L’élection au Québec a été un échec et une conclusion prévisible.

Elle avait le potentiel d’être beaucoup plus intéressante qu’elle ne l’a été.

Avec quatre partis d’opposition légitimes dans le mélange – une première dans l’histoire électorale du Québec – et les conservateurs d’Éric Duhaime faisant leur première apparition, la 43e élection générale de la province a offert aux électeurs plus d’options que jamais auparavant.

Mais ce ne sont pas tant les politiques que les commentaires de la CAQ sur les questions d’immigration, d’identité et de langue qui ont fait la plupart des manchettes.

Non pas que cela ait été important. Malgré les gaffes et la rhétorique anti-immigrants, la Coalition Avenir Québec de François Legault a obtenu une majorité facile avec 90 sièges, soit 16 de plus que lors des dernières élections.

Alors que beaucoup s’attendaient à ce que les conservateurs ou le parti de gauche Québec Solidaire de Gabriel Nadeau-Dubois réussissent à se hisser en deuxième position, les libéraux de Dominique Anglade se sont maintenus dans l’opposition officielle avec 21 sièges, tous dans la région de Montréal.

Tous les sondages avaient prédit un balayage de Legault depuis des mois.

En tant que tel, la CAQ n’avait pas besoin de mener une campagne négative. M. Legault aurait pu facilement ouvrir les bras, afficher un faux sourire sur son visage et répéter une série de platitudes ineptes qui font l’unanimité.

Mais la nature croustillante du premier ministre n’a pas été contenue. Comme pour Doug Ford, cela pourrait faire partie de son charme. L’homme et ses ministres disent généralement ce qu’ils pensent.

Certains commentateurs ne se souvenaient pas qu’un premier ministre ait jamais été aussi boudeur et irritable en campagne électorale. Tout au long de la campagne, M. Legault avait l’air d’avoir besoin d’un traitement de canal et il était irritable avec les journalistes.

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Ce sont les remarques spontanées qui ont été les plus révélatrices.

Jean Boulet, l’actuel ministre de l’immigration de la CAQ, a déclaré lors d’une conférence la semaine dernière que « 80 % de nos immigrants vont à Montréal, ne travaillent pas, ne parlent pas français et n’adhèrent pas aux valeurs de la société québécoise. »

Crampe cérébrale ou pas, c’est le genre de sentiment xénophobe dans lequel la CAQ s’est spécialisée.

M. Legault a lié les immigrants à une augmentation de la violence et de l’extrémisme et, lors d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce de Montréal la semaine dernière, il a déclaré que le fait d’en accueillir trop serait « suicidaire » pour la culture québécoise.

« Je pense qu’il profite de la méfiance de certains électeurs envers l’immigration », estime Yves Boisvert, chroniqueur à La Presse. « Ses propos ne sont pas planifiés, mais le message de la CAQ… ». est calculée : Nous limitons l’immigration pour protéger le Québec et protéger le français. »

Legault a également joué la carte de Montréal contre le reste du Québec avec beaucoup d’effet.

Quand il a dit que « Montréal méprise les gens du reste du Québec » et que « ce n’est pas à Montréal d’imposer des règlements environnementaux aux industries de Rouyn-Noranda, par exemple, c’était calculé », dit Bosivert.

Tous les partis d’opposition autres que les conservateurs d’Éric Duhaime ont perdu du terrain lors de cette élection.

Québec Solidaire, un parti séparatiste d’extrême gauche qui a bénéficié d’une généreuse couverture médiatique dans la province pendant des années, n’a pas réussi à étendre son soutien au-delà de l’île de Montréal, à l’exception d’une victoire à Sherbrooke. Le parti voulait plus, mais il est tout simplement trop à gauche, trop académique et trop moralisateur pour se connecter avec les électeurs moyens.

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Les libéraux, le seul parti à avoir participé à toutes les élections québécoises depuis 1867, ont réussi à faire passer une défaite pour une victoire mineure. La chef Dominique Anglade est réélue dans sa circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne, mais le parti tombe tout de même à un niveau historiquement bas.

Le joker Éric Duhaime et ses conservateurs ont fait leur première apparition et ont été la plus grande histoire de cette élection.

Bien qu’ils n’aient pas remporté de sièges, Duhaime a fait passer le parti de 500 à plus de 54 000 membres en quelques mois seulement – un exploit remarquable qui témoigne de l’existence d’une base conservatrice inexploitée dans la province.

Mais c’était la soirée de Legault et de la CAQ. Il a au moins lancé des appels à l’unité dans son discours de victoire, notamment aux immigrants et aux anglophones.

On est en droit de se demander : où était toute cette bonne volonté ces quatre dernières années ?

Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, a promis d’unir les Québécois après la victoire écrasante de son parti aux élections provinciales. À Montréal, la chef libérale Dominique Anglade a dit à ses partisans que son opposition officielle sera la voix de tous les Québécois. (4 OCT. / THE CANADIAN PRESS)

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