Lundi a débuté à Corbeil l’exposition qui commémore les 110 ans de lutte de la section locale de la CGT. Elle durera jusqu’à la fin de la semaine, et se concentre sur les grands moments de la lutte syndicale, depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui.

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L’union locale CGT de la ville de Corbeil-Essonnes a été créée en mai 1905, et fête donc ses 110 ans cette semaine. Cette longévité est remarquable, d’autant plus que cette section est l’une des plus anciennes de France, avec des mouvements syndicaux structurés déjà bien avant la création de a CGT au niveau national, comme nous le raconte Nicole Le Minter, une des responsables de la section : « Dès 1828 on peut noter des mouvements sociaux significatif à Corbeil. La commune a toujours été un grand bassin de main d’œuvre, très militante. Rapidement, les ouvriers mécaniciens, papetiers, les meuniers, et même ceux travailant dans les raffineries, ont compris qu’il était dans leur intérêt de s’unir pour lutter ».

L’exposition qui raconte cette histoire, des premières luttes du dix-neuvième jusqu’au mouvement contre la réforme des retraites, en passant par les droits des femmes bien entendu ou l’épisode de la résistance, est multimédia. Ainsi, en plus des photographies d’époque nombreuses, vous pourrez également visionner des films phares de l’histoire militante, tels que « Avoir 20 ans dans les Aurès », qui raconte l’histoire de ceux qui s’opposaient à la guerre d’Algérie ou à la colonisation, ou encore « La saga des Conti », qui met en scène l’histoire des 1120 employés de l’usine de pneumatiques Continental et leur lutte pour garder leur emploi. Vous avez également accès à un audio guide qui, en vous promenant à travers la ville à pieds ou à vélo, va vous faire voyager dans le temps, découvrant l’histoire syndicale de chaque endroit de la ville.

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Cet évènement a demandé énormément de travail et de recherche. Plus d’un an, nous affirme Nicole : « C’est Daniel, la mémoire vive de la section, qui nous a rappelé l’année dernière qu’on aurait bientôt 110 ans. A partir de là, on a mis toute une démarche en place, pour essayer de trouver le plus de documents possibles. On a contacté des chercheurs, historiens (Serge Bianchi et Odile Nave), des sociologues (Sylvie Contrpois), qui nous ont aidé à nous retrouver dans les archives et à comprendre ce qu’on avait entre les mains ». Et effectivement, 110 ans de lutte ça représente une certaine somme de documents archivés. Mais ça ne les a pas découragé, au contraire : la grosse quantité de documents qu’ils ont trouvée les a incité à pousser le projet encore plus loin. « On va essayer de faire vivre un peu l’exposition dans les collèges et les lycées, car l’histoire de la lutte, des mouvements sociaux, n’est pas enseignée, alors même qu’elle fait partie intégrante de l’histoire de la ville et du pays ».

Alors que le contexte de crise imprègne notre pays, Nicole nous affirme qu’elle retrouve de l’espoir, car les gens recommencent depuis deux ans à se syndiquer à nouveau, après une grosse période de creux de plus de 30 ans. Espérons pour eux que la tendance se confirme.