Le 1er janvier prochain, la nouvelle carte des intercommunalités entrera en vigueur. Pourtant, ce nouveau schéma régional est encore sujet à des modifications. Trois communes de l’Arpajonnais ont ainsi choisi de quitter leur nouvelle agglo pour intégrer un ensemble moins important. Un départ qui ne laisse pas indifférents les différents protagonistes.

Val d'Orge

Il y a tout juste un an, c’était une rentrée quelque peu agitée qui attendait les élus du département. Outre l’application des rythmes scolaires qui avait fait polémique dans plusieurs communes du département, une autre nouvelle avait provoqué une vraie levée de boucliers en Essonne. La cause, la présentation par le préfet de région du nouveau schéma régional de coopération intercommunale (SRCI). Cette nouvelle carte intercommunale applicable au 1er janvier 2016 prévoit le rapprochement de plusieurs communautés d’agglomération existantes pour former de plus grands ensembles devant dépasser les 200 000 habitants.

Après un mouvement contestataire de la part des élus municipaux et communautaires du territoire, ce schéma avait pu être amendé. Si bien qu’après plusieurs commissions, le plan initial avait été progressivement détricoté pour faire ressortir de nouvelles intercommunalités « plus humaines » selon les élus.

A quatre mois de son application, les différentes collectivités planchent sur les modalités de fusion (transfert des compétences, mutualisation des dettes…). Pour autant, le schéma n’est pas encore totalement arrêté. En effet, trois communes du sud de la communauté de communes de l’Arpajonnais (CCA) devraient bientôt être officiellement rattachées à son homologue d’Entre Juine et Renarde (CCJR). Une décision assumée et défendue par les élus de ces trois communes, mais qui n’est pas forcément du goût de tous.

Des critères qui ne correspondent pas

Boissy-sous-Saint-Yon, Lardy et Saint-Yon cherchent donc à faire cap au Sud. Installées dans l’Arpajonnais depuis la création de cette intercommunalité, ces trois communes attendent l’approbation du Préfet de l’Essonne pour être rattachées à la communauté de communes Entre Juine et Renarde. « Cette décision devrait être entérinée début septembre », confirme Maurice Dorizon, maire de Boissy-sous-Saint-Yon.

Comment ces communes en sont-elles arrivées là ? « Cela trouve son origine lors de la présentation du SRCI l’année dernière, reprend Maurice Dorizon. À l’époque, nous devrions intégrer le Grand Évry et appartenir à un ensemble de plus de 530 000 habitants. C’était absolument inhumain. Pour éviter cela, nous avions fait voter une dérogation pour que l’Arpajonnais reste dans son état actuel. Or, dans la mesure où elle serait refusée, nous nous réservions le droit d’aller vers le Sud afin de préserver pour nos communes un cadre périurbain, un développement économique, une fiscalité plus avantageuse ainsi qu’une meilleure représentativité », explique ce dernier.

Après de nombreux débats, le « Grand Évry » est finalement disloqué. Pour autant, le préfet de région n’a pas ratifié la dérogation de rester en état de l’Arpajonnais, puisqu’il a confirmé une fusion avec le Val d’Orge. « Ce choix ne correspond pas aux attentes de nos citoyens, commente Alexandre Touzet, maire de Saint-Yon. Cela ne permettra pas davantage d’échapper au Grand Évry à moyen terme ». Voilà donc pourquoi ces trois communes ont « activé leur clause » afin de rejoindre la CCJR. Ce territoire de 20 000 habitants, dix fois moins peuplé que la future agglo résultant de la fusion entre l’Arpajonnais et le Val d’Orge, répondrait ainsi à tous leurs critères.

Un départ qui fait réagir

Pour préparer cette arrivée au sein de la CCJR, l’ensemble des communes de cette intercommunalité a été consulté. « Toutes, hormis une, ont donné leur accord à l’adhésion de nos trois communes dans la CCJR », se félicite Maurice Dorizon. Du côté du conseil communautaire, tous les voyants sont également au vert. « Nous nous sommes aussi positionnés pour », relate Christian Ragu, le président de la CCJR. Outre la perspective de voir arriver trois nouveaux partenaires, ce dernier se réjouit aussi des possibles retombées économiques que cela va générer pour son territoire. « Actuellement, le potentiel économique de notre intercommunalité est limité en terme de ressources. L’arrivée de Lardy et de son usine Renault nous permettra de faire du développement économique ».

Si cette modification du SRCI comble à la fois les trois communes et la communauté de communes entre Juine et Renarde, cette dernière n’est pas forcément du goût des membres de l’Arpajonnais. Son président, Bernard Sprotti, « regrette » ce choix. « Nous respectons leur décision, cependant, nous le regrettons fortement. J’estime que l’avenir de l’Arpajonnais et de ses quatorze villes se dessine avec le Val d’Orge. C’est vraiment dommage, d’autant plus que ces trois communes étaient à l’origine de la création de la CCA », confie-t-il avec une pointe d’amertume. Également interrogé sur l’intégration de ces communes à la CCJR, le conseil communautaire de l’Arpajonnais a donné un avis négatif. « Nous nous y attendions, rétorque Maurice Dorizon. Nous espérons juste désormais que cette intégration se passera dans les meilleures conditions possible ».

D’autres personnes font la moue à l’annonce de ce rattachement. Parmi eux, les membres de l’opposition de Boissy-sous-Saint-Yon. Ces derniers s’offusquent du manque de communication de la municipalité auprès de la population. Seule un sondage aurait été mené, sur le sujet d’une fusion au… Grand Evry et non avec seulement le Val d’Orge. « Ce détachement a été effectué en catimini, aucune préparation, aucune information sur ce que nous allons perdre ! Et surtout sur combien cela va nous coûter ! », peste l’opposition Buxéenne qui pointe du doigt « un manque de démocratie » locale et souhaite maintenant que la population puisse s’exprimer sur cette question. L’opposition s’est ainsi prononcée contre ce nouveau périmètre. « Nous travaillons depuis un an sur cette question, personne ne devrait tomber des nues », tempère Maurice Dorizon.