Un an après une rentrée 2014 très tumultueuse, doit-on s’attendre à une rentrée aussi mouvementée ? Essonne Info refait le point sur les événements marquants de l’année passée et sur cette nouvelle rentrée

Rassemblement des maires frondeurs l'an dernier à Evry . (MM/EI)

Rassemblement des maires frondeurs l’an dernier à Evry (MM/EI)

Voilà, les vacances sont bel et bien finies. Plusieurs milliers d’écoliers, collégiens et lycéens reprennent le chemin de leurs établissements respectifs ce mardi 1er septembre. Une rentrée qui s’annonce pourtant moins tumultueuse que celle de l’année dernière. Pour cette année, seul point noir de la rentrée, la question des affectations des professeurs qui a été réglé dans les dernières heures qui ont précédé la rentrée. Autrement pour les collèges, ce 1er septembre 2015 rime avec l’installation du numérique dans les collèges essonniens.

Mais il y a tout juste un an, le climat avant le moment fatidique de la rentrée était bien différent du contexte actuel. La faute à l’application du décret sur l’application des rythmes scolaires. Replongeons-nous l’espace de quelques lignes un an en arrière.

Une tension à son paroxysme

Le mercredi 3 septembre 2014 n’avait rien de bien différent d’un autre jour. Il s’agissait du premier mercredi de classe pour les écoliers français. En effet, alors qu’une poignée de villes avait choisi d’appliquer le décret initié par le ministre de l’Education de l’époque Vincent Peillon dès septembre 2013, le restant des 36 000 communes de France devait en faire autant pour la rentrée 2014. Problème, par manque de temps pour mettre en place cette lourde mutation, de nombreuses municipalités ont demandé au gouvernement l’obtention de dérogations en termes de délais afin de présenter une meilleure organisation aux enfants ainsi qu’aux parents d’élèves. Outre la conception des nouveaux rythmes et des tarifs, les villes voulaient également s’accorder plus de temps pour recruter des animateurs.

Sans réponse positive de la part du gouvernement, différents mouvements avaient alors vu le jour. Le premier d’entre eux, celui des « gilets jaunes » formé de parents d’élèves, avait finalement été rejoint par les élus réfractaires à ce décret. Parmi eux, plusieurs dizaines de maires de l’Essonne. À l’approche de la rentrée, ces derniers avaient fait monter la pression en annonçant délibérément que s’ils n’obtenaient pas de dérogations, ils bloqueraient l’accès aux écoles.

Cadenas sur les établissements dans plusieurs communes en 2014. (MM/EI)

Cadenas sur les établissements dans plusieurs communes en 2014. (MM/EI)

Ainsi, le premier mercredi de la rentrée 2014 avait donné lieu à des scènes parfois surréalistes. Dans certaines communes, telles Yerres, Saint-Germain-lès-Corbeil ou encore à Savigny-sur-Orge, les grilles des écoles avaient été enchaînées pendant la nuit par du personnel communal. En plus de ces chaînes, les élus aidés de « gilets jaunes » étaient présents pour manifester leur désarroi et faire passer leurs messages auprès des populations.

Scènes encore plus surréalistes à Montgeron où en plus d’avoir verrouillé les grilles, de nouvelles serrures avaient été posées pendant la nuit afin d’éviter toute intrusion dans l’établissement ce mercredi 3 septembre 2014. Ces scènes se déroulaient sous les yeux des enfants et des parents d’élèves, tantôt compréhensifs, tantôt incrédules ou encore irrités devant cette situation inhabituelle. Ainsi, dans de nombreuses « villes récalcitrantes », la tension était parfois à son paroxysme.

2015, la rentrée de l’apaisement ?

Ces différentes scènes devraient cependant ne pas refaire surface cette année. « Cela appartient au passé », résume Jean-Marie Vilain, maire de Viry-Châtillon. L’an passé, son équipe municipale hostile à une application du décret Peillon en 2014, avait manifesté d’une manière plus symbolique. À la place des cadenas, quelques pancartes étaient disposées à l’entrée de certaines écoles de la ville pour faire passer le message de la municipalité aux parents d’élèves. « Cette année, il n’y a pas de raisons que ça se passe mal, mais il a fallu s’organiser, assure ce dernier en compagnie du président du Conseil départemental de l’Essonne, François Durovray, alors maire de Montgeron à l’époque. Tout au long de cette année, nous avons pu mettre en place les choses et les améliorer. Toutefois, nous rencontrons toujours les mêmes difficultés, donc il faudra être vigilant. Car en primaire, on s’est retrouvé parfois avec des situations catastrophiques auprès de certains parents pour s’occuper de leurs enfants. Mais aujourd’hui, le personnel communal est à la hauteur de tout cela », conclut Jean-Marie Vilain.

Tout ce remue-ménage qui aura duré presqu’un mois appartient donc au passé. Néanmoins, la rentrée 2015 fait à son tour parler d’elle. Non, il n’est plus forcément de l’application des rythmes scolaires, mais bien des affectations des instituteurs sur le territoire essonnien. Bref, à chaque rentrée son casse-tête…

  • Pour plus de compléments, vous pouvez consulter notre dossier consacré à la rentrée 2014 ici.