Le 18 juillet dernier, à 14h tapante, près d’une trentaine de militants étaient rassemblés sur le plateau du Moulon à Villiers-le-Bâcle. Objectif : construire une ZAD (zone à défendre) afin de protester contre la bétonisation du Plateau de Saclay dans le cadre du projet du Grand Paris. Seulement, à peine les premiers coups de marteaux donnés, les forces de l’ordre sont intervenues pour stopper net le projet de ces « zadistes » improvisés. 

Une ZAD est-elle sur le point de voir le jour sur le Plateau de Saclay ? À l’image des Zadistes fermement opposés au projet de construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes à Nantes, quelques habitants du Plateau de Saclay se sont mobilisés le 18 juillet dernier contre la « bétonisation » du territoire et l’arrivée d’un métro aérien. Ce jour-là, à 14h, une trentaine de citoyens sont sur le pied de guerre à Villiers-le-Bâcle suite à l’appel de la COSTIF (COordination pour la Solidarité des Territoires d’Ile-de-France et contre le Grand Paris). Dans le terrain d’un agriculteur du plateau du Moulon, tous s’apprêtent alors à poser les fondations d’une Zone à Défendre. Équipés de leurs outils, ces « zadistes » improvisés entament donc la construction de la « première cabane de résistance du Plateau de Saclay » à l’aide de palettes de bois ou encore de planches de récupération.

Dès les premiers coups de marteau, les militants rencontrent leurs premières embûches : les forces de l’ordre. « Le chantier avance vite et le premier mur est prêt à être dressé. C’est alors qu’arrive, dans une voiture banalisée, un capitaine de gendarmerie, qui nous informe que la construction d’un dispositif de plus de 2 m² au sol nécessite un permis de construire et qu’il devra verbaliser », raconte l’association des Citoyens Actifs et Solidaires d’Orsay, présente sur les lieux, dans les colonnes de son blog. Très vite, un dialogue de sourds s’installe. Alors que les militants affirment avoir averti le Maire de la commune et obtenu l’accord de l’exploitant agricole pour réaliser cette construction, les forces de l’ordre renforcent leur présence sur les lieux. «  Entre temps arrivent deux autres voitures de gendarmerie puis deux ou trois autres, puis des fourgonnettes, au final pas loin d’une dizaine de véhicules et au moins 25 gendarmes  », relate l’association militante d’Orsay sur son blog.

Seulement, après avoir effectué quelques recherches, les militants du plateau du Moulon avancent qu’ils n’existent aucune obligation de permis de construire pour une emprise dépassant 2 m². « En considérant que nous sommes dans un secteur sauvegardé (la Zone de protection naturelle, agricole et forestière du plateau de Saclay), une simple déclaration préalable de travaux autoriserait à bâtir un abri de 20 m² », déclare l’association d’Orsay. Mais faute de déclaration préalable, les « zadistes » improvisés ont du déposés leurs outils et remballer tout leur matériel.

Toutefois, les militants se félicitent de cette opération étouffée dans l’œuf : « [C’est] un échec en forme de victoire : un tel déploiement de forces de l’ordre du tac au tac montre bien combien les bâtisseurs-en-béton ont peur des bâtisseurs-en-bois. Une cabane de résistance, n’est-ce pas le premier pas vers un mot de 3 lettres que l’on n’écrit pas tellement il fait peur, commençant par Z et finissant par D avec un A au milieu ? En tout cas, ceux qui n’y croyaient guère sont désormais déterminés, et ceux qui étaient déterminés le sont plus encore ».

De son côté, la Préfecture soutient que cette action présentait un caractère illégal et tient à rappeler que les terrains agricoles ne seront, en aucun cas, impactés par le projet du Grand Paris : « L’espace naturel et agricole fait ici l’objet d’une attention toute particulière comme en témoigne la création, par décret du 27 décembre 2013, d’une zone de protection naturelle agricole et forestière de 2300 ha. En préservant de toute urbanisation un territoire de plus de 2 400 hectares, soit près de 90 % de la surface du plateau, ce dispositif juridique constitue une garantie que le projet d’aménagement du plateau de Saclay ne se fera pas au détriment des terres agricoles qui offrent une exceptionnelle richesse paysagère, environnementale et nourricière ».