« Recul démocratique et manque de transparence », ce sont les termes qu’emploie la nouvelle opposition de gauche, révoltée par cette mesure annoncée en première séance de l’assemblée départementale, ce lundi 11 mai. La raison ? La nouvelle majorité essonnienne a décidé que le président ou la présidente de la Commission des finances ne serait pas un membre de l’opposition.

Conseil départemental

« C’est une vraie rupture démocratique et politique », pour David Ros, élu (PS) du canton d’Orsay et président du groupe Rassemblement de la gauche et des écologistes (RGE). Initiative de Nicolas Sarkozy alors qu’il était Président de la République, le fait de confier la présidence de la Commission des finances à l’opposition est une mesure qui est devenue traditionnelle chez les collectivités locales, notamment en Essonne. En 2011, Jérôme Guedj a ainsi nommé Dominique Fontenaille (DVD), alors élu de l’opposition sur le canton de Villebon-sur-Yvette, président de cette commission.

« Lors de son élection, François Durovray avait annoncé vouloir être un Président consensuel afin de rassembler toute l’Essonne. A peine un mois plus tard, les premiers actes ne sont pas au niveau des paroles », déplore le groupe RGE. L’opposition n’est pas tendre avec cette mesure, parlant aussi de « volonté manifeste d’empêcher l’opposition de travailler dans les meilleures conditions possibles ». Et de regretter que « dorénavant, en Essonne, les élus de l’opposition ne pourront connaître que les dossiers que la majorité voudra bien leur communiquer. »

Pour François Durovray (UMP), nouveau président du conseil départemental, au contraire, cette mesure est un acte de « transparence ». « Monsieur Guedj voulait prendre la Commission des finances pour cacher la réalité de sa gestion du budget, alerte-t-il. Chacun doit pouvoir suivre les dossiers de cette commission. Nous avons souhaité que les 42 conseillers puissent en faire partie mais nous sommes une majorité, nous avons été choisis, et elle doit décider de sa gestion. »