Alors que s’ouvre l’enquête publique pour de nouveaux puits de pétrole dans les concessions de la société Vermilion, le collectif anti-gaz de schiste en Essonne entend s’opposer à ses forages. Ses membres et des élus de tous bords se réunissaient ce vendredi matin à Vert-le-Grand.

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Une centaine de militants a fait le déplacement à Vert-le-Grand (JM/EI)

Treize nouveaux puits doivent être creusés en Essonne, c’est ce qu’annonçait en décembre dernier le groupe Vermilion, qui détient quatre concessions pétrolifères en Essonne (lire notre article). Un dossier d’autorisation a été déposé au préfet, pour commencer des travaux d’exploitation de nouvelles mines d’hydrocarbures liquides. 10 nouveaux puits devraient voir le jour dans la concession de Vert-le-Grand, ainsi que trois sur celle de Vert-le-Petit.

Une perspective qui ne réjouit pas les membres et initiateurs du collectif anti-gaz de schiste 91, qui a voulu profiter de l’ouverture de l’enquête publique pour se faire entendre. Des registres sont mis à disposition des habitants dans les communes de Leudeville et Vert-le-Grand. C’est dans cette commune, également siège locale de l’entreprise canadienne, qu’ils étaient une centaine à se donner rendez-vous ce vendredi matin.

Plusieurs élus locaux se sont joints à la mobilisation, comme pour réaffirmer leur opposition aux techniques d’extraction non-conventionnelles. Bien que Vermilion jure extraire uniquement du pétrole et ne pas vouloir exploiter les gaz et huiles de schiste présents dans la couche argileuse, ils sont plusieurs à se montrer inquiets par les perspectives de ces nouveaux permis.

« Extrême vigilance »

Premier adjoint de la commune voisine, Arnaud Barroux met en avant le « principe de précaution ». « Je suis contre la fracturation hydraulique telle que pratiquée par des sociétés comme Vermilion. Bondoufle va être impacté par ces puits creusés à plus de 2000 mètres avec des extractions en horizontale » souligne l’élu UMP. Même constat pour la conseillère régionale et chef de file des écologistes Emmanuelle Cosse, présente au rassemblement : « il s’agit de marquer le coup au moment du lancement de l’enquête publique, nous avons d’ailleurs déposé un cahier d’acteur. Pour nous, il faut une extrême vigilance, car les habitants s’inquiètent pour les impacts sur l’environnement et leur cadre de vie ».

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Les écologistes ont tenu à se montrer en conviant leur secrétaire nationale Emmanuelle Cosse (JM/EI)

Le directeur des relations publique de Vermilion Jean-Pascal Simard expliquait il y a quelques mois à Essonne Info que son groupe avait la volonté de « prolonger la durée de vie » de ses concessions existantes, et que dans ce cadre, il fallait de nouveaux forages pour « pérenniser l’activité », les derniers remontant à 20 ans. « Nous respectons la loi, nous extrayons uniquement du pétrole conventionnel, et nous ne faisons pas de fracturation hydraulique » répondait alors le responsable de la société pétrolière.

Des assurances qui ne rassurent pas pour autant les membres du collectif. Pour David Ammar, l’un de ses porte-paroles, les intentions de Vermilion sont doubles : « ils demandent un permis d’exploitation des hydrocarbures liquides, mais un pétrolier ne mettrait pas 10 millions d’euros sur la table pour quelques barils de plus par jour. On n’est pas dupe, je pense qu’ils préparent le terrain ». Les anti-gaz de schiste 91 invitent ainsi les citoyens à se saisir de l’enquête publique pour écrire leurs remarques, tout en regrettant dans une lettre au préfet qu’aucun débat public ne soit organisé, ni que les habitants puissent s’exprimer via internet.