Dans le cadre du schéma régional de coopération intercommunale, les Wissoussiens ont tranché sur l’avenir de leur commune. À une écrasante majorité, Wissous intégrera le nouvel ensemble créé par la fusion de la communauté d’agglomération d’Europ’Essonne et celle du Plateau de Saclay. Une union qui interroge les élus sur la manière dont il faut procéder.

Il ne restait plus beaucoup de temps aux les communes dites « orphelines » pour qu’elles trouvent un ensemble auquel se greffer. Suite à l’adoption en février dernier lors d’une commission du schéma régional de coopération intercommunale (SRCI), le contour des cinq nouvelles communautés d’agglomération (CA) ne devait plus bouger dans les grandes lignes. Seules les communes isolées pouvaient encore faire évoluer les périmètres de ces nouvelles intercommunalités.

Parmi elles, nous retrouvions Verrières-le-Buisson, Varennes-Jarcy ou encore Wissous. Si Verrières est en attente de son intégration à la Métropole du Grand Paris, les deux dernières communes citées devaient se pencher sur l’identité de leur nouvelle agglo avant que le préfet de l’Essonne n’arrête le périmètre, soit le 19 mai prochain. Voilà maintenant qui est fait.

Après une consultation citoyenne de sa population, la commune de Varennes-Jarcy a délibéré lors du conseil municipal du 22 avril pour un rapprochement avec la communauté de commune de l’Orée de la Brie qui regroupe des villes comme Brie-Comte-Robert. En ce qui concerne la ville de Wissous, cette dernière a eu recours au même mode opératoire avec quelques semaines de retard. Avant de se prononcer lors du conseil municipal qui sera organisé le 18 mai, la commune avait appelé aux urnes ses électeurs ce dimanche 3 mai. Leur mission : déterminer vers quelle agglomération leur commune allait se tourner.

« Le choix le plus logique »

Et les résultats sont sans équivoques. Car à la question « Quelle agglomération souhaitez-vous intégrer ? », les Wissoussiens ont massivement voté pour l’une des deux solutions proposées. Les habitants avaient le choix entre une intégration à la CA des Portes de l’Essonne (CALPE) et à une fusion avec le nouvel ensemble formé par l’union de la CA du Plateau de Saclay (CAPS) et de celle d’Europ’Essonne (CAEE). Finalement, c’est cette dernière qui a été plébiscitée par plus de 93% des votants. « Voter pour la CALPE serait revenu en quelque sorte à voter contre la décision émise après la première votation de novembre, analyse le maire de Wissous, Richard Trinquier. À l’époque nous avions rejeté l’adhésion à la Métropole du Grand Paris, or, la CALPE devrait l’intégrer à terme ! C’est comme qui dirait un choix logique ».

En novembre dernier, un quart des Wissoussiens s’était déplacé pour se positionner sur la question du Grand Paris. Six mois plus tard, la participation est encore plus faible. À peine plus de 11% de la population votante est venue s’exprimer. « Il faut croire que le vote était entendu d’avance », ironise Richard Trinquier. Ce dernier qui avait notamment organisé deux réunions publiques sur le sujet des intercommunalités durant les précédentes semaines retient ainsi un point en plus du résultat. « Outre le résultat, le fait que nous ayons tenu nos engagements avec le maintien de cette consultation est une vraie satisfaction. Cela faisait partie de nos promesses. Si nous ne l’avions pas fait, cela aurait été une porte ouverte à la faiblesse la prochaine fois ».

Comment Wissous trouvera-t-elle sa place ?

En rejoignant l’ensemble CAPS/Europ’Essonne, la commune de Wissous pourra selon son maire « s’inscrire dans une logique économique », notamment grâce à « l’importante zone d’activité qui s’étend entre Massy, Chilly-Mazarin et notre commune », relate Richard Trinquier. Même si ce dernier nuance quelque peu. « Pour une commune comme la nôtre, il aurait été intéressant d’intégrer un ensemble réunissant d’une part la CAPS/Europ’Essonne, mais aussi le pôle économique du Grand Orly d’autre part »« En somme, le choix vers l’ouest représente celui sur lequel il y a le moins d’inconvénients pour la commune », ajoute Jean-Luc Touly, président de la commission extra-communale en charge de l’organisation de cette consultation.

Reste désormais à savoir comment va se faire l’intégration de cette commune au nouvel ensemble. Outre des questions budgétaires et financières ou concernant les compétences, la nouvelle entité devra se pencher sur la question des équipements intercommunaux appartenant à la CA des Haut-de-Bièvre (CAHB). Cette intercommunalité à laquelle appartient encore Wissous va disparaître dans les prochains mois suite à l’entrée en vigueur du SRCI le 1er janvier prochain. « Étant donné que cette agglomération va disparaître, il va falloir examiner ce que va devenir le patrimoine foncier de la CAHB présent sur notre commune, comme la gestion du conservatoire et de ses employés notamment », s’interroge Richard Trinquier pour ne citer que ce cas. Pour sa part, le président de la CA d’Europ’Essonne apporte quelques éléments de réponse. « Nous allons en discuter avec la CAHB et la ville de Wissous, confirme Vincent Delahaye. Je n’ai pas de doutes sur le fait que trouvions rapidement un accord sur la gestion de ces sites, car il faut savoir que nous avons déjà géré un cas similaire par le passé. Il y a quelques années, Morangis avait fait le choix de nous quitter pour rejoindre la CALPE. La passation de pouvoir concernant la gestion de ces équipements s’était déroulée sans accroc », souligne celui qui est également maire de Massy. Dans tous les cas, tout sera fait pour  que les différents membres de ce futur ensemble « soient en ordre de bataille le plus vite possible », conclut Vincent Delahaye.