Les députés de la Nation s’apprêtent à voter ce mardi après-midi la pire attaque contre nos libertés de la Vème République. Les 10 parlementaires essonniens oseront-ils approuver la surveillance généralisée?

Nous vous alertions au sein de l’édito des 5 ans de votre journal numérique (lire ici) : nous ne pouvons que nous alarmer des graves remises en cause pour nos libertés que s’apprêtent à approuver les députés de la Nation lors du vote solennel sur le Projet de loi relatif au renseignement, ce mardi 5 mai à 16h15. Cette loi qui impose la surveillance généralisée et sans contrôle va mettre à mal le travail d’information d’un média tel que le nôtre, en réduisant les possibilités d’action de tous les lanceurs d’alerte citoyens (voir le communiqué des éditeurs de presse en ligne).

La procédure d’urgence prévue pour ce texte démontre la négligence avec laquelle nos représentants ont travaillé sur ces questions pourtant au cœur de notre système démocratique. car on touche à nos libertés individuelles et collectives en instaurant un réel contrôle de masse, particulièrement sur internet, de nos données. Plus grave, le champs du « suspect », c’est à dire celui dont on pourra fouiller la vie privée de fond en comble, épier les contacts, familles et réseaux, est élargi de sorte que n’importe qui, n’importe quand et sans contrôle, peut constituer un éventuel « trouble » à l’ordre public.

En Essonne, les 10 députés qui nous représentent sont face à un moment de vérité. Contactés par lettre, téléphone ou sms par Essonne Info, la plupart n’ont pas encore répondu à nos sollicitations, et nous ne pouvons que craindre que ceux du PS notamment, soutiennent la démarche du gouvernement en votant cette loi. Certains nous ont tout de même fait part de leur opposition à la loi Renseignement. « Je pense voter contre » nous a confié Nicolas Dupont-Aignan, député-maire DLF de Yerres. Maire d’Etampes et député du Sud Essonne, Franck Marlin (UMP), se dit fermement opposé à la loi. Il signe ainsi le recours au Conseil constitutionnel que déposeront une soixantaine de députés de son groupe : « je reste sur la même ligne de conduite, j’étais déjà contre Hadopi. C’est un déni de démocratie, et si c’était un gouvernement de droite qui proposait ce texte, ça aurait été pareil. Il faut se battre contre le terrorisme, mais surtout respecter les libertés individuelles. Sur les données, c’est inacceptable, ils peuvent faire n’importe quoi avec ». De son côté, la députée d’Athis-Viry Eva Sas (EELV) a fait savoir qu’elle voterait contre ce texte comme la majeure partie des écologistes.