POLITIQUE > Comme nous vous l’annoncions en brève ce lundi, le journal Libération fait état d’accusations graves à l’encontre de Serge Dassault, l’ancien Maire de Corbeil-Essonnes. Le milliardaire Essonnien, suspecté à de nombreuses reprises d’avoir le « portefeuille généreux », afin de grappiller quelques centaines de voix supplémentaires, est accusé d’avoir versé 100 000 euros pour obtenir des votes lors des élections municipales 2009 par un jeune des Tarterêts. Par ce témoignage à charge, le système Dassault semble une nouvelle fois s’effriter.

Le quotidien a recueilli  le témoignage d’un certain « Mamadou, 30 ans » qui dit « avoir encaissé 100 000 euros après avoir convaincu des proches de voter Dassault et/ou Bechter ». Ce témoin a fourni des éléments bancaires afin d’appuyer son témoignage selon Libération. Mamadou avait ouvert un compte chez AXA Banque où 15 000 euros ont été versés par « Gérard Limat (…), qui a travaillé à la Générale immobilière Dassault, à la société financière Terramaris, chez Falcon Jet Teterboro ». Ce jeune homme va commencer à retirer 500 euros par jour sur ce compte, jusqu’au jour où la banque va suspecter un blanchiment d’argent et donc va retourner les 10 000 euros restant au donateur.

Mamadou exige alors que les 100 000 euros lui soient versés en liquide. Somme qui selon ses dires lui sera versée en plusieurs fois.  Il précise pourquoi il est sorti de son silence : « J’aurais pu continuer à en profiter, mais il faut que ça s’arrête. Un mec a harcelé Dassault, qui lui a envoyé quelqu’un : depuis, il se cache. ». Il explique aussi qu’il n’est pas le seul à avoir profité de ces généreux dons, et que ce sont plus de trente personnes qui en ont profité, et certaines plusieurs fois. Pour sa part, il ajoute même que « moi et mon équipe, on a fait 50 voix ».

M. Dassault en dernière position sur la liste de Jean-Pierre Bechter

Ces accusations font échos à l’annulation de l’élection de Serge Dassault en juin 2009, pour « dons d’argent ». Et même si la plus haute instance administrative précisait que « les faits établis ne peuvent être tenus pour établis », suite à la rétraction de quatre témoins, elle ajoutait que les douze témoignages indirects maintenus « conduisent à tenir pour établis les faits ainsi relatés ». Avec ce nouveau témoignage, le clientélisme présumé de Serge Dassault semble se vérifier une nouvelle fois.

Le 05 et 12 décembre, les électeurs de Corbeil-Essonnes sont appelés pour la troisième fois à voter en moins de trois ans. Ces nouvelles révélations viendront certainement peser dans les débats, même si Serge Dassault ne sera qu’à la dernière place sur la liste de son dauphin Jean-Pierre Bechter. Hier soir, M. Bechter a contesté ces accusations, renvoyant la balle du côté de M. Piriou, accusé de « manipuler  » le témoin.