Corbeil-Essonnes et Montlhéry perdent leur foire annuelle. Celle d’Arpajon continue mais connaît des difficultés. Le modèle de ces foires commerciales de rentrée semble à bout de souffle.

Foire Corbeil Archives

Les allées de la foire de Corbeil (Archives EI)

Il n’y aura pas de foire de Corbeil à la rentrée prochaine. De même, la Foire aux Tomates de Montlhéry ne sera pas organisée en septembre prochain. Fête foraine et forum des associations sont tout de même maintenus dans les deux communes. Si ces rendez-vous historiques s’arrêtent, c’est principalement car le modèle de ces rencontres dédiées au commerce s’essouffle.

Le maire de Montlhéry Claude Pons confirme les difficultés, mais espère voir la Foire aux Tomates renaître l’année prochaine : « aujourd’hui ça ne peut plus être le même type de foire. La foire commerciale aujourd’hui ce n’est plus ce qui fonctionne. Donc on va voir avec le comité au prochain conseil municipal qui va travailler sur comment transformer notre foire, comment lui redonner une nouvelle dynamique et quel moyen on va y mettre pour faire renaître un véritable attrait au niveau du public ».

Même constat à Corbeil-Essonnes, où le prestataire de la ville chargé d’organiser la foire a jeté l’éponge. L’adjoint au commerce Denis Layreau indique que la société JL Events, qui avait obtenu le marché en 2013, « a eu du mal à trouver des annonceurs et commerçants pour exposer ». « En terme de visiteur, on a toujours le même succès, ajoute-t-il, mais le visiteur, ce n’est pas forcément un client. Si on regarde le début de la foire dans les années 60­/70 on avait autant de client que de visiteurs. Puis après il y a eu de l’érosion et maintenant il n’y a plus de client. Derrière ça, les entreprises ne viennent plus donc ça diminue en terme d’offre. On se retrouve donc avec de l’artisanal qui lui a du mal a travailler parce qu’il paye cher son stand et derrière il ne vend pas ».

« Les commerçants ne vendent pas »

L’élu parle aussi du coût, « entre la société qui investit et la mairie qui subventionne, la foire de Corbeil c’est plus de 400 000 euros ». « Il n’y a pas beaucoup de communes qui peuvent se le permettre »  juge Denis Layreau. Un problème de modèle que les professionnels constatent également, à l’image d’Alain Ouy, de la société Codecom. En délégation de service public pour gérer la foire de Montlhéry, la société d’évenementiel s’occupait anciennement de celle de Corbeil. « Le problème est que les municipalités en demandent toujours plus, les prestataires augmentent leurs prix, et les commerçants ne vendent pas » analyse son responsable, pour qui « la réussite d’une foire dépend du bon état du commerce ».

La société Codecom est également l’organisatrice de la Foire aux Haricots d’Arpajon. « Nous sommes sous contrat pour 4 ans, cette année nous sommes obligés de la faire, mais nous sommes déficitaires de plusieurs milliers d’euros » confie Alain Ouy. Une situation qui pousse le professionnel à s’interroger sur le modèle de ces foires : « il y a une réflexion à avoir, liée aussi au bénévolat. Pour que ça reste, il faut que ça évolue. Il y a 80 ans, les gens venaient aux foires pour découvrir les nouveautés, aujourd’hui il y a internet ».

Du côté de la mairie d’Arpajon, on se veut plutôt confiant quant au devenir du rendez-vous de septembre. Selon la première adjointe Christine Luft, « on n’a pas d’inquiétude du tout pour le moment concernant la Foire aux Haricots d’Arpajon, même si on a entendu ce qu’il se passait à Corbeil et à Montlhéry. Au contraire on est plutôt confiant, dans la mesure où celles-­ci disparaîtraient, tout bénéfice pourrait se reporter sur la foire aux haricots, notamment un apport de visiteurs. » . L’élue parle également des « forces vives » de la ville impliquées sur l’organisation.

Pour Montlhéry et Corbeil-Essonnes en revanche, il s’agit de se pencher sur la suite. Les foires redémarront-elles sous une autre forme? « Il faut s’adapter à toutes les situations, quelque part, c’est une sonnette d’alarme » assure Claude Pons, qui serait partisan de « réfléchir globalement avec la région et le département pour se poser la question suivante : il y a trois foires régionales aujourd’hui, est ce que ces trois foires ne doivent pas travailler ensemble pour essayer d’avoir un cycle coordonné et ne pas se faire concurrence? »