Trois ans après la signature du contrat de redynamisation des sites de la défense (CRSD) concernant la base aérienne de Brétigny, le projet de reconversion piétine. Porté par les collectivités il se voit, encore aujourd’hui, freiné dans son élan par l’État. Face à ce retard, l’inquiétude se fait sentir du côté des acteurs du projet.

À sa fermeture en 2008, la base aérienne de Brétigny-sur-Orge a déjà le regard tourné vers l’avenir. En mars 2012, l’État et les collectivités locales signent le Contrat de Redynamisation du Site de Défense (CRSD) afin de dessiner le nouveau visage de la « BA 217 ». Sept cent cinquante hectares sont alors promis aux communes de Brétigny, du Plessis-Pâté, de Leudeville et de Vert-le-Grand pour l’élaboration d’un projet de reconversion d’envergure : création du premier cluster drone d’Ile-de-France, implantation d’une trentaine d’entreprises sur le territoire et mise en place d’un maraîchage biologique. À la clé, la création de plus de 2 000 emplois dès la concrétisation du projet.

Seulement, un an et demi après la signature du décret autorisant l’État à rétrocéder la majeure partie du territoire de la base aérienne de Brétigny aux collectivités locales, le projet de reconversion et de développement économique n’est toujours pas sur la piste de décollage. Un retard qui ne manque pas d’agacer les acteurs du projet et de susciter de vives inquiétudes.

Un envol retardé pour le projet de reconversion de la base aérienne.

« Tout est prêt », nous assure Sylvain Tanguy, maire du Plessis-Pâté. Pourtant, cela fait des mois que l’État tarde à donner son feu vert. En mars dernier, celui-ci justifie ce retard par une volonté de coordonner les différents projets du secteur, à l’image du futur grand stade de rugby. « On ne peut évidemment pas considérer l’aménagement du territoire comme un patchwork. Il faut réfléchir de manière coordonnée sur la problématique des transports ou encore de l’emploi parce qu’on n’est pas là pour se vampiriser entre nous. Mais le temps qu’on réfléchisse, il n’y a pas de raison qu’on bloque les choses, dans ce cas, on serait dans une position contre-productive », explique le maire du Plessis-Pâté, porteur du projet de maraîchage biologique sur une partie du territoire de la base aérienne de Brétigny.

Sur une autre parcelle du terrain, l’agglomération du Val d’Orge espère concrétiser son projet de Drone Center. Cette démarche innovante a pour but de faire de la BA 217 un site de référence des dronistes en Ile-de-France ainsi qu’en matière de technologie de pointe. « Il a été convenu que nous récupérerions 300 hectares de cette ancienne base aérienne pour la CAVO. Notre but est de créer un cluster de drones. Il y a plusieurs milliers d’emplois à la clef et plusieurs entreprises se sont déjà positionnées pour s’implanter sur ce nouveau territoire », déclare Olivier Léonhardt, maire de Sainte-Geneviève-des-Bois et président de l’agglomération du Val d’Orge. Mais tandis que le lancement de ce fameux Cluster Drone a été annoncé le 18 juin dernier à l’occasion du salon du Bourget, aucune date d’implantation n’est encore arrêtée, faute de signature de l’acte de rétrocession entre l’État et les collectivités locales.

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Mercredi 14 mai, l’ex-base aérienne de Brétigny accueillait des matériels dernier cri en matière de sécurité. (JL/EI)

L’inquiétude plane sur la BA 217

Si l’attente est longue, elle est surtout source de désillusion pour certains acteurs. Deux entreprises auraient déjà jeté l’éponge selon Sylvain Tanguy. « L’État veut absolument cadrer le dossier et cela traîne. Du coup, les entreprises souhaitent partir car elles attendent depuis trop longtemps », analyse Olivier Léonhardt. Des partenaires du projet commenceraient même à perdre patience, d’après le maire du Plessis-Pâté, à l’image de la chambre d’Agriculture d’Ile-de-France impliquée dans le projet de maraîchage biologique.

Face à cette inquiétude qui ne cesse de croître autour de l’avenir de la BA 217, Sylvain Tanguy, Olivier Léonhardt et d’autres acteurs du projet envisagent de faire accélérer les choses. « On envisage des choses concrètes, d’ordre juridique, parce qu’un contrat, ça se respecte. Il y a eu quelques milliers d’euros de dépensés, on ne va peut-être pas mettre ça à la poubelle. 9 millions d’euros et on n’a pas planté un seul coup de pioche… », déplore Sylvain Tanguy. Un brin optimiste, le maire du Plessis-Pâté espère tout de même une signature de l’acte notarié d’ici à la fin de l’été.

Pour sa part, même s’il déplore les différents retards dans la cession des terrains, le maire de Brétigny-sur-Orge Nicolas Méary affirme que les différents acteurs continuent « d’avancer et de travailler sur la réflexion générale. Nous essayons de régler les problèmes les uns après les autres. Donc même si ça bloque d’un côté, on continue à avancer dans l’autre », affirme ce dernier avant de rappeler que « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Le projet n’est pas encore remis en cause selon Nicolas Méary. Cependant, il ne « faudrait pas que cela traîne six mois de plus », conclut-il.

Article mis à jour à 16h15 avec les propos de Nicolas Méary, maire de Brétigny-sur-Orge.