Comme chaque année depuis plus de dix ans, l’association historique de Marcoussis organise en partenariat avec l’association Rempart un chantier bénévole en plein cœur du Château de Montagu. Cette année, douze jeunes sont venus des quatre coins de la France, d’Espagne ou encore de Pologne pour restaurer ce trésor du Moyen-Âge. Essonne Info les a rencontrés. 

Le Château de Montagu situé à Marcoussis s’apprête à prendre un petit coup de jeune. Chaque été, le président de l’Association Historique de Marcoussis, Patrick Bourgueil, organise en partenariat avec l’association Rempart Ile-de-France un chantier bénévole sur le site pour restaurer ce petit bijou historique du patrimoine de Marcoussis. « C’est notre quinzième chantier bénévole. Nous en avons réalisé chaque été de 1995 à 2000 et de 2005 à aujourd’hui », déclare Patrick Bourgueil. Cette année, douze jeunes issus de tous horizons se sont portés volontaires pour restaurer le Château de Montagu pendant quinze jours, du 15 au 31 juillet. Récit d’une journée au cœur du chantier bénévole de Marcoussis.

Il est un peu plus de 9h du matin le vendredi 17 juillet lorsque les douze jeunes bénévoles du chantier prennent place dans une salle du lycée agricole de Marcoussis situé à deux pas du Château de Montagu. Tous se sont levés tôt pour apprendre les rudiments de la taille de pierre et de la construction d’un château fort au temps du Moyen-Âge. Pierre, formateur, dispense ce cours théorique en français tandis qu’une poignée de jeunes traduisent à leurs camarades ses explications en espagnol comme en polonais. À 10h, tous sont sur le pied de guerre devant la tour du château de Montagu. Par groupe de trois ou quatre, ils devront mettre la main à la pâte et restaurer ce trésor du patrimoine de Marcoussis.

Initiation à la taille de pierre, nettoyage du château, réfection des joints de la contrescarpe, une chose est sûre, les bénévoles n’ont pas le temps de s’ennuyer sur le chantier. Tous reprennent leur poste de la veille sans rechigner pendant que trois d’entre eux s’initient en début de matinée à l’art de la taille. Les débuts sont difficiles, mais les bénévoles jouent le jeu sous le regard attentif de Pierre, leur formateur pour cette « mission patrimoine » au Château de Montagu. L’heure du déjeuner pointe le bout de son nez et c’est de nouveau l’occasion pour les jeunes bénévoles du chantier de mettre la main à la pâte et de s’adapter à la vie en communauté. À tour de rôle, chaque jeune aide Charlotte, une animatrice chargée de la vie en marge du chantier, à préparer le repas. Une fois terminé, chacun doit alors débarrasser la table et tout nettoyer avant de prendre son quart d’heure détente.

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Michel Bourgeuil, Président de l’Association Historique de Marcoussis, aux côtés d’une jeune bénévole sur le chantier (LS/EI).

14h, le chantier reprend son activité. Les blocs de pierre situés sur les supports en bois commencent à prendre forme. Au terme des deux semaines à venir, les bénévoles devront avoir réalisé une archère à l’image de celles de l’ancien temps. Cet après-midi, c’est au tour des étrangers de s’initier à la taille sous le regard attentif de Pierre. Exceptionnellement, le formateur donne ses conseils en anglais. Les autres bénévoles échangent leurs postes. Une poignée d’entre eux se charge de ramasser les derniers tas d’herbe qui jonchent le parterre verdoyant du Château de Montagu. Tous s’activeront jusqu’à 17h sous un soleil de plomb sur le chantier.

Pour la plupart, ils sont venus de loin, sur le conseil d’un proche. « C’est mon père qui m’a fait connaître ça. Plus jeune, il est parti en Italie faire une mission. J’ai trouvé l’idée sympa et j’ai tenté l’aventure », explique un jeune originaire de Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. « J’avais envie de sortir de chez moi et de faire quelque chose d’utile, d’apprendre. C’est comme une colo au final, sauf qu’on est très investi dans ce qu’on fait », déclare un autre bénévole. Pour Victoria, c’était l’occasion de réaliser un projet en rapport avec ses études : « je suis étudiante en Histoire à la Sorbonne à Paris. Je suis très intéressée par tout ce qui touche au patrimoine ou encore à l’art. Il y a peu, j’ai vu une affiche « rénovation de patrimoine » et j’ai eu envie d’y participer ». D’autres se sont laissés tenter par le charme de la langue française comme l’explique Carmen, tout droit venue de Madrid : « Un ami m’a parlé des chantiers bénévoles en Espagne et j’ai vu que ça existait aussi en France, donc je suis venu ici pour apprendre à parler français et devenir bénévole ». Arrivés il y a seulement quelques jours, tous s’avouent déjà conquis par cette expérience. « Ça nous a déjà beaucoup appris », indique l’un des jeunes bénévoles.