Vives protestations au siège de l’association humanitaire musulmane Baraka City de Courcouronnes. Ses responsables s’insurgent contre l’utilisation de leurs vidéos pour illustrer un documentaire diffusé dimanche soir sur LCP et titré « Djihad 2.0 ».

De l’humanitaire musulman au Djihad, il n’y a qu’un pas? C’est en tout cas l’idée développée par Olivier Toscer dans un documentaire diffusé dimanche soir sur LCP et appelé « Djihad 2.0 ». Il y est principalement question du recrutement des filières terroristes via de la propagande sur internet. Le film montre diverses vidéos diffusées sur le net et les réseaux sociaux, et interroge plusieurs experts du phénomène de radicalisation.

Et parmi les extraits mis à l’écran par le réalisateur, figurent des illustrations visant à expliquer les passerelles qui existeraient entre certaines démarches humanitaires en direction de pays en guerre, et l’action de recruteurs de filières djihadistes. C’est dans cette partie du documentaire que les membres de l’ONG Baraka City ont reconnu des images prises sur leurs vidéos de communication.

« Des donateurs nous ont contactés, je suis tombé de haut » indique le président de l’association Idriss Sihamedi, « c’est atroce ce qu’ils ont fait, on me voit à l’écran, flouté. J’ai été instrumentalisé, traîné dans la boue » s’insurge-t-il. L’association islamique s’est ainsi lancée dans une campagne de protestation contre la chaîne publique, invitant ses soutiens à inonder le standard téléphonique de LCP et leurs boites mails.

« On a réagi dès qu’on a su »

La réaction ne s’est pas faite attendre. Le lendemain de la diffusion et face à l’afflux de protestations, LCP réagit et décide de retirer de son film les images montrant l’association essonnienne. Eric Moniot, le directeur des programmes, reconnaît l’erreur commise : « on pouvait difficilement anticiper une telle réaction, l’association n’est pas évoquée et les personnes sont floutées. Cela dure 5 secondes et est passé inaperçu quand nous visionnons. Effectivement ça peut prêter à confusion pour ceux qui se reconnaissent dans le film, on a donc réagi dès qu’on a su ».

Des explications qui ne semblent pas suffire à Baraka City, qui annonce vouloir porter plainte pour atteinte à son image. « Les internautes et donateurs sont indignés, il s’agit d’un amalgame dégueulasse. Nous sommes une organisation intègre et avons aidé 2 millions de personnes sur 2014/2015 » assure Idriss Sihamedi. Bien que LCP jure n’avoir « pas eu connaissance de la présence de Baraka City » dans le film, l’ONG souhaite maintenant que la chaîne « assume » et promet « d’intensifier la mobilisation ».

Car pour Idriss Sihamedi, le problème est plus large : « il y a un problème avec nous car nous sommes de confession musulmane, ce n’est pas la première fois que nous sommes visés ». Il y a deux mois, l’association s’était plainte d’une visite de police dans ses locaux de Courcouronnes, suite au décollage d’un drone depuis son parking (lire notre article).