Adoptée il y a peu, la délibération concernant l’attribution du nom de Serge Dassault à une rue de Corbeil-Essonnes fait débat. Martine Soavi a ainsi saisi le président du tribunal administratif de Versailles à ce sujet.

Lors du dernier conseil municipal du 17 avril, une nouvelle délibération approuvée sans débat, confirmait que le boulevard Jean-Jaurès serait en partie rebaptisé au nom du sénateur et avionneur Serge Dassault. À peine adoptée, cette délibération fait déjà réagir certains Corbeil-Essonnois. C’est notamment le cas de Martine Soavi qui a décidé de porter cette affaire devant les tribunaux. L’ancienne candidate aux élections municipales a ainsi déposé un recours qu’elle a adressé au président du tribunal administratif de Versailles.

Cette dernière estime que la délibération approuvée par le maire de la commune Jean-Pierre Bechter est illégale et qu’elle ne serait pas conforme au principe de neutralité. « Monsieur Serge Dassault est toujours en vie, il exerce toujours des responsabilités politiques : il est sénateur de notre ville et loue, pour cette activité de parlementaire, un bureau en Mairie. Il est régulièrement candidat à des élections locales, son nom symbolise clairement et sans ambiguïté une revendication d’opinion politique incompatible avec la neutralité sur service public », explique dans sa lettre celle qui s’inscrit dans une démarche citoyenne.

En plus de cela, cette délibération serait illégale, car elle donnerait « une mauvaise image de la ville et d’un quartier », souligne Martine Soavi. « Le nom de monsieur Serge Dassault est actuellement lié à de nombreuses affaires judiciaires dévoilées dans la presse locale et nationale et internationale, dans la presse écrite ou la presse télévisée. Ces affaires ne sont pas propices à donner une bonne image de la ville étant donné qu’il fait l’objet de cinq affaires judiciaires […] Bien que respectant le principe de la présomption d’innocence, nous ne devons pas prendre le risque de devoir débaptiser un boulevard dans quelques mois au prétexte qu’il y aurait eu une erreur manifeste d’appréciation non relevée par l’autorité juridique ». Il ne reste maintenant plus qu’à savoir quelles suites donnera le tribunal administratif de Versailles à cette demande.