Votre journal numérique a soufflé sa cinquième bougie. Beaucoup de chemin a été parcouru durant ces cinq années, depuis le 3 mai 2010. Le succès rencontré par nos publications et vos retours nombreux nous motivent à poursuivre l’aventure d’un média local de qualité en ligne. Mais la recherche d’une pérennité pour Essonne Info est nécessaire et des évolutions arriveront dans les prochains mois.

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C’est un anniversaire un peu spécial pour Essonne Info. Et ce pour diverses raisons. Tout d’abord nous fêtons cette expérience de journal numérique local alors que l’Assemblée Nationale s’apprête à voter un texte liberticide pour nos pratiques du net (voir plus bas). De plus, ce 3 mai était commémoré la journée mondiale pour la liberté de la presse, dans un contexte singulier qui ne peut pas nous faire oublier que des journalistes et caricaturistes ont été victimes d’attaques meurtrières, il y a 4 mois, à Paris.

Il est difficile de revenir en quelques lignes sur ces cinq années d’articles, de reportages, d’enquêtes, de portraits, d’interviews, de découvertes… si ce n’est voir défiler ces visages, ces acteurs du quotidien en Essonne, celles et ceux qui font vivre notre département et ses territoires, qui apportent chaque jour l’eau au moulin de nos éditions. Par leurs initiatives, leurs engagements de tout ordre, leur talent, ils nourrissent cette actualité que nous souhaitons vous proposer sur Essonne Info.

5 ans après « on est encore là » comme dirait l’autre. Nous sommes fiers d’avoir pu à notre niveau relever le défi des nouveaux modes de communication, à l’échelle d’un département comme l’Essonne. Internet offre comme jamais avant de multiples possibilités d’expression pour les citoyens. Les interactions permises participent à leur manière à construire une meilleure société, celle du partage. Pour nous, un média local sert à rapprocher les gens, qu’ils se parlent, se rencontrent. Animer un journal comme Essonne Info revêt en quelques sortes un caractère engagé, à l’heure où beaucoup se recroquevillent sur eux-mêmes.

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Ces derniers mois ont confirmé l’attrait d’une telle publication puisque depuis janvier vous êtes chaque mois plus de 100 000 internautes à lire Essonne Info, soit plus de 20% de mieux qu’à la même période en 2014 (voir l’infograpĥie). Vous êtes des dizaines chaque jour à partager ou commenter nos publications, avec un total de 782 réactions de votre part à nos articles. Chaque jour, vous êtes près de 7000 à recevoir notre Newsletter quotidienne, dont la version a changé il y a peu, et qui est désormais envoyée en début d’après-midi (les articles sont en ligne dès 6h le matin).

La suite, c’est avec vous

Notre réussite, c’est aussi d’avoir pu donner une vie et une assise à un journal créé et animé par une équipe jeune, et depuis 5 ans dans une totale indépendance éditoriale. Votre journal numérique est édité et administré par l’APCIE, association dont les membres sont les créateurs et journalistes d’Essonne Info. Il faut savoir que faire vivre un média local sans appartenir à un grand groupe, cela signifie pour ses membres une quantité de ‎sacrifices, n’ayons pas peur du mot : une certaine précarité que l’on s’impose.

Mais le jeu en vaut la chandelle, et à la confiance témoignée par nos lecteurs s’ajoute le soutien sans faille de nos partenaires, à qui nous devons notre existence. Sans ces partenaires, annonceurs et soutiens, nous n’aurions pu atteindre une telle longévité. Nous les remercions tout particulièrement de leur appui depuis ces années. ‎Ce sont des structures et des personnes engagées sur leur territoire qui ont fait le pari de voir en Essonne Info un outil sincère et utile au service du département et de ses habitants.

Des Essonniennes et Essonniens qui ont répondu présents, lors de notre appel à soutien fin 2014. Vous êtes déjà 65 à nous avoir soutenu dans cette campagne de dons lancée cet hiver, ce qui nous a permis de rémunérer des journalistes pigistes supplémentaires et a ainsi favorisé la diversité et la qualité des sujets traités ces derniers mois sur Essonne Info. Vous l’aurez compris, cette sollicitation ouvre la voie à certaines évolutions sur votre journal numérique. La prochaine année sera charnière pour Essonne Info. Il s’agit pour nous d’esquisser les contours de votre quotidien local de demain.

Toujours plus tourné vers ses lecteurs, offrant de nouveaux services, adaptant son interface et ses supports, notamment multimédias, en réponse aux demandes légitimes du grand public à une information locale de qualité : la stratégie de développement d’Essonne Info est en cours d’élaboration. Nous recherchons toujours de nouveaux partenaires, et pensons aux manières de vous impliquer d’avantage dans le devenir de ce média de proximité.

Les locaux d'Essonne Info

Les locaux d’Essonne Info

Nous restons convaincus que l’Essonne, ce territoire si riche et multiple mérite son journal numérique. Il y a tant à raconter et à montrer, un nombre énorme de sujets locaux à décrypter, et la situation de la presse locale est de plus en plus alarmante. En septembre dernier, nous perdions Téléssonne, une antenne locale reconnue et de qualité, moteur du ciment local et de l’identité essonnienne depuis 25 ans. Les médias qui restent sont eux aussi soumis aux aléas d’un secteur économique en crise, qui doit se réinventer pour survivre.

Exister et garder notre indépendance : ce sera le fil conducteur de notre démarche pour ces prochains mois, durant lesquels nous allons travailler sur nous-mêmes, afin de vous proposer à l’automne un journal qui réponde au mieux à vos attentes. Nous devons trouver un équilibre entre nos annonceurs et nos lecteurs. Cette mutation qui s’amorce est de plus aujourd’hui soumise à des interrogations qui nous touchent au plus profond, s’agissant de la discussion parlementaire sur le Projet de loi relatif au renseignement.

Refuser ces atteintes à nos libertés

Le rôle d’un média engagé sur son territoire et ayant une haute idée de la valeur des libertés numériques, est aussi de vous alerter sur ce que nos députés s’apprêtent à voter. Ce projet de loi risque d’entraver le lancement d’alertes citoyennes, et ainsi limiter notre action d’information sur un territoire tel que l’Essonne. Sans mettre en doute le besoin pour un État de droit comme la France de garantir la sûreté publique‎, et de ce fait, de se doter des moyens, notamment humains, de prévenir tout risque extrémiste et que les sinistres attaques de janvier ne se reproduisent plus, il est de notre devoir de refuser la surveillance globale et de masse, en particulier sur Internet, que veut imposer le gouvernent.

Depuis la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) qui s’alarme, jusqu’au Conseil du numérique, qui « s’inquiète d’une extension du champ de la surveillance et invite à renforcer les garanties et les moyens du contrôle démocratique » (lire son communiqué), en passant par de nombreux acteurs d’Internet, du monde associatif, des médias et certains politiques de gauche comme de droite, beaucoup s’opposent à cette « surveillance de masse » sans suffisamment de gardes-fous, prévue par la loi (lire l’appel coordonné par la Quadrature du Net).

Nous nous joignons à ces appels sur Essonne Info, tout comme notre syndicat d’éditeurs de presse le Spiil, qui pointe de « lourdes menaces sur la liberté de l’information ». En cinq ans, combien d’informations diffusées sur Essonne Info par le biais de citoyens engagés, donc demain soumis sans contrôle à la possibilité d’être épiés et surveillés au quotidien. Car potentiellement, personne n’est à l’abris de l’intrusion de masse dans la vie privée. Tout ce qui peut a priori a‎voir des incidences sur l’ordre public est suspect.

Critiquer ou donner son avis sur Facebook, partager certains liens ou tout simplement cliquer par curiosité sur certains sites fera-t-il de nous des suspects? ‎Cela pourra en tout cas clairement être la raison pour laquelle la vie de chacun pourra être fouillée, épluchée, ses contacts et réseaux décortiqués, le tout sans que la justice ait son mot à dire. Ces citoyens, nous les côtoyons tous les jours sur Essonne Info : ce sont vous. A côté de la communication délivrée par les institutions et leurs représentants, il doit pouvoir exister un regard citoyen, alternatif, ‎contradictoire, constructif.. sur nos territoires soumis à d’énormes enjeux sociaux, politiques, économiques.

On ne compte plus sur nos territoires les mobilisations locales partant de Facebook, comme celles de parents d’élèves, les rassemblements spontanés de lycéens en soutien à l’un de leur camarade ou pour défendre leurs conditions d’études, les citoyens se révoltant de projets pouvant avoir des conséquences environnementales ou locales, les mobilisations écologistes ou de défense du cadre de vie, les usagers et salariés de structures culturelles menacées en lutte, les nouveaux conflits sociaux dans le monde de l’entreprise, dans la santé ou les transports, les mouvements dans le monde académique décidant d’actions pour exiger plus de moyens. A chaque rassemblement, les meta-données des participants pourront être récupérées par des traceurs, et les fameuses « boites noires » pisteront nos comportements d’internaute sans limite (l’article de Numerama sur le sujet).

Que dire également des associations travaillant dans les quartiers‎, dont les membres pourraient croiser dans leurs activités des personnes considérées comme suspectes et se voir soumises aussi à un examen approfondi des mails, contacts personnels et familiaux, mais aussi réseaux sociaux et connexions. Des gardes-fous sont annoncés et largement mis en avant par les défenseurs de la loi. ‎Pourtant, ceux-ci ne permettront pas d’exercer un contrôle sain sur les démarches de surveillance de masse, comme le rappellent les nombreux citoyens et journalistes sensibles au devenir de nos libertés individuelles et collective (à écouter, le podcast de l’Atelier des médias de RFI sur le Projet de loi renseignement).