Derrière les chiffres et les désordres administratifs, il y a des vies humaines. Des femmes et des hommes qui ont fui des pays ravagés par la guerre, la dictature ou les extrémistes religieux. A Courcouronnes, Essonne info a rencontré ceux qui sont en ce moment à l’hôtel Formule 1, le temps qu’une solution soit trouvée pour eux.

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Ils viennent du Nigeria, de l’Erythrée, du Soudan, de Côte d’Ivoire. Taib lui est un érythréen qui a fui le régime autoritaire et les atteintes aux droits de l’Homme que vivent actuellement les habitants de son pays. « Je pensais que tout le monde connaissait la situation en Erythrée », explique-t-il. Il y a près d’un an, il a quitté son pays, puis est passé par la Lybie. Avec le danger Daesh, il lui faut repartir : Taib traverse la mer Méditerranée sur un bateau de fortune, en bois. Sur ce dernier, une centaine de personnes, hommes, femmes et enfants. De Nice, avec un autre groupe de migrants, il part à Paris. Cela fait maintenant un mois qu’il est en France, avec de nombreux jours passés sous le pont de la Porte de la Chapelle, à Paris. «  J’espère faire une demande d’asile et je souhaite rester en France. Mais personne ne s’intéresse à nous, surtout pas les gouvernements. Seuls des habitants nous viennent en aide. »

Abdou, lui est un jeune soudanais qui, après le lycée, s’est mis à travailler sur les marchés dans son pays. La dictature qui ronge le Soudan l’a poussé à partir. Il souhaite pouvoir aider sa famille, restée là-bas. En quête d’un monde meilleur, d’une aide pour soutenir ses proches, il s’exprime avec recul et semble garder espoir. « Tout se fait petit à petit, raconte-t-il. Nous n’imaginions pas que les conditions de vie à Paris seraient comme ça. Paris est une belle et grande ville, mais la vie sous le pont était difficile. Ici, nous sommes mieux, mais nous ne savons pas ce que nous allons devenir. Un homme est très malade et personne ne sait ce qu’il a. »

Ce jeudi soir, le Samu social annonçait que les autorités avaient décidé de prolonger le séjour des migrants relogés d’une semaine. Pour ce qui est de l’après, les associations d’aide aux réfugiés elles-même n’ont pas de réponse. Prolonger le séjour à l’hôtel, retourner sur Paris, trouver une place en foyer d’accueil ? L’avenir de ces réfugiés, de l’Essonne ou d’ailleurs, reste aujourd’hui plus qu’incertain.