Pour atteindre un taux de 25% de logements sociaux à Villabé, le maire, Karl Dirat, a décidé de construire 71 nouveaux logements en bordure du Cirque de l’Essonne. Une décision qui est loin de réjouir les défenseurs de ce poumon vert situé en partie sur la commune.

À son élection en mars 2014, Karl Dirat, maire de Villabé, hérite « d’une situation catastrophique en terme de logement ». « Tous les samedis, des gens viennent me voir parce qu’ils vivent dans des logements insalubres », indique l’élu divers-droite. Pour faire face à cette pénurie et être en conformité avec la loi SRU, le maire doit alors trouver un terrain constructible afin de construire 71 nouveaux logements avant 2016, sur ordre du préfet de l’Essonne.

Karl Dirat choisit alors de construire ces nouvelles habitations en bordure du Cirque de l’Essonne, sur le site des Coudras. Une décision qui suscite de nombreuses inquiétudes du côté des défenseurs du Cirque. Depuis quatre mois, un collectif Villabéen composé d’une douzaine d’habitants collectif s’organise et multiplie les actions pour protéger le poumon vert de Villabé : pétition, courrier au préfet, rencontre avec le maire. Mais aujourd’hui, c’est un véritable dialogue de sourds qui s’est installé entre les différents protagonistes.

Imbroglio autour des logements sociaux

« Je suis en carence de logement sur ma ville. Actuellement, il y a une centaine de Villabéens qui recherchent un logement et nous n’avons pas de solution d’urgence pour eux », explique Karl Dirat, maire de Villabé. À son élection aux municipales de 2014, le préfet de l’Essonne somme l’élu divers-droite de construire 71 nouveaux logements sociaux au cours de la période triennale 2014/2016. Si Karl Dirat ne remplit pas cette mission, la commune de Villabé devra en payer le prix : une amende de 175 000 euros. « Le préfet m’a convoqué l’an dernier en juillet parce que la commune ne comptait que 11% de logements sociaux au lieu de 25%. Pour atteindre ce quota, j’envisage de construire dans une zone constructible qui se situe en bordure du cirque de l’Essonne. Actuellement, il me manque 269 logements sociaux. Avec ce projet, j’arriverai à un taux de 15 ou 16% de logements sociaux sur la commune », explique le maire de Villabé.

Pourtant, le projet est loin de faire l’unanimité du côté des Villabéens, notamment des défenseurs du Cirque de l’Essonne : « Ce qu’on reproche a ce projet, c’est sa localisation. On ne conteste pas le projet puisque la commune doit se mettre en conformité avec la loi SRU. Que le maire veuille construire des logements sociaux, c’est une très bonne idée », concède un membre du collectif à l’origine de la pétition contre la construction des logements sociaux. « Seulement, le maire va implanter ses logements juste à la limite du Cirque de l’Essonne. Ce qu’on craint, c’est que petit à petit, on avance et qu’on grignote sur le cirque de l’Essonne auquel les Villabéens sont très attachés », ajoute le défenseur du poumon vert de la commune.

«  Je ne peux pas faire autrement », affirme Karl Dirat. « J’ai un projet d’écoquartier avec 400/500 logements sur les terrains de la papeterie, près de Moulin Galant. Le problème, c’est que pour réaliser ce projet, je suis obligé de réviser le plan local d’urbanisme de la commune et ça prend deux ans minimum. Le préfet m’a ordonné de construire 71 logements sociaux avant 2016. Il n’a pas voulu attendre quatre ou cinq ans. Si j’avais eu le choix, j’aurais préféré construire à la papeterie  », se défend l’élu.

Protéger le Cirque de l’Essonne à tout prix

Au centre des préoccupations, le Cirque de l’Essonne est pourtant protéger par bon nombre d’habitants, dont le maire en personne : « Comme les signataires de la pétition, je souhaite protéger, préserver le Cirque de l’Essonne. Mais comme l’ancienne municipalité a construit un collège et des logements en bordure de celui-ci, je comprends qu’on puisse penser que je vais finir par construire dans le Cirque même. Il n’est nullement question de construire quoi que ce soit dessus », assure Karl Dirat.

En dépit de ces paroles, le collectif Villabéen à l’origine de la pétition ne peut s’empêcher de s’interroger : « Le Cirque de l’Essonne est sur 3 communes, Lisses, Villabé et Corbeil-Essonnes. Si Lisses et Villabé ont protégé cet espace vert en le classant comme zone protégée, Corbeil-Essonnes ne l’a pas fait. On ne sait pas ce qu’il peut arriver. Quoi qu’il en soit, nous sommes déterminés à ce que le Cirque reste tel qu’il est », déclare un des membres du collectif.