de-France » comprenant les militants PG de l’autre. Mais la possibilité de tomber sur un accord n’est pas encore totalement écartée. En ce début septembre, « tout n’est pas encore totalement figé, lance Philippe Juraver, chef de file 91 du Parti de gauche pour ces élections. Nous sommes toujours dans la phase des tractations ».

Du côté de leurs voisins communistes, ce même sentiment semble de nouveau habiter le chef de file Pierre Laurent. Car la situation a évolué en quelques semaines pour le premier secrétaire du PCF. Il y a deux semaines, ce dernier voyait peu de possibilité de trouver un accord avec d’autres partis. « Cela semble assez bouché », confirmait-il, souhaitant privilégier son initiative « fabrique coopérative » pour construire une Ile-de-France avec « des forces diverses » expliquait-il. Toutefois, lors du forum départemental du 1er septembre dernier, le ton semble avoir quelque peu changé. Lors de cette soirée qui réunissait en tout près de 200 personnes – partisans et membres du tissu associatif local –, le leader du Parti communiste a revu sa stratégie : « nous devons maintenant faire converger toutes les énergies et initiatives ».

Rencontre à Massy vendredi soir pour les membres de l'appel pour un "rassemblement citoyen"

Rencontre à Massy vendredi soir pour les membres de l’appel pour un « rassemblement citoyen » (JL/EI)

Le sénateur de Paris y a donné rendez-vous pour la soirée organisée ce lundi soir au gymnase Japy dans le XIème arrondissement. Ce « forum citoyen » pourrait être l’un des derniers moments pour les deux partis, et leurs partenaires, de tomber sur un accord. « Au niveau des différentes démarches initiées, nous sommes assez proches. Un rapprochement est fortement envisageable avec les communistes », assure Philippe Juraver en faisant référence à l’appel pour un rassemblement citoyen en Ile-de-France. Même sentiment pour sa binôme Pascale Prigent qui affirme « qu’on y verra plus clair ce lundi soir ».

Quel rassemblement à gauche?

Au milieu d’interventions sur les priorités à donner à la Région, en matière économique ou écologique, le forum départemental d’Evry avait lui aussi été le théâtre de débats sur la question des alliances à nouer pour la gauche de la gauche à l’échelle de l’Ile-de-France. « Je n’ai pas envie qu’il y ait deux listes » lance l’élu de Corbeil-Essonnes Bruno Piriou, même si précise-t-il « on connaît les relations difficiles avec le PG ». Le maire de Grigny et chef de file du PCF 91 Philippe Rio insiste lui sur « l’utilité » d’élus communistes dans la majorité sortante comme pour la tarification sociale.

Pour autant, même si les démarches engagées jusqu’à présent sont assez proches, et même si les premiers points de programme le sont aussi à quelques nuances près, quelques points de discordes subsistent encore. Cela concerne notamment le nom du candidat. Le chef de file des communistes est sénateur et conseiller régional sortant, ce qui déplaît aux responsables PG. « Nous sommes contre le cumul des mandats. Un autre candidat que Pierre Laurent aurait été mieux. Ce n’est pas un problème de personne, loin de là, mais un problème de cumul des mandats », explique Pascale Prigent. « Mais, visiblement il n’y avait pas d’autres solutions pour eux », souffle un militant du PG.

En attendant la rencontre de lundi soir, les débats locaux entre représentants des différents partis et signataires des appels se poursuivent. Et même si les écologistes partent de leur côté en campagne avec Emmanuelle Cosse (lire notre article), certains ne désespèrent pas de voir un large regroupement de forces s’opérer en Ile-de-France. « Les échanges et discussions continuent » se réjouit ainsi Elise Lowy, la numéro 2 de la liste EELV en Essonne et signatrice de l’appel pour un rassemblement citoyen.

L’objectif recherché serait ainsi d’imiter les listes des régions Midi-Pyrénées-Languedoc, Rhône-Auvergne et Nord-Picardie, voire même de faire plus encore. C’est en tout cas ce que pense Liem Hoang Ngoc, ancien membre du Parti socialiste et fondateur de la Nouvelle gauche socialiste. L’idée défendue par ce dernier est de réunir au sein d’un même groupe des écologistes, le Front de gauche, les membres de Nouvelle donne ou encore des dissidents socialistes déçus de la politique gouvernementale. « Le but est de dépasser les partis », confie ce dernier, invité du Parti de gauche à Massy le 4 septembre dernier. Reste également à savoir quel sera le comportement de ces initiatives pour le second tour, question jusque là peu abordée.