Que va devenir « Cœurzégeste », une association née aux Ulis en 2013 ? En vue de la rénovation du centre-ville, ses locaux sont amenés à disparaître. D’ici quelques mois, l’association devra quitter son local. Pour que l’association puisse continuer ses actions humanitaires, principalement destinées aux sans-abris de la ville et des alentours, une pétition a été lancée et les bénévoles comptent aujourd’hui sur la nouvelle municipalité pour lui trouver de quoi se reloger.

(JL/EI)

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Une bibliothèque alignée au mur, de grands bacs remplis de vêtements, des jouets pour enfants, remplissent l’espace. De l’arrière du local s’échappent des odeurs de cuisine. En ce jeudi matin, le local de l’association Cœur zé geste, à proximité du quartier des Hautes-Bergères et du petit centre commercial, est bondé. Des familles, des femmes, des hommes, viennent récupérer des vêtements, d’autres passent simplement pour dire bonjour où prendre le temps de lire un livre. « C’est tous les jours rempli comme ça, explique Hassan, bénévole. A chaque fois que nous sommes ouverts. Il y a des gens des Ulis, mais aussi de Massy ou de Paris. » Rien d’étonnant, pour le bénévole, lui-même ancien SDF. « C’est la seule association à faire ça. Les gens peuvent venir gratuitement prendre des douches, manger, ou même juste se relaxer. »

« On est l’une des rares associations humanitaires à fonctionner sans argent »

Mais la véritable particularité de Cœurzégeste, c’est surtout qu’elle ne demande aucun don d’argent et ne bénéficie d’aucune subvention. Les locaux ont été prêtés par la mairie à l’association en 2013, au moment de sa création, et ce sont les bénévoles qui s’arrangent le règlement des factures d’électricité. Selon Sonia Dahou, l’ancienne maire des Ulis, les conventions d’occupation des locaux de Coeurzégeste ont quant à elles été passées avec une société d’économie mixte en charge de la rénovation du centre ville : la SORGEM, unique aménageur faisant office « de bailleur de circonstance » jusqu’à la fin des travaux.

« On est l’une des rares associations humanitaires à fonctionner sans argent, confirme Pierre Mebrouki, son président et fondateur. Je ne tomberai pas dans l’argent. J’ai déjà eu à refuser des sommes énormes. »

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Pour cet Ulissien au grand cœur, l’urgence est aujourd’hui de trouver un local. Il « se battra jusqu’au bout. » « Tout le monde compte sur nous. Les habitants des Ulis, qui nous connaissent bien et nous soutiennent, mais aussi les supermarchés qui nous font des dons, les jeunes qui viennent en stage chez nous… On a un vrai soutien de la part de la population. »

De son côté, la maire des Ulis, Françoise Marhuenda (MRC), est bien au courant de la situation de l’association, qui compte une vingtaine de membres. Elle connaît aussi leur principe, auquel elle adhère. Mais pour elle, c’est un conflit qui n’appartient pas à l’actuelle mairie : «  Je n’ai aucune idée des tenants et aboutissants des contrats qu’ils ont passé avec l’ancienne municipalité et avec le bailleur » , précise-t-elle. Et de rappeler que « Tout cela n’est pas une surprise pour eux : la destruction des locaux est prévue depuis 2006. » La solution, elle non plus, n’est pas d’actualité. « Il n’y a pas de local à disposition, et je n’ai pas de baguette magique pour en trouver », regrette l’élue.

(JL/EI)

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Sonia Dahou, l’ancienne maire des Ulis, réagit de son côté en fustigeant la politique associative de la mairie actuelle. « Aujourd’hui la décision de la maire et de ses élus d’expulser cette association sans solution est un choix politique, je dirai même idéologique en essayant de faire croire aux Ulissiens-nnes le contraire » n’hésite-t-elle pas à déclarer. Et de préciser qu’« une association humanitaire qui crée du lien social et qui lutte contre l’exclusion des plus fragiles a toute sa place dans notre ville. »
L’ancienne élue rappelle aussi que « des solutions existent. » Elle précise également que la décision de démolir la passerelle qui relie le centre commercial des Champs Lasniers au quartier des Hautes-Bergères n’était pas prévue dans le projet initial de destruction du centre commercial des Champs-Lasnier : « Unilatérale et sans concertation, [elle] a eu pour effet de prévoir la résiliation des conventions d’occupation des différents locaux plus tôt alors qu’ils ne devaient être démolis qu’en 2017. »