Ils ont pour les prochaines semaines un programme chargé : le Rock’in Kiosque de Saint-Michel, le festival Trace ta route d’Etampes, mais aussi une fête de la musique au Gambrinus le 18 juin prochain. Les quatre musiciens du groupe essonnien la Clé de sous sol jouent dans les pubs et cafés-concert de l’Ile-de-France depuis près de quatre ans maintenant. Mikael, le percussionniste, et Willy, le chanteur et compositeur, que nous recevons ce matin-là, racontent leurs premiers pas ensemble dans le monde de la musique. « On se rencontrait beaucoup au Gambrinus, chacun avec son groupe de l’époque, se rappelle Willy. Mikaël y jouait souvent. Je voulais m’exercer à jouer autrement, c’est comme ça qu’on a commencé à travailler ensemble. Et puis on s’est dit : pourquoi pas un troisième gars ? » C’est ainsi qu’un bassiste, Damien, puis un claviériste, Lionel, les rejoignent. La Clé de sous sol est née. Funk, world, pop… les chansons sont un peu touche-à-tout. Eux préfèrent parler de leur musique en tant que « world acoustique ». « On tape dans tous les styles, décrivent les musiciens. Le festif comme la ballade. » Un premier disque sort, les concerts s’enchaînent.

En français ou en anglais, les textes, eux, sont écrits par Willy. Il détaille : « C’est plutôt la vie de tous les jours qui m’inspire, des constatations. Je ne m’y connais pas assez en politique pour écrire des chansons engagées. Ce sont plus des leçons de vie, comme cette chanson qui parle d’une amie malade qui trouve tous les jours la force de se battre. »

« On sera toujours basé sur le live, la rencontre, le partage »

Il n’est pas facile en 2015 de vivre uniquement de la musique. Mais c’est le pari que font aujourd’hui Mikael et Willy. Chacun a d’autres projets à côté ; Mikael par exemple joue avec le groupe Harold, qui a fait récemment la première partie de Yaël Naim au Plan de Ris-Orangis. « Faut vraiment aimer ce qu’on fait pour continuer », explique ce dernier. Pas facile, non plus, de ne vivre que des concerts, à l’heure où beaucoup de jeunes artistes se font connaître et diffuser sur Internet. « Aujourd’hui le truc c’est de faire le buzz sur Internet en une vidéo… Mais la musique c’est pas ça, c’est aussi des rencontres, et surtout faire des concerts. Nous on sera toujours basé sur le live, la rencontre, le partage », reprend Willy.

Et pour ce qui est de l’avenir de la culture en Essonne, le constat est également amer pour les deux artistes, quand on sait ce que les politiques culturelles publiques apportent aux jeunes qui veulent se lancer dans l’art. « C’est inquiétant ce qu’il se passe en ce moment dans les MJC. On coupe les vivres de la jeunesse, de la culture, alors qu’on sait qu’aujourd’hui la jeunesse ne va pas forcément bien », regrette Mikael.

L’heure n’est pourtant pas au pessimisme pour le groupe. Grâce au Supertremp, un second CD est prévu. Un projet qui voit sa réalisation possible grâce au concours.

*Ce tremplin, réservée aux groupes amateurs, réserve au groupe gagnant entre autres des séances d’enregistrement, mais aussi des dates de concert dans quelques unes des structures partenaires de la MJC.

La Clé de sous sol interprète « Respire » dans les locaux d’Essonne Info :