L’hôpital de Dourdan n’est pas au bout de ses peines. Après la fermeture de sa maternité le 30 juin dernier, les premiers incidents pointent déjà le bout de leur nez. Face à cette situation précaire, la présidente de l’association de défense de l’hôpital et maire de la ville de Dourdan, Maryvonne Boquet, persiste et signe : le combat continuera coûte que coûte.

dourdan maternité

Premier jour de fermeture, premier incident. Dans la nuit du 1er au 2 juillet à 1h du matin, une femme sur le point d’accoucher s’est présentée aux urgences de l’hôpital de Dourdan. Faute de maternité, de personnels formés pour pratiquer un accouchement ou de sage-femme d’astreinte, la patiente a du être transportée à Orsay par le SMUR d’Étampes. À 2h du matin, la jeune femme a subi une césarienne en urgence. Et si aujourd’hui la mère et l’enfant se portent bien, Maryvonne Boquet, maire de Dourdan et présidente de l’association de défense de l’hôpital, ne peut que déplorer cette situation. « La prise en charge des patientes, c’est quelque chose sur lequel on avait mis le doigt depuis longtemps et nous étions inquiets pour ça. La jeune femme était suivie à Dourdan. On lui avait laissé le choix entre Étampes et Orsay, mais pris dans l’urgence, son mari a préféré l’emmener à Dourdan. Ce genre d’incident, c’est exactement ce qu’on craignait avec la fermeture de la maternité », déclare la maire de Dourdan.

Pourtant, il y a quelques jours encore, Marisol Touraine laissait entendre sur l’antenne de France Inter que la maternité de Dourdan présentait des risques considérables pour la sécurité des patients et que sa fermeture était la meilleure solution : « Il y a d’autres maternités proches de celle-ci, il y a eu des incidents préoccupants, des enjeux de sécurité extrêmement préoccupants ». Aucun « incident » n’était pourtant à déclarer depuis la réouverture de la maternité en janvier 2014. La fermeture était-elle alors la meilleure solution ?

Alors que la maternité a fermé ses portes le 30 juin dernier, l’avenir du service prénatal de Dourdan reste, quant à lui, en suspend selon l’élue. « Aujourd’hui, on ne sait pas si notre centre prénatal va marcher. Il nous a été dit que dans les 6 mois qui suivaient la fermeture d’une maternité, les centres fermaient parce que les patients se font le plus souvent suivre aux endroits où ils accouchent », s’inquiète Maryvonne Boquet. « À terme, nous craignons que Dourdan devienne un simple service de gériatrie. Nous aimerions beaucoup préserver un maximum d’activité sur l’hôpital, et qu’on revoit et qu’on équilibre un peu plus les activités qui ont été prévues pour Dourdan et Etampes afin que l’activité de Dourdan soit pérenne », confie la présidente de l’association de défense de l’hôpital. Loin de baisser les bras face à la fermeture de la maternité de Dourdan, Maryvonne Boquet l’assure : « le combat continue, il ne fait même que commencer ».