Pour observer les baleines, il ne faut pas aller bien loin : Le fjord du Saguenay, au Québec, est un endroit époustouflant pour observer la vie marine.

Flanqué de pics de granit arrondis qui tombent dans les eaux saumâtres et de grands conifères, le fjord du Saguenay est unique par son isolement. Sculpté dans la terre par le départ des glaciers et les inondations qui ont suivi, c’est un joyau géologique rare.

J’ai pris connaissance de ces faits sur le fjord lors d’une excursion en kayak avec Fjord en Kayak à partir de L’Anse-St-Jean, au Québec, une ville d’environ 1 200 habitants située sur la voie navigable qui va du lac St-Jean à Tadoussac. Le fjord représente 105 kilomètres de ce tronçon et, à Tadoussac, il rejoint le fleuve Saint-Laurent, formant ensemble le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

Grâce au mélange particulier du parc marin – l’eau douce du lac flottant à la surface et devenant saumâtre à cause de l’eau salée du fleuve en dessous – cette masse d’eau présente une étonnante diversité de vie marine.

Une baleine à bosse près du confluent du fjord du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent.

Ici, le Saint-Laurent abrite des mammifères marins comme peu d’autres endroits dans le monde, mais une espèce s’aventure aussi régulièrement dans le fjord. En 1994, Parcs Canada et la Sépaq, l’agence des parcs du gouvernement du Québec, se sont associés pour assurer la conservation de cette espèce en voie de disparition : le béluga. Cette région abrite la population de ces baleines la plus méridionale au monde.

Alors que nous pagayons dans les eaux glaciales, mon guide Mathieu Boulanger-Messier, copropriétaire de Fjord en Kayak, me raconte comment les pêcheurs du 19e siècle ont accusé à tort les bélugas de manger leur précieuse morue. La chasse qui s’en est suivie a fait chuter les populations de ce cétacé souriant d’environ 10 000 à environ 900. Le gouvernement fédéral protégeant le fjord lui-même et les autorités provinciales étant chargées des berges, la navigation dans ces eaux est soumise à une réglementation stricte.

Je vois ces règles en action le lendemain à bord d’un bateau Zodiac conduit par la capitaine Cécile Hauchecorne, lors de ma randonnée d’une heure entre la petite ville et la marina de Tadoussac. Entourée d’un brouillard digne d’un film d’horreur, Hauchecorne ralentit le bateau, et mon cœur se serre lorsqu’elle montre du doigt des formes blanches ondulantes qui nagent dans notre direction.

La rencontre avec les bélugas, qui sont semblables aux humains à bien des égards, suscite une vague d’émotions. Ce sont des créatures sociales dont les vocalisations peuvent sembler humaines, et ils sont l’un des rares animaux à connaître la ménopause, de sorte qu’une fois passé l’âge de la reproduction, les grands-mères aident à prendre soin des jeunes.

Squelettes au centre d'interprétation des mammifères marins du GREMM.

Hauchecorne est un fier membre de l’Alliance Éco-Baleine, une initiative créée en 2011 qui vise à limiter les impacts de l’observation des baleines sur les animaux, créée en partie par le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), un organisme à but non lucratif.

Tadoussac est une ville d’à peine 800 habitants, mais on y trouve des dunes de sable déposées par les glaciers, des boutiques portant des noms de baleines en jeu de mots, et l’impressionnant Centre d’interprétation des mammifères marins du GREMM, où vous trouverez la plus grande collection de squelettes de baleines d’Amérique du Nord. Vous y trouverez la plus grande collection de squelettes de baleines en Amérique du Nord, dont les ossements anciens de Félix le béluga, découverts à Saint-Félix-d’Otis, ce qui prouve que l’espèce est présente ici depuis au moins 10 000 ans.

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Le directeur du centre, Patrice Corbeil, me fait jouer à un jeu qui montre comment les photographes de la région identifient les baleines en fonction de leurs cicatrices, qui résultent souvent d’accidents avec des bateaux. L’été prochain, l’espace sera doté d’un nouveau théâtre, où les visiteurs pourront regarder en direct des images de baleines filmées par des chercheurs à l’aide de drones, ce qui aide les scientifiques à mieux comprendre les comportements des groupes.

L'heure dorée vue du H�tel Tadoussac.

Ce soir-là, je m’endors à l’emblématique Hôtel Tadoussac au toit rouge, avec des images de bélugas plongeant à l’unisson, vues du ciel. Je me réveille avec le soleil et j’apporte mon café sur la terrasse face à la baie de ce monument historique, construit en 1864.

La matinée est radieuse au Centre de découverte de l’environnement marin, où des expositions présentent aux visiteurs la vie en technicolor qui se déroule en dessous : anémone ondulée orange et jaune, étoile de mer couleur corail, et des tonnes et des tonnes de krill. Il s’agit de la population la plus abondante connue de ce minuscule crustacé, ce qui explique pourquoi tant de baleines sont attirées par ces lieux et leur buffet à volonté.

En me dirigeant vers les rochers lisses le long de l’estuaire, j’aperçois des scientifiques avec des seaux au bord de la rive, l’un d’eux émergeant en tenue de plongée, se préparant à une démonstration éducative.

Il ne faut pas longtemps avant qu’un marsouin n’apparaisse, nageoire en premier avant que son dos n’émerge au-dessus des vagues, suivi d’un petit rorqual – deux des 13 espèces de mammifères marins qui passent par ici.

Certaines des plus grandes espèces préfèrent aller plus loin dans les eaux libres, et c’est là que je m’arrêterai ensuite sur un bateau d’expédition de Croisières AML (également membre de l’Alliance Éco-Baleine).

Peu après l’embarquement, l’interprète de la vie marine commence à parler au micro aux centaines d’invités. Elle se moque légèrement de quelqu’un qui demande quand nous verrons notre première baleine : Apercevoir une baleine n’est jamais garanti et demande souvent de la patience.

Une vue du Parc national du Fjord-du-Saguenay.

Une femme britannique à côté de moi marmonne « Come to mama », les yeux fixés sur l’horizon. Alors que le bateau passe le phare de Prince Shoal et que nous commençons à faire demi-tour, notre interprète attire notre attention sur notre droite – sur de l’eau projetée en l’air par une baleine qui expire. Tout le monde à bord semble retenir son souffle à l’unisson.

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Je dois me rappeler que le bateau ne va pas basculer lorsque les passagers se pressent sur le côté pour voir une baleine à bosse qui nous montre sa queue avant de plonger. Je vois la femme britannique qui sourit comme un enfant.

En revenant vers le fjord, je me dirige vers l’endroit où les bélugas femelles passent l’été avec leurs bébés à Baie-Ste-Marguerite, entourée d’une section du Parc national du Fjord-du-Saguenay, où les eaux plus calmes et plus chaudes sont fermées aux bateaux pour la saison.

En me promenant dans le parc, je demande à mon guide Andrée-Laurence Paradis-Roy si les populations de bélugas ont rebondi. Non, ils recueillent de nouvelles données, me répond-elle, mais elle soupçonne que le nombre de bélugas est passé sous la barre des 900. Le changement climatique et la pollution sont les menaces modernes, qui ont supplanté les chasseurs du passé.

Lorsque nous arrivons sur la plage vierge, il n’y a pas un seul bateau en vue, ce ne sont que des vagues tranquilles encadrées par des montagnes. Nous n’apercevons pas de bélugas, mais nous remarquons que trois chercheurs de Parcs Canada s’installent, équipés de puissantes jumelles.

Comme nous, ils gardent les yeux sur l’horizon pour voir les chères baleines blanches, dans l’espoir que leurs marées s’inverseront malgré le réchauffement des eaux, que leur nombre augmentera, qu’elles continueront d’élire domicile dans ce havre protégé.

La rédactrice Caitlin Stall-Paquet a voyagé en tant qu’invitée de Bonjour Québec, Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean et Québec Maritimequi n’a pas revu ni approuvé cet article.

Si vous allez

Comment s’y rendre : Vous pouvez conduire de Montréal à Saguenay en cinq heures, ou prendre un vol direct de Montréal (YUL) à l’aéroport de Saguenay-Bagotville.

Où séjourner: Le Parc Aventures Cap Jaseux à Saint-Fulgence est un terrain de jeu pour tous les âges, avec des sentiers de randonnée, des aventures à la cime des arbres et des kayaks à profusion. Pour l’hébergement, vous avez le choix entre des cabanes dans les arbres, des dômes avec vue sur le ciel, des sphères suspendues ou des cabanes en métal, en fonction de votre tolérance aux hauteurs.

Où dîner: À L’Anse-St-Jean, le pub brasserie La Chasse-Pinte sert des burgers et des tartares de cerf rouge élevé localement, ainsi que des bières maison comme une blonde croustillante infusée au sapin. Si vous êtes à la recherche d’un déjeuner gargantuesque, le Café Bohème de Tadoussac vous propose des petits pains farcis aux crevettes nordiques, des crêpes sucrées et salées et des sandwichs bagels.

Que faire d’autre ?: Rendez-vous dans les bois au Centre de plein air Bec-Scie, où se trouve une rivière protégée, la Rivière-à-Mars. Promenez-vous dans la forêt en compagnie d’un naturaliste pour en apprendre davantage sur les plantes comestibles, l’histoire géologique et la faune.

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