Pour le premier ministre du Québec, François Legault, une victoire électorale massive a peut-être été la partie la plus facile…

MONTRÉAL-Propulsé, du moins en partie, par un système de vote où tout le monde gagne, le premier ministre du Québec, François Legault, a dépassé quatre partis d’opposition pour remporter une victoire massive lors de sa réélection lundi.

Dans le processus, une pluralité d’électeurs – principalement dans les circonscriptions francophones – ont confirmé qu’ils n’ont que peu ou pas d’intérêt à reprendre la bataille pour l’unité qui a défini la conversation politique de la province pendant près d’un demi-siècle.

Jusqu’en 2018, les libéraux et le Parti québécois ont joué les premiers rôles dans le débat sur l’avenir politique de la province. Lundi, tous deux ont enregistré des scores historiquement bas lors du vote populaire.

Les libéraux ont été pratiquement exclus du Québec francophone. Le PQ – avec seulement trois sièges, dont celui du chef Paul St-Pierre-Plamondon – devra lutter pour se faire entendre à l’assemblée législative provinciale.

Au fur et à mesure que les résultats tombaient lundi et dans une rare démonstration d’accord, le PQ, Québec Solidaire et le parti conservateur provincial ont tous blâmé les distorsions inhérentes au système de vote uninominal à un tour pour avoir été relégués en marge de l’action de l’Assemblée nationale.

Les écarts sont importants. Le système a gonflé la victoire de M. Legault. Avec presque le même nombre de voix, les libéraux ont conservé le rôle d’opposition officielle avec plus de 20 sièges, tandis que les conservateurs – sous réserve d’un recomptage – n’en ont remporté aucun.

Mais lorsqu’il s’agit des perspectives de réforme électorale, les partisans québécois d’un système plus proportionnel sont en train de fouetter un cheval mort, un cheval qui est déjà en route pour l’usine de colle.

Avec la CAQ et les libéraux qui bénéficient tous deux du système actuel, les licornes entoureront la législature avant que la question de la réforme électorale ne soit à nouveau vivante dans ses murs.

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Plus que toute politique, c’est le positionnement de la CAQ en tant que refuge pour les fédéralistes et les souverainistes désireux de se concentrer sur un programme nationaliste commun qui a laissé les autres partis se battre pour des miettes lors de l’élection de lundi.

Comme l’élection l’a démontré, aucun des rivaux de M. Legault ne détient suffisamment de cartes pour offrir aux Québécois un gouvernement alternatif complet, et des différences irréconciliables font obstacle à toute alliance substantielle entre eux.

Par conséquent, les prochaines batailles de Legault se dérouleront probablement sur une autre scène que celle de la législature que son parti domine si complètement.

La campagne québécoise a été remarquablement exempte de dénigrement fédéral. Mais cela avait plus à voir avec la stratégie qu’avec une amitié naissante entre le premier ministre et le premier ministre.

Comme dans le cas du premier ministre de l’Ontario Doug Ford au printemps dernier, le chemin de la réélection de Legault passait par le territoire libéral fédéral. Un nombre important d’électeurs qui ont soutenu la CAQ lors de l’élection de lundi ont voté pour Justin Trudeau lors du vote fédéral de l’automne dernier.

Mais maintenant que la campagne est terminée, des nuages d’orage se sont déjà amassés à l’horizon Québec/Ottawa.

Une épreuve de force entre les provinces et le gouvernement fédéral sur le financement des soins de santé est imminente. M. Trudeau souhaite avoir plus d’informations sur la façon dont l’argent sera dépensé. Mais le premier ministre pourrait se retrouver dans un bras de fer avec le Québec et l’Ontario au sujet de l’introduction d’une plus grande participation privée dans le système public.

En ce qui concerne l’environnement, M. Legault veut que le gouvernement fédéral passe son tour pour évaluer les grands projets d’infrastructure de son gouvernement. Ceux-ci comprennent un tunnel controversé pour relier la rive sud du Québec au centre-ville de la capitale provinciale, et la construction d’autres barrages pour augmenter la production d’électricité de la province.

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La CAQ soutient qu’elle devrait avoir le contrôle total de l’immigration dans la province et, sur la toile de fond du bilan du parti en matière de droits des minorités, les deux gouvernements semblent se diriger vers une collision majeure.

Et puis, bien sûr, ils vont probablement s’affronter devant la Cour suprême au sujet des projets de loi sur le sécularisme et la langue.

Sur tous ces fronts, le temps pourrait être un facteur essentiel pour Trudeau, dont le gouvernement minoritaire pourrait tomber bien avant la fin prescrite de son mandat actuel en 2025, et pour Legault.

La performance constamment grincheuse du premier ministre sur le chemin de la campagne a alimenté la perception qu’il est politiquement dépassé. De nombreuses personnes à l’intérieur et à l’extérieur de la CAQ s’attendent à ce qu’il ne soit plus à la tête de son parti lors de la prochaine élection en 2026.

Dans son discours de victoire, M. Legault a insisté sur sa détermination à diriger un gouvernement inclusif.

Mais pour cela, il faudrait que le premier ministre soit un animal politique différent de celui qui vient de passer six semaines de campagne à brûler les ponts entre Montréal et les régions de la province, et à présenter les immigrants comme une menace existentielle pour le tissu social du Québec et son caractère francophone.

C’est un parti rare qui vieillit bien au gouvernement. C’est pourquoi, en règle générale, les seconds mandats ont tendance à être plus difficiles à gérer que les premiers. Pour M. Legault, l’obtention d’un deuxième mandat majoritaire lundi soir pourrait s’avérer être la partie facile du prochain chapitre de son mandat.

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