Nouveaux rebondissements dans le dossier de la maternité de Dourdan. Suite à l’annonce de sa fermeture fin mai, les défenseurs de l’établissement montent encore et toujours au créneau. Un référé et une lettre à Marisol Touraine ont ainsi été déposés en début de semaine pour dénoncer un « coup de force ».

dourdan maternité

 

Dans quelques jours, accoucher à la maternité de Dourdan appartiendra au passé. En effet, au soir du 30 juin, le service fermera définitivement ses portes et il sera transféré sur Étampes dans le cadre du regroupement des naissances au centre hospitalier sud-Essonne (CHSE). Cette décision était intervenue après une interminable période d’incertitudes. « On va fermer… ? On va poursuivre… ? Chaque semaine, voire chaque jour le discours sur notre avenir change. À termes, c’est très usant psychologiquement », déploraient certaines sages-femmes et aides-soignantes mi-mai, à quelques jours du verdict final dans cette histoire. Car oui, suite notamment à la diffusion des conclusions du rapport de l’IGAS dans la presse, l’étau a fini par totalement se refermer sur la maternité de Dourdan lors du dernier conseil de surveillance. Le 29 mai dernier, l’information était officialisée ; le service fermera au soir du 30 juin.

Cette décision est forcément un déchirement pour une partie du personnel médical de l’établissement, certaines parturientes et les élus locaux, qui se sont pour beaucoup, impliqués pour que la maternité puisse poursuivre son activité. D’ailleurs, une partie d’entre eux ne semble pas avoir totalement rendu les armes et pointe du doigt les conséquences de la fermeture du site.

Une décision « illégale » ?

Suite à cette annonce, l’association de défense de l’hôpital de Dourdan et de sa maternité a déposé un référé auprès du tribunal administratif de Versailles contre la décision du directeur du CHSE de fusionner les services de Dourdan et d’Étampes. Cette dernière dénonce notamment quelques vices de forme. « À l’occasion de la réunion extraordinaire du conseil de surveillance du CHSE, le directeur du CHSE a annoncé avoir décidé la fermeture de la maternité du site de Dourdan au 1er juillet 2015, et ce, sans même attendre l’approbation du projet médical par les organes compétents du CHSE », peut-on lire dans le référé. « La décision du directeur intervient sans attendre l’approbation du projet médical par la commission médicale d’établissement (CME) qui devait se réunir à ce sujet le 9 juin ».

N’ayant « pas été formalisée » par écrit et ayant été effectuée en « méconnaissance de toutes les règles de procédures applicables à la prise de décisions au sein des centres hospitaliers », l’association dénonce une décision « illégale » d’une part, et s’apparentant à un « coup de force » d’autre part. C’est dans ce contexte que l’association de défense de l’hôpital de Dourdan et de sa maternité entend contester la légalité de la décision du directeur par le biais notamment de ce recours.

Une mise en danger de la population ?

Ce référé pourrait n’être qu’un coup d’épée dans l’eau, car comme le confirme le rapport de l’IGAS, la fermeture de la maternité est irrévocable. Pourtant, les défenseurs de la maternité font monter la pression à maintenant trois semaines de sa fermeture. En témoigne un courrier cosigné par des médecins de l’hôpital de Dourdan. Au total, 36 des 39 médecins que compte l’établissement ont apposé leur signature au bas d’un pli destiné au directeur général de l’ARS, Claude Evin, et à la ministre de la Santé Marisol Touraine. Dans ce courrier, la communauté médicale explique être « extrêmement préoccupée par l’avenir du CHSE, en particulier du site de Dourdan », comme le craint également la maire de Dourdan, Maryvonne Boquet (PS).

Outre ce point, les médecins pointent du doigt les « conséquences graves » qu’aurait cette fermeture pour les femmes enceintes de la région. Difficultés pour assurer leur suivi dans un autre hôpital ou encore une capacité d’accueil réduite dans les autres établissements. Par manque de lits dans ce secteur de l’Essonne, « le non-accueil des femmes enceintes imposerait leurs transferts, pas toujours possibles par ailleurs. Que deviendraient alors les patientes que les urgentistes seraient contraints de garder dans le service des urgences qui n’est pas dévolu à ce type de prise en charge ? », s’interrogent les médecins. « Si un tel scénario venait à se produire, l’ensemble de la communauté médicale dénonce une véritable mise en danger de la population du sud-ouest de l’Essonne », assurent ces derniers.

La sécurité des parturientes remise en cause ? « Non » répond le CHSE qui mise notamment sur la « qualité et la sécurité de la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés ». Le centre hospitalier a également prévu de déployer un accompagnement personnalisé pour chacune des futures mamans qui sont actuellement inscrites pour accoucher sur le site de Dourdan. « Celles-ci seront individuellement contactées afin d’organiser les modalités du transfert de leur dossier vers la maternité de référence d’Étampes ou une autre maternité de leur choix », affirme le CHSE. En parallèle, afin de permettre un suivi des femmes, avant et après l’accouchement, ainsi que des nourrissons, le CHSE accueillera sur le site de Dourdan un centre périnatal de proximité à compter du 1er juillet prochain.

Malgré ces réponses de la direction de l’hôpital, la mobilisation va se poursuivre pour le maintien de la maternité de Dourdan. Une réunion publique d’information et de mobilisation sera notamment organisée mercredi 17 juin à 20h30 au centre culturel de Dourdan en présence de Patrick Pelloux. Si la fermeture du site est actée, le dossier lui reste bel et bien ouvert.