Le casting du scrutin des Régionales est en train de se constituer. Les candidatures pour l’Ile-de-France sont quasiment toutes connues, bien qu’à droite comme à gauche, les tractations vont continuer jusqu’à la rentrée.

Le combat promet d’être âpre, entre les deux favoris Claude Bartolone (PS) et Valérie Pécresse (LR), mais pas que. Les 6 et 13 décembre prochains, quelques 7 millions de Franciliens sont appelés aux urnes, pour choisir les élus du Conseil régional. La gauche, qui est aux commandes de l’Ile-de-France depuis 1998, part divisée au premier tour. Le PS n’aura pas cette année à proposer une quatrième fois la candidature de Jean-Paul Huchon, qui a finalement laissé la main lorsque s’est officialisée celle de Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis et ancien président du 93.

Elu président de l’Assemblée nationale (« le perchoir ») depuis le début de cette mandature, il a annoncé qu’il renoncerait à cette position dans le cas de son accession à la tête de la Région. Un temps évoquée, la candidature de la première vice-présidente Marie-Pierre de la Gontrie n’a finalement pas fait long feu, les socialistes commençant à choisir leur camp dans un duel interne Huchon-Gontrie qui aurait pu être fratricide.

En Essonne, les socialistes se sont déterminés dès décembre dernier dans un accord entre tendances, pour donner la tête de liste départementale à Carlos Da Silva (lire notre article). « Cela correspond à mon engagement parlementaire, j’ai notamment été rapporteur de la loi sur les nouvelles régions » expliquait alors le député suppléant de Manuel Valls et secrétaire du PS 91. De son côté, l’ancien chef de file 2010 des socialistes essonniens Julien Dray rebondit dans le Val-de-Marne en repartant aux Régionales dans le département voisin.

Après le basculement à droite de l’Essonne en mars dernier, tout comme dans le Val d’Oise et la Seine-et-Marne, la gauche se sait en difficulté à l’approche de ce nouveau scrutin. Mais Claude Bartolone pense pouvoir reconquérir les électeurs, comme il l’a expliqué à Essonne Info lors d’une visite au Genopole d’Evry : « une partie de notre électorat est resté chez lui aux Départementales. Nous devons parler politique, montrer ce qu’on veut faire de différent. Comme combattre les inégalités au lieu de les amplifier ».

Claude Bartolone a visité les laboratoire du Genopole d'Evry la semaine dernière. (MH/EI)

Claude Bartolone a visité les laboratoire du Genopole d’Evry la semaine dernière. (MH/EI)

Plusieurs listes de gauche en lice

Troisième force au premier tour en 2010 avec 16,58%, le parti des écologistes présente cette année Emmanuelle Cosse, sa secrétaire nationale. Celle-ci bat campagne dans toute la région sur ses thématiques, à l’image de sa présence en Essonne lors d’un rassemblement des anti-gaz de schiste en mai dernier (lire notre article). La tête de liste départementale en Essonne d’EELV a été confiée à François Damerval, un proche de Corinne Lepage, auparavant au PS. Un accord au second tour sera trouvé entre socialistes et écologistes, comme lors du scrutin 2010.

A la gauche de la gauche, plusieurs initiatives pointent le bout de leur nez. Une configuration telle que le Front de gauche pourrait voir le jour. Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, qui portait ces couleurs en 2010, a été désigné comme chef de file régional. Pour l’Essonne, le parti a choisi le maire de Grigny Philippe Rio, ainsi que Michèle Kauffer, une dirigeante syndicale pour représenter le Parti communiste (lire notre article). Concernant le Parti de gauche, ses candidats désignés sont Eric Coquerel et l’Essonnienne et syndicaliste de l’hôpital Sud-Francilien Catherine Fayet. Pour le 91, les chefs de file du mouvement de Jean-Luc Mélenchon sont Philippe Juraver et Pascale Prigent. Reste à savoir si un accord saura être trouvé entre ces différentes forces, ainsi qu’avec les membres de l’appel francilien pour un rassemblement citoyen, proche des militants pour une Sixième République. Se posera également la question du second tour et des rapports actuellement tendus entre soutiens et opposants au gouvernement.

Pécresse en campagne

A droite, après plusieurs semaines de négociations, l’UDI a conclu un accord avec l’UMP, devenu « Les Républicains » (LR). La sénatrice de Paris Chantal Jouanno rejoint ainsi la député des Yvelines Valérie Pécresse dans le combat pour l’alternance. La sénatrice de Paris avait choisi de mener campagne « comme si » depuis plusieurs semaines, mobilisant notamment les militants et élus UDI essonniens, qui s’attendaient toutefois à un accord avec le parti présidé par Nicolas Sarkozy. Marianne Duranton, élue sur Morsang, confiait ainsi avant cet accord « cela sera au premier tour ou bien au second tour, mais nous voulons rassembler le centre et la droite pour mettre fin à la gestion socialiste de la Région ».

Car après avoir remporté une majorité de villes et d’agglomérations en 2014, et suite au basculement de trois départements lors des élections de mars dernier, la droite va tenter le grand chelem en revenant aux affaires à la Région. Sa candidate Valérie Pécresse est en campagne depuis maintenant deux ans, arpentant l’Ile-de-France ou collant aux basques de l’actuelle majorité sur certains sujets. Elle a pris le pas à droite sur Roger Karoutchi, qui lui a laissé la voie pour se présenter en principale challenger à la majorité de gauche en place. La candidate défaite en 2010 a renouvelé son équipe, en nommant par exemple Robin Reda, le maire de Juvisy comme porte-parole (lire notre article).

Pressenti dans son camp pour conduire la liste en Essonne, le maire de Courcouronnes Stéphane Beaudet a effectué le dernier mandat dans l’opposition, et Valérie Pécresse compte sur lui pour sa campagne. Même si l’intéressé n’officialisait pas encore sa candidature la semaine dernière : « la commission d’investiture se tient le 15 juillet. Laissons un peu de suspens ». Dernière interrogation à droite, le possible soutien du Modem à la liste Pécresse. Les discussions ont lieu entre les camps, bien que le parti de François Bayrou ait désigné des chefs de file, Marielle de Sarnez et Yann Wehrling. Ces derniers ont lancé une plateforme de propositions et feront le point avec Valérie Pécresse en septembre. Si aucun accord n’est trouvé, ils pourraient se lancer.

Celui qui compte trouver un espace à droite, c’est Nicolas Dupont-Aignan. Le député-maire de Yerres repart en campagne avec son mouvement Debout la France. « Arrêtons avec l’escroquerie du Grand Paris » clame le candidat, qui se voit déjà au second tour : « il y a un espace, et je reçois beaucoup de soutiens de maires, je passerai les 10% » affirme-t-il à Essonne Info. Le FN quant à lui compte surfer sur ses bons résultats lors des derniers scrutins, et obtenir un groupe d’élus à la Région. Sa tête de liste est Wallerand de Saint-Just, candidat aux municipales de 2014 à Paris. Il s’entourera notamment en Essonne de jeunes élus frontistes, à l’image de la chef de file essonnienne, la secrétaire du FN 91 et conseillère municipale de Savigny-sur-Orge Audrey Guibert (lire notre article).