Ce dimanche 27 mars avait lieu le second tour des élections cantonales. Au sortir d’un scrutin qui accuse une relative stabilité dans la participation, au niveau départemental, la gauche, et le Parti Socialiste, se voient à la tête d’une majorité confortée de 26 membres sur 42 élus.

  • Photo : Guy Bonneau (EELV) et Jérôme Cauet (PS), les nouveaux conseillers généraux des cantons de Massy-Ouest et Montlhéry

C’est une victoire totale pour le Parti Socialiste. Non seulement, le principal parti politique essonnien conserve les sièges qu’il détenait depuis 2004, mais il gagne également les cantons de Monthléry face au divers droite François Pelletant, et remporte celui de Vigneux. Avec l’arrivée de la suppléante de Jean-Loup Englander à l’assemblée départementale, c’est à la tête d’un groupe de 20 membres que le PS composera le futur exécutif. Certains candidats remportent haut la main les suffrages, en mobilisant deux tiers des électeurs. C’est le cas de Pascal Fournier à Arpajon (67,08%), Romain Colas à Epinay-sous-Sénart (73,66%), Claire-Lise Campion à Etrechy (64,85%), Francis Chouat à Evry-sud (69,31%) ou encore David Ros à Orsay (63,57%). « L’autorité du PS est renforcée dans le département » se félicite Carlos Da Silva, le secrétaire de la fédération de l’Essonne du PS. Le 26è élu de gauche au Conseil général s’appelle Jérôme Cauet. Le jeune inspecteur du travail décrit sa victoire comme « l’intérêt général qui a remporté » sur son canton de Monthléry.

Les trois élus sortants communistes, qui étaient en lice, conservent leur siège. Bruno Piriou est réélu sur le canton de Corbeil-Essonnes Ouest, face à l’adjoint UMP de la ville Sylvain Dantu. A Morsang-Fleury, Marjolaine Rauze conserve son siège, dans un duel face au FN. Comme en 2004, Claude Vasquez réalise 100% à Grigny. Suite au désistement de son adjointe socialiste Fatima Ogbi, arrivée en seconde position, il s’était retrouvé seul candidat en lice pour le second tour. A Grigny, qui possède par ailleurs le triste record du taux d’abstention départemental (74,09%), 26,88% des personnes qui se sont rendues aux urnes, soit 779 personnes, ont effectué un vote blanc ou nul.

Sur les deux cantons perdus par le Parti de Gauche, la gauche remporte les voix et permet à Didier Hoeltgen à Vigneux, ainsi que Guy Bonneau à Massy-ouest d’entrer à l’assemblée départementale. Ce dernier fait revenir les écologistes dans la gestion du département.

Le retour des écologistes au département

Ce scrutin marque ainsi le retour de la sensibilité écologiste dans l’instance essonnienne. Celui qui se dit « heureux de représenter la voie des verts au sein du Conseil général » s’appelle Guy Bonneau. Elu d’un canton de Massy aux côté de Jérôme Guedj, il compte sur cette proximité pour « collaborer avec le nouveau président pour faire valoir les idées des verts » à l’échelle du département.

Pour Hervé Pérard, co-secrétaire d’Europe Ecologie-Les Verts en Essonne, cette entrée sera « utile » à la majorité départementale de gauche. « Je suis vraiment content, parce qu’on avait perdu de la visibilité, nous allons pouvoir faire avancer nos idées » précise-t-il.

L’UMP conserve ses bastions

Cinq sortants, cinq élus, c’est le bilan de cette élection pour le parti présidentiel. Le passage de témoin a été réalisé à Draveil, où Florence Fernandez De Ruidaz garde le siège dans le sillon de la droite. A Méréville, Gif-sur-Yvette, Milly-la-Forêt et Dourdan, les sortants, bien implantés, conservent leur représentation au département. « C’est moins pire que ce que cela aurait pu être » confie Jacques Lebigre, secrétaire de l’UMP en Essonne. Le parti présidentiel avait été éliminé dès le premier tour dans neuf cantons, dont huit face au FN. « L’abstention, c’est ça le vrai problème » conclut-il.

Le grand vainqueur, prévisible, s’appelle une nouvelle fois le parti de l’abstentionniste. La participation, à l’échelle du département, est stable, avec 45,85 % de votants. Mais cette relative stabilité révèle en réalité de fortes disparités selon les cantons et le contexte local. Draveil et Méréville voient ainsi leur participation baisser de cinq points dans l’entre-deux tours. De l’autre côté, les cantons d’Evry-sud, Arpajon, Athis-Mons et Chilly-Mazarin enregistrent un petit sursaut des votants, avec une plus forte mobilisation des électeurs de plus de trois points supérieure au premier tour.

Le Front National aura avec ce scrutin en Essonne, joué le rôle de trouble-fête, influençant nettement les scores de participation dans les communes et cantons concernés.

Dossier de la rédaction coordonné par Julien Monier, avec Fiona Moghaddam