Suite à l’adoption d’un schéma régional de coopération intercommunale modifié, les villes qui ne sont toujours pas rattachées à un ensemble n’ont plus que quelques jours pour faire connaître leur choix. Alors que la date butoir approche, certaines villes organisent des consultations citoyennes pour savoir dans quelle direction aller.

Agglo

 

Huit mois après sa parution, le premier jet du schéma régional de coopération intercommunale (SRCI) a bien évolué. Les trois agglomérations géantes qui devaient voir le jour ont toutes disparu des programmes au profit de cinq nouvelles intercommunalités à taille « plus humaine ». Adopté lors des dernières commissions régionales de coopération intercommunale (CRCI) en février dernier, ce nouveau plan devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2016. Les contours de ces nouvelles collectivités territoriales ne devraient plus bouger, en tout cas sur les grandes lignes. Car oui, jusqu’à l’arrêt du périmètre par le préfet de l’Essonne fixé au 19 mai prochain, nous ne sommes pas à l’abri de voir encore quelques modifications.

Ces changements de dernières minutes devraient concerner dans la quasitotalité des cas, les communes dites « orphelines » d’agglo. Ces villes se retrouvent seules aujourd’hui, car elles formaient des intercommunalités avec des communes situées en petites couronnes. Or, l’ensemble des communes présentes dans les départements de la petite couronne ne doit former plus qu’un seul bloc à partir de janvier 2016, celui de la Métropole du Grand Paris (MGP). Ainsi, des communes comme Verrières-le-Buisson, Wissous et Varennes-Jarcy qui appartiennent respectivement à la communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre (CAHB) pour les deux premières et à la communauté de communes du Plateau Briard (CCPB) pour la dernière, se retrouvent seules. Ces communes devront se servir de ces dernières semaines pour se positionner sur un rapprochement avec la MGP d’une part, soit avec une autre intercommunalité d’autre part. Alors que Verrières-le-Buisson est en attente de son intégration à la métropole du Grand Paris, certaines doivent encore se positionner.

Varennes-Jarcy fait le choix de la ruralité

Ce choix, Varennes-Jarcy l’a fait pas plus tard que ce mercredi 22 avril. Initialement placée par le préfet de région de l’époque au sein d’un ensemble qui réunit la CA Sénart-Val de Seine (CASVS) et le Val d’Yerres (CAVY), cette petite commune de près de 2 500 âmes a pu choisir sa nouvelle destination. « Les différents préfets des départements et de la région nous ont laissé le choix », confirme le maire Jean-Marc Jubault. Pour cette commune, le choix se résume à trois possibilités.

La première possibilité aurait été « de suivre les cinq autres communes partenaires vers la métropole du Grand Paris, explique l’édile varennois. Pourtant, nous avons évacué ce choix rapidement ». La raison, un manque d’informations sur le fonctionnement de cet ensemble. « Pour le moment, rien n’est vraiment défini pour la métropole », déplore Jean-Marc Jubault. Mais ce qui a poussé la commune à se positionner contre la MGP touche notamment à la question de l’urbanisme. « Il est possible que la maîtrise de l’urbanisme devienne une compétence de la métropole. Dans ce cas-là, Varennes-Jarcy ne sera plus du tout maître de son urbanisme et cela peut se faire à ses dépens ».

La question de l’urbanisme préoccupe ainsi beaucoup les élus de la majorité de la commune, et pour cause. « Aujourd’hui, Varennes-Jarcy c’est deux tiers de zones naturelles. Nous cherchons à conserver ce cadre de vie que de nombreux habitants plébiscitent », assure le maire. Or, une adhésion à l’ensemble créé par l’union de la CAVY et de la CASVS pourrait aller à l’encontre de ce principe également. « En étant le seul village de ce nouvel ensemble avec un foncier constructible important, inutile de dire qu’en rejoignant cette intercommunalité, nous devrons bâtir encore plus », affirment des conseillers municipaux de la majorité. À cela, si Varennes-Jarcy rejoint cette agglo, la commune devra « faire face à une fiscalité différente qui serait au désavantage des Varennois. Les impôts grimperaient de manière significative », ajoute le maire.

Finalement, le dernier choix devrait être le bon. Il s’agit d’un rapprochement avec la communauté de communes de l’Orée de la Brie qui regroupe des villes comme Brie-Comte-Robert. Cette intercommunalité de 23 000 habitants, qui n’est pas soumise au regroupement territorial du fait qu’elle ne se situe pas dans une zone d’unité urbaine, pourrait être une bonne terre d’accueil pour la commune. « Nous avons de nombreux points communs avec cette intercommunalité. Elle est composée de villes ou villages avec les mêmes problématiques que les nôtres et avec la même physionomie que la nôtre. Il y a plus de possibilités d’entente avec eux notamment en termes d’urbanisme », analyse Jean-Marc Jubault.

C’est donc tout naturellement vers ce choix que le conseil municipal a opté à la quasi-unanimité. Cette option intervient également suite au résultat de la consultation des habitants sur ce sujet. Le 12 avril dernier, 37% de la population s’est déplacée pour ce vote et le résultat a été un plébiscite pour l’intercommunalité du 77. « 93% des votants se sont exprimés pour un rapprochement avec l’Orée de la Brie, note le maire. C’est signe que les habitants sont attachés à leur cadre de vie ».

Wissous s’en aussi remet à sa population

Varennes-Jarcy doit maintenant attendre le retour de la communauté de communes de l’Orée de la Brie qui statuera sur ce point le 15 mai prochain. Pour les autres communes « orphelines » de l’Essonne, la situation est globalement la même. Pour Wissous, c’est exactement le même mode opératoire que celui suivi par Varennes-Jarcy. La ville limitrophe de l’aéroport d’Orly organisera prochainement une consultation de sa population.

En novembre dernier, la commune s’est prononcée contre l’entrée dans la Métropole du Grand Paris. Cela faisait notamment suite à une première votation citoyenne. Le taux de participation était par ailleurs plus faible qu’à Varennes-Jarcy puisque seulement un quart des électeurs s’était déplacé. Prévue dans la démarche initiée en 2014 par le maire Richard Trinquier, une nouvelle consultation des Wissoussiens se tiendra le 3 mai prochain. L’objectif cette fois-ci : choisir entre une intégration à la CA des Portes de l’Essonne (CALPE), ou avec l’ensemble créé par l’union de la CA du Plateau de Saclay et de la CA d’Europ’Essonne. Toutefois, une volonté d’adhésion à la CALPE serait « faire machine arrière, étant donné qu’elle intégrera dans un avenir proche la métropole », indiquait il y a peu Richard Trinquier.

Que ce soit pour Wissous, Varennes-Jarcy ou encore pour Verrières-le-Buisson qui est toujours dans l’attente de son adhésion à la métropole du Grand Paris, le sort de ces trois communes sera fixé dans la seconde moitié du mois de mai.