Jeudi soir se tenait l’assemblée générale du Festival International du Cirque de Massy. Le but était, après l’impasse des dernières semaines, d’élire un nouveau bureau qui sera en charge de l’organisation de la 24 ème édition de l’évènement.

C’est dans une atmosphère très tendue que les organisateurs du Festival du Cirque de Massy se sont réunis jeudi soir, à la mairie de Massy, pour tenter de mettre les choses à plat et désigner un bureau qui conviendra à tous. Inutile de souligner que le temps presse, car nous sommes à seulement 6 mois du début (dans l’hypothèse où le festival aurait bien lieu fin janvier) des festivités, et il est donc impératif pour l’association de trouver un président capable de remettre la machine en route, rapidement.

Une assemblée sous tension

Toutefois, l’urgence de la situation n’aura pas empêché de nouvelles prises de bec entre le président historique du festival, Michel Bruneau, et ceux qui auraient conspiré pour l’écarter de la présidence, avec Didier Richard en tête. L’ambiance était plutôt glaciale, même si, les gens du cirque étant par nature assez taquins et rieurs, des plaisanteries ont fusé de temps en temps, soulignant le manque d’organisation et l’absurdité de ce moment où des personnes voulant la même chose se déchirent par fierté.

Presque tout le monde était présent. Une heure avant le début de la réunion, certains étaient déjà là à réviser leurs arguments, à vérifier la validité de telle ou telle lettre de la préfecture. Le maire adjoint à la culture, Pierre Ollier, était également présent. « La mairie espère jouer un rôle de médiateur entre les différentes parties, car nous ne voulons pas que ces problèmes internes empêchent la mise en place du Festival » confie le maire adjoint. Francesco Bouglione et sa femme, ainsi que Sergio Drouard étaient présents, ainsi que d’autres représentants de la grande famille du cirque.

C’est Michel Bruneau qui a pris la parole en premier, car, à la demande du préfet, et puisque le bureau n’avait pas réussi à élire un président lors de la précédente Assemblée Générale, c’est à lui que revenait la tâche d’organiser cette nouvelle AG, afin d’élire un bureau qui pourrait, cette fois, désigner un président. Puis la parole est immédiatement cédée à la salle, car, en tant que membres de l’association, tous ont le droit de poser des questions sur l’organisation. Michel Bruneau est donc interrogé sur sa vraie-fausse lettre de démission, piège qu’il aurait tendu à Didier Richard et Olivier de Froberville, afin de savoir qui voulait prendre sa place. Le sujet fait débat, d’autant plus que c’est bien Michel Bruneau qui semble diriger cette assemblée, alors qu’il était censé être démissionnaire.

Les prises de parole se font de plus en plus assassines au fur et à mesure que la discussion avance. Alors qu’il faut élire un nouveau bureau, une incertitude persiste sur les gens qui ont ou pas le droit de voter à cette élection. Ce sont les membres qui élisent le bureau, et ces membres sont acceptés par décision du bureau. Or, comme la légitimité du bureau est contestée, l’admission de certains membres pendant ce mois de flottement l’est également. C’est donc un sujet supplémentaire de dispute entre tout le monde.


La rupture semble inévitable

Ca s’invective, ça hurle, alors que l’adjoint au maire tente d’organiser le débat en donnant la parole à chacun. Au bout de deux heures, l’ancien bureau se retire pour délibérer sur l’admission des membres. Membres qui éliront le nouveau bureau quelques minutes après. La situation est donc extrêmement complexe, à tel point que ceux qui assistent à l’assemblée générale ne savent plus très bien pourquoi ils sont là, ni ce qui se trame exactement. Au final, l’ancien bureau revient avec une nouvelle liste d’adhérents. Liste qui provoque un tollé chez les professionnels du cirque, situés au fond de la salle. Et notamment chez Sergio – Serge Drouard, référence du cirque en France et dans le monde, qui se lève et annonce de sa voix de stentor « Si nous n’étions qu’entre gens du cirque, les choses ne se seraient pas passées comme ça. Nous avons la passion, ça simplifie énormément ce genre de réunion. Ce qui se passe ici c’est grotesque, et je démissionne de l’association sur le champ ».

Après cette annonce fracassante, il sort de la salle, suivi par quelques collègues, signifiant ainsi leur ras-le-bol. Serge confiera que, comme presque tous ses camarades artistes, « je suis du côté de Michel, pour moi c’est l’âme du festival de Massy. Lui et personne d’autre, comme Rainier l’était à Monaco. Regardez, maintenant qu’il est parti ça n’est plus du tout la même chose ». De l’autre côté, certains membres de l’association sont eux remontés contre leur ancien président : « Michel, on le remercie de tout ce qu’il a fait depuis 25 ans maintenant pour le cirque. Mais aujourd’hui, on le sent moins impliqué, et un peu fatigué. Et puis il y a aussi cette lettre de démission… Selon lui il s’agit d’un piège, selon moi, il a voulu quitté le navire pour des raisons personnelles, puis il a décidé de revenir comme ça… », nous raconte un membre de l’association présent ce soir là.

Toujours est-il que Michel Bruneau semble loin d’être aussi fatigué qu’on le dit, en tout cas ce soir là. Il finit par être réintégré en tant que membre de l’association, mais n’entrera pas au bureau. Didier Richard y est bien, lui qu’on a accusé de vouloir prendre la place du chef, alors même qu’il affirme ne pas vouloir la présidence. Mais ce nouveau bureau n’apporte aucune certitude quant à l’avenir du festival. L’heure avance et il sera bientôt trop tard pour organiser cette 24ème édition. D’autant plus que l’ancien président menace de partir avec le nom du festival, dont il est propriétaire. La décision est désormais dans les mains de la mairie et du nouveau bureau.