La majorité essonnienne a présenté le mois dernier, en même temps que ses annonces sur les mesures de bonne gestion du département, un « plan de relance de l’investissement pour les communes et les collectivités essonniennes ». 22 millions d’euros (sur les 30 qu’entend économiser le département avec diverses mesures, soit une partie plutôt conséquente) seront consacrés à ce plan d’aide.

Conseil départemental

Dans la pratique, ce plan d’aide à l’investissement permettra de faciliter les projets que souhaitent mettre en place les communes et les collectivités locales, avec la mise en place d’un fond spécial d’aide aux projets.

Les 196 communes de l’Essonne sont concernées par cette mesure, qui est l’une des premières majeures que prend la nouvelle majorité de droite depuis son arrivée en force à la tête de l’Essonne. Elle est, selon le premier vice-président du conseiller départemental Michel Bournat, « plus simple, assouplie au profit des petites communes ». Il précise aussi que « tous les projets locaux seront admis ». Crèches, centres de loisirs, travaux de voirie et équipements… Tant que le projet est solide, le département ne « ferme aucune porte aux initiatives communales. »
« C’est une démarche partenariale », explique François Durovray, président du conseil départemental. Dans son rapport détaillant la mesure, il précise : « La diversité des territoires essonniens, conjuguée aux disparités de leurs capacités financières et à la baisse des dotations de l’Etat, conduit le Conseil départemental à renforcer son partenariat avec les collectivités locales (…) afin de favoriser la cohésion territoriale. »

Pour la majorité essonnienne, la baisse des dotations entraîne en effet « une destruction de l’emploi local, ce qui pénalise une population fortement sédentarisée ». Ce nouveau pacte d’investissement serait donc un moyen d’impulser un nouvel élan économique et de relancer l’emploi local essonnien, de même que l’économie du département. Le tout, avec des modalités différentes selon la taille des communes.

Car l’aide est proportionnelle : par exemple, les prioritaires sont les communes de moins de 2000 habitants, dont l’effort de participation sera moins important que les grosses villes. Ces petites communes ne connaîtront que 20 % de participation au financement de leurs futurs projets. Une « bouffée d’oxygène pour leur avenir », se réjouit Guy Crosnier, conseiller de la majorité et par ailleurs maire de la Forêt-Sainte-Croix (161 habitants). Dernièrement, François Durovray a rappelé sa volonté de se rapprocher des petites communes de l’Essonne, en recevant notamment les maires des villages pour une journée de séminaire à Chamarande.

« Une mesure qui ne tient pas compte de la situation de chaque ville »

Une répartition pertinente ? Pas pour le camp d’en face, qui pointe du doigt le fait que la mesure ne tienne pas compte des nouvelles intercommunalités, et que la carte redistribuée n’apparaisse pas.Il lui reproche aussi son manque de précision sur ses modalités de financement. L’Essonne aura-t-elle recours à un nouvel emprunt ?

Le groupe d’opposition de la gauche et des écologistes a voté contre cette mesure, fustigeant le fait qu’elle ne tienne pas compte de la « situation sociale de la ville ni de la population ». David Ros, président du groupe RGE, précise, lors de l’explication de vote : « C’est une mesure qui apparaît comme plus politique que réfléchie. Nous ne sommes pas contre un plan d’investissement. Mais nous sommes contre ce plan d’investissement. »

Marjolaine Rauze, conseillère départementale d’opposition (PCF), déplore quant à elle la disparition du « partage des valeurs » chères à l’Essonne dans cette mesure. « L’égalité entre hommes et femmes, par exemple, combat que le département et les collectivités menaient en commun lors de l’ancien mandat. »