Trois ans après leur fermeture, les négociations autour du rachat des hôpitaux Gilles-de-Corbeil situé à Corbeil-Essonnes et de Louise Michel situé sur la commune de Courcouronnes sont toujours en cours, au grand dam des instigateurs du projet.

Trois longues années de négociations et toujours aucun résultat concret. Si beaucoup de projets ont été évoqués à l’époque de la fusion des deux hôpitaux de Corbeil-Essonnes et Courcouronnes en 2012, aucun d’entre eux n’est encore devenu réalité. Et si l’Agglo d’Evry est à deux doigts de conclure avec son projet d’écoquartier, à Corbeil-Essonnes, l’avenir de l’hôpital Gilles-de-Corbeil est toujours incertain.

Un projet d’écoquartier en bonne voie à Courcouronnes

« le projet est précis, toujours sur les rails », assure Stéphane Beaudet, maire de Courcouronnes. À la place de l’ancien hôpital Louise Michel, l’Agglo prévoit d’aménager un écoquartier en plein cœur du quartier du Canal. En tout, 1200 logements devraient être construits sur près de 14 hectares, dont 850 logements sur le territoire de la commune de Courcouronnes. En 2011, l’ancien hôpital Louise Michel entamait déjà les discussions avec l’Agglomération afin de fixer un prix de rachat avant sa fermeture, en mars 2012. Pourtant, quatre ans après, la signature de l’acte de rétrocession des terrains se fait toujours attendre. (voir l’archive vidéo de Téléssonne ci-dessous)

Une attente qui touche cependant à sa fin selon Stéphane Beaudet. « Nous avons reçu Mr Repentin la semaine dernière qui est maintenant Président du CNAUF (Commission nationale de l’aménagement, de l’urbanisme et du foncier) qui est chargé de valider le tarif qui avait été donné par l’avis des domaines. Dans un premier temps, l’hôpital réclamait 13,5 millions d’euros. On l’a ensuite valorisé dans ses comptes à 8,5 millions d’euros. De notre côté, nous avons toujours estimé qu’il valait 4 millions d’euros. L’avis des domaines l’a finalement estimé à 3,8 millions d’euros en septembre 2014. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre. La cession foncière devrait intervenir avant la fin de l’été », explique le maire de Courcouronnes.

En dépit de ce retard, l’Agglomération d’Evry d’avancer sur le projet. «  La concertation des habitants a commencé. Nous avons fait une réunion publique il y a un mois. Les premières visites de quartiers ont déjà eu lieu. On est en train de monter la ZAC (Zone d’aménagement concerté) avec l’Agglomération. On a pris trois ans de retard, mais là, on espère donner les premiers coups de pioche en 2017 et pouvoir accueillir les premiers habitants à l’horizon 2018 », déclare Stéphane Beaudet.

L’hôpital Gilles-de-Corbeil toujours dans l’impasse

Dans la ville de Jean-Pierre Bechter, l’hôpital Gilles-de-Corbeil est devenu presque invisible, caché derrière de nombreux bâtiments abritant des logements sociaux. Quasi à l’abandon, l’hôpital continue cependant d’accueillir la pharmacie du nouveau Centre Hospitalier Sud Francilien. Depuis trois ans, les solutions envisagées pour réhabiliter l’hôpital sont maigres, voire quasi inexistantes. En revanche, les terrains alentours intéresseraient beaucoup l’Agglomération Seine Essonne pour y construire un nouveau commissariat. Mais rien n’est encore fait selon l’Agence Régionale de Santé : « Les discussions sont en cours, mais la situation est différente par rapport à l’hôpital Louise Michel, car le site continue d’abriter des activités comme la pharmacie du CHSF ».

Pourtant, des projets, Jean-Jacques Cornu n’en manque pas en ce qui concerne l’hôpital Gilles-de-Corbeil. Ce Corbeillois est à l’origine de la page Facebook de soutien « Sauvons l’Hôpital Gilles ». « J’ai créé cette page il y a presque un an. J’avais vu quelqu’un créer une page Facebook pour sauver le kiosque de Corbeil-Essonnes et je me suis dit « pourquoi ne pas faire la même chose pour l’hôpital de Corbeil ? » », raconte Jean-Jacques Cornu. Depuis, le Corbeillois n’a pas cessé d’interpeller la population tout comme les élus afin de les inciter à se mobiliser pour la réhabilitation de l’hôpital. « J’ai fait une pétition, j’ai envoyé plus d’une quarantaine de courriers à Nicolas Sarkozy, François Hollande, la Ministre de la Santé, l’ARS. La plupart sont restés sans réponse », déplore-t-il.

« On s’achemine lentement vers la destruction de l’hôpital. Or, on pourrait faire tellement de choses avec. Il y a plusieurs années, j’ai cherché à placer mes parents en maison de retraite et ça s’est avéré être très difficile, tout était complet en Essonne. J’ai finalement trouvé une famille d’accueil à 150km. Pourquoi ne pas faire de Gilles-de-Corbeil une grande maison de retraite ? On a la structure, on n’a plus qu’à la réhabiliter », déclare Jean-Jacques Cornu.