La copropriété de Grigny 2 va bénéficier d’une opération de requalification des copropriétés dégradées. Cette OIN devrait notamment permettre la venue de la géothermie, ainsi que la dissolution du syndicat principal des copropriétaires.

Ce jeudi 3 septembre au ministère du logement, s’est tenu un premier comité de pilotage sur le devenir de la copropriété de Grigny 2. Cet ensemble urbain de quelques 5000 logements est l’objet de toutes les attentions : il concentre de gros îlots de pauvreté et son bâti est à de multiples endroits en mauvais état (notre dossier sur Grigny 2, la copro géante). Après celle de Clichy-sous-Bois, la copropriété de Grigny 2 doit bénéficier du dispositif prévu dans la loi Alur relatif à l’habitat dégradé.

Le plan de mobilisation pour le logement en Île-de-France prévoit ainsi « une action résolue pour résorber l’habitat indigne par une approche globale du traitement des quartiers. » Présent pour le premier comité de pilotage avec notamment les ministres Sylvia Pinel et Patrick Kanner, le maire Philippe Rio se dit au sortir de la réunion « vigilant », mais « plein d’espoir ». Il s’agissait d’une rencontre d’une importance non négligeable pour sa ville : « c’est le point de départ pour le redressement du quartier, même si un certain nombre d’éléments du projet restent à définir. »

Concrètement, l’Etat s’engage à travers cette opération dite « d’intérêt national » à prendre à bras le corps les soucis récurrents de la copro géante, avec un décret qui sera normalement signé début 2016, et ce, dans la poursuite des dispositifs mis en place pour ce quartier depuis plusieurs années. Après deux plans de sauvegarde, l’accent va cette fois être mis sur la dissolution du syndicat principal des copropriétaires, la vente à des bailleurs de logements, ainsi que la mise en place de la géothermie pour le quartier. « J’espère pouvoir lancer les premiers travaux d’urgence, ainsi que la géothermie, dans les six prochains mois », indique le maire.

A quand une baisse des charges?

Après cette première réunion, qui a permis de valider le protocole d’accord partenarial (entre autres entre la Région, le département, les ministères du Logement et de la Ville) et de décider des travaux d’urgence, les dix prochains mois « seront balisés pour tout le monde », annonce Philippe Rio. En clair, le comité de pilotage n’a été qu’un « point d’étape », et tout reste encore à faire. « Pour la première fois, nous touchons du doigt le redressement de Grigny 2, se réjouit-il. Mais je vais rester vigilant vis à vis de nos autorités étatiques. » Du côté du préfet Bernard Schmeltz, on insiste sur la politique de la ville « qui oui, produit des résultats, dans la rénovation des infrastructures notamment ».

Selon le représentant de l’Etat, il s’agit d’un « travail de longue haleine, de long terme » qui attend Grigny 2, afin de redresser sa situation. Il regrette toutefois que le précédent plan de sauvegarde « n’ait pas permis d’obtenir tous les résultats escomptés, même si il y a quand même eu un renforcement des moyens de la justice (contre les marchands de sommeil) ». La dissolution du syndicat principal des copropriétaires étant programmée, la question de la dette existante devient centrale pour le devenir de la copro, comme celle des charges dont chacun attend de pied ferme la baisse.

Isabelle Grenouillat du Comité de soutien à Grigny 2 se dit « satisfaite » des annonces faites : « on s’occupe de nous ». Selon elle le dispositif de vente de tranches d’immeubles à des sociétés HLM pour que celles-ci les relouent permettra « de régler le problème sans avoir personne à la rue ». Elle attend par ailleurs une « restructuration » de la dette de la copro en « constatant les créances irrécouvrables », et pense ainsi que « des charges seront en moins avec les rues et espaces verts rendus à la mairie ». « Pour nous, c’est essentiel qu’il y ait les fonds nécessaires, notamment pour les travaux d’urgence » juge pour sa part Aziza Belabda de l’Union des conseils syndicaux de Grigny 2. Celle-ci pointe cependant le projet de géothermie, qui selon elle « n’a aucun intérêt si l’isolation des immeubles n’a pas été faite. La baisse de prix annoncée, cela reste de la théorie, j’ai peur que l’on soit des cobayes et qu’il n’y ait aucune baisse de charges ». Sur les délais pour la baisse des charges à venir concernant les copropriétaires, le préfet indique « ne pas être capable » de donner des prévisions.