Des milliers de manifestants ont défilé samedi dans les rues parisiennes pour dénoncer la politique de santé du gouvernement. Un point de départ qui devrait s’amplifier dans les prochains jours.

  • Photo : Les agents de l’hôpital Georges Clémenceau (Champcueil) sur la place de la Bastille.

Ils étaient des milliers ce samedi à battre le pavé. Partout en France, à l’appel de plus de 200 organisations syndicales et politiques, mais aussi d’associations d’usagers, ils se sont rassemblés contre la politique de santé du gouvernement. À Paris, les organisateurs ont compté 5 000 personnes mobilisées sur la place de la Bastille (2 000 selon la préfecture de police de Paris).

Un point de départ

Face aux restructurations hospitalières qui, selon les manifestants, engendrent la fermeture de services, creusent la désertification médicale en milieu rural comme dans les quartiers défavorisés et baissent le remboursement des soins médicaux par la sécurité sociale, la riposte s’organise. Elle est de taille, « un tel mouvement unitaire, c’est du jamais vu » déclarait Françoise Nay, une des responsables de la coordination nationale et praticienne à l’Hôpital Georges Clémenceau de Champcueil.

Pour Nadine Prigent de la CGT, « ces rassemblements sont un point de départ ». De nouvelles initiatives seront organisées dans les prochains jours. C’est le cas pour les agents hospitaliers de Champcueil, qui renouvelleront cette semaine leur opération escargot dans les rues de Mennecy. L’hôpital gériatrique Georges Clémenceau, propriété de l’APHP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) est sous la menace d’une fermeture (lire notre article). Selon plusieurs sources proches du dossier, le bâtiment serait par la suite racheté par le groupe Korian, spécialisé dans la prise en charge de la dépendance.

  • Photo : Opération escargot dans les rues de Mennecy, le 30 mars 2011.

L’agence régionale de santé en ligne de mire

« Après des années d’une politique de réduction des moyens », la mise en place il y a maintenant un an des agences régionales de santé (ARS) accélère « la privatisation de notre système de santé », déclare les organisateurs de la journée. En Essonne, sous les directives de l’ARS, l’ensemble des hôpitaux publics doit faire face à des restructurations, fusions, fermetures de service ou d’établissements (lire notre article).

Samedi, place de la Bastille, ils étaient nombreux à s’être exprimés sur le podium monté pour l’occasion. « Si le président Sarkozy, par malheur, reste à la tête de l’État en 2012, les hôpitaux publics pourront déposer leur bilan et être vendus » lâche le Professeur André Grimaldi, un des opposants les plus virulents à la politique de suppressions de postes et du financement à l’acte des hôpitaux. Autre cible de toutes les critiques, l’ancien ministre socialiste de la santé, Claude Evin, débauché par le Président de la République pour diriger l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France.