Gilles Bloch a été élu président du Conseil d’administration de la Communauté d’universités et d’établissements – Comue – Paris-Saclay. Une étape de plus dans le processus d’intégration de la recherche et de l’enseignement supérieur sur le Plateau.

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Il y a eu peu de suspense avec ce vote. Seul candidat à la présidence, Gilles Bloch a été élu par le Conseil d’administration (CA) de la Comue, président de l’université Paris-Saclay. Six mois après la création par décret de cette université hybride (lire notre article), qui regroupe 18 établissements, universités, écoles et centres de recherche, ses membres l’ont désigné pour 4 ans. Sa personnalité faisait consensus entre les enseignants et les directions d’établissements, avec le regard bienveillant de l’Etat.

Le tout nouveau CA s’est réuni mercredi 10 juin, et avait plusieurs points à l’ordre du jour. Il devait en premier lieu acter la démission de Dominique Vernay, le président de la FCS (Fédération de coopération scientifique), organe précurseur de l’université Paris-Saclay. Un hommage lui a ainsi été rendu de la part des administrateurs pour son rôle dans la construction de ce nouveau modèle d’enseignement supérieur et de recherche.

Un CV taillé pour le poste

Sur les 26 membres que compte cette instance de gouvernance, 10 ont été élus en mai dernier par les personnels, enseignants et étudiants de ces établissements, la majorité (16) étant nommés, dont Gilles Bloch en tant que personnalité qualifiée. Il était jusqu’à présent directeur des Sciences du vivant au Commissariat à l’énérgie atomique (CEA) de Saclay. Polytechnicien, chercheur en biopĥysique moléculaire, il est également médecin et a exercé à l’hôpital d’Orsay.

C’est cette personnalité académique qui a été élue par les administrateurs de la Comue. Gilles Bloch connaît très bien le milieu universitaire, pour avoir été dans le cabinet du ministère dédié à l’enseignement supérieur. Il a par ailleurs été le premier directeur de l’ANR – Agence nationale pour la recherche, fondée en 2005 pour coordonner tous les financements de la recherche en France. Le nouveau président de l’UPSy a indiqué dans sa profession de foi qu’il insistera sur « les nouveaux chantiers de mutualisation qui maintiendront l’Université en mouvement vers plus d’intégration, en vue d’une plus grande efficacité collective au service de la recherche, de la formation et du transfert ».

Une « chambre d’enregistrement » ?

Le processus de construction de l’université Paris-Saclay se poursuit donc, puisque élèves, profs et personnels des établissements doivent une nouvelle fois voter, en ligne jusqu’au mercredi 17 juin, pour élire leurs représentants au Cac, le Conseil académique. Il s’agit d’une instance consultative de 220 membres chargée de seconder le CA sur les questions de formation et de recherche, ainsi que sur la vie étudiante. Gilles Bloch souhaite ainsi une « complémentarité » entre les deux instances.

Les contours des pouvoirs du CA et du président de l’université Paris-Saclay restent toutefois flous. Certains s’interrogent d’ores-et-déjà sur le poids d’une troisième instance, le Conseil des membres, dans la vie de cette super-structure regroupant 18 entités. « La gouvernance est pilotée par l’Etat, puis la négociation a lieu entre membres au sein de ce conseil. J’ai peur que ça soit complètement verrouillé et que le CA de la Comue ne soit qu’une chambre d’enregistrement » analyse Quentin Dégez (Alternative Saclay Interassos), l’un des deux représentants des 70 000 étudiants au sein de l’instance après ce premier conseil.