Élections au Québec : Que promettent les cinq principaux partis avant le scrutin du 3 octobre ?

MONTRÉAL – Les élections québécoises auront lieu le 3 octobre et, pour la première fois, cinq partis ont une chance de remporter au moins un siège à l’assemblée législative de 125 sièges. Voici la position des partis sur certains thèmes majeurs.

Économie et coût de la vie

La Coalition Avenir Québec promet de réduire les impôts sur le revenu d’un total de 2,5 % sur 10 ans, avec une première réduction touchant les deux tranches d’imposition les plus basses en 2023. Le parti promet également de réduire les chèques de cette année jusqu’à 600 $ pour environ 6,4 millions de Québécois. Le chef du parti, François Legault, affirme que s’il est réélu, la CAQ consacrera également 1,8 milliard de dollars au logement social et abordable au cours du prochain mandat.

Le Parti libéral du Québec promet de réduire les impôts sur le revenu pour les deux tranches d’imposition les plus basses et de les augmenter pour les « super riches ». Il s’engage également à abolir la taxe de vente du Québec sur la première tranche de 4 000 $ de la facture annuelle d’électricité et sur certains produits de première nécessité comme le dentifrice, le shampooing et certains médicaments.

Québec solidaire promet un impôt annuel sur la fortune commençant à 0,1 pour cent pour les actifs valant 1 million de dollars, jusqu’à 1,5 pour cent pour les actifs valant 100 millions de dollars ou plus. Le parti propose également un impôt sur les successions de 35 pour cent sur les actifs de plus d’un million de dollars ou plus. Québec solidaire promet également de suspendre temporairement la taxe de vente sur des articles tels que les aliments, les médicaments et les vêtements, et il affirme qu’il augmentera le salaire minimum à 18 $ l’heure.

Le Parti conservateur du Québec promet de réduire l’impôt sur le revenu – rétroactivement à l’exercice 2022 – de 15 % à 13 % pour les premiers 46 295 $, puis de 18 % à 20 % pour les revenus compris entre 46 295 $ et 92 580 $. Le parti s’engage à suspendre la taxe provinciale sur l’essence. Les conservateurs promettent également de réduire la taxe de vente sur les biens de consommation usagés.

Le Parti Québécois promet de distribuer des  » allocations de pouvoir d’achat  » uniques de 1 200 $ pour les personnes dont le revenu est inférieur à 50 000 $ et de 750 $ pour les personnes dont le revenu se situe entre 50 000 $ et 80 000 $.

L’identité québécoise

La CAQ promet de ne pas organiser de référendum sur l’indépendance ; elle affirme que son projet pour le Québec se situe à l’intérieur du Canada – malgré le fait que le parti a désigné plusieurs souverainistes de premier plan comme candidats. La CAQ dit qu’elle investira jusqu’à 40 millions de dollars dans 20 chaires de recherche en études québécoises, et le parti s’engage également à investir 40 millions de dollars supplémentaires pour restaurer et entretenir les édifices religieux de la province.

Les libéraux promettent de vider de leur substance les principaux articles de la loi québécoise sur la laïcité – connue sous le nom de projet de loi 21 – afin de permettre aux enseignants de porter des symboles religieux au travail et de supprimer l’utilisation de la clause dérogatoire qui protège la loi contre les contestations judiciaires. Le parti affirme qu’il réformera également la loi sur la langue de la CAQ – le projet de loi 96 – afin d’accorder à tous les francophones et allophones le droit de fréquenter des collèges anglais et de supprimer l’obligation pour les immigrants de communiquer avec le gouvernement en français dans les six mois suivant leur arrivée.

Québec solidaire promet que s’il est élu, il lancera immédiatement une assemblée pour établir la constitution d’une nation québécoise indépendante. Le résultat de ces consultations serait soumis à un référendum. Le parti s’engage également à abolir le poste de lieutenant-gouverneur, qui est le représentant du roi dans la province.

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Les conservateurs promettent d’annuler le projet de loi 96, qui, selon eux, divise et cible la communauté anglophone. Le parti ne touchera pas à la loi sur la laïcité, le projet de loi 21, cependant.

Le PQ s’engage à tenir un référendum sur l’indépendance du Québec au cours de son premier mandat ; il promet également de nommer un ministre responsable de la souveraineté du Québec. Le parti veut déposer une nouvelle loi linguistique plus sévère, qui comprendra des mesures visant à empêcher tous les non-anglophones de fréquenter les collèges anglophones.

Environnement

La CAQ promet de réduire les gaz à effet de serre de 37 %, par rapport aux niveaux de 1990, d’ici 2030 et de faire en sorte que la province ait des émissions nettes nulles d’ici 2050. M. Legault affirme que la seule façon d’atteindre ces objectifs est d’avoir plus de barrages hydroélectriques, et il dit qu’il ordonnera à la société d’hydroélectricité de la province d’analyser quelles rivières peuvent être endiguées.

Les libéraux promettent de réduire les gaz à effet de serre de 45 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030. Le parti dit vouloir des investissements publics et privés de 100 milliards de dollars d’ici 2050 pour que la province devienne neutre en carbone à ce moment-là. Les libéraux promettent de créer une nouvelle société d’État pour coordonner le développement de l’industrie de l’hydrogène vert de la province. Le parti affirme qu’il rendra le transport en commun gratuit pour les étudiants et les personnes âgées de 65 ans et plus.

Québec solidaire promet de réduire les gaz à effet de serre de 55 %, par rapport aux niveaux de 1990, d’ici 2030 et d’atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050. Le parti dit qu’il imposera une surtaxe de 15 % à l’achat de nouvelles voitures qu’il considère comme très polluantes. Québec solidaire dit qu’il créera un système ferroviaire de trains électriques à travers la province, qu’il construira un « vaste réseau » de bornes de recharge de voitures électriques et qu’il interdira la vente de voitures à essence d’ici 2030.

Les conservateurs n’ont pas d’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le parti souhaite plutôt que le Québec développe ses ressources en combustibles fossiles, comme le gaz de schiste, pour les exporter en Europe. Les conservateurs promettent de créer un programme de bourse du carbone, de relancer un projet de gaz naturel liquide dans la région du Saguenay et de supprimer progressivement les subventions aux véhicules électriques.

Le PQ promet de réduire les gaz à effet de serre de 45 %, par rapport aux niveaux de 1990, d’ici 2030. Le parti veut imposer une taxe de 25 % sur les  » profits excessifs  » des sociétés pétrolières et gazières et il veut créer un bureau provincial de la concurrence pour enquêter sur les  » cartels  » dans l’industrie de l’essence.

Immigration

La CAQ promet de maintenir les niveaux d’immigration à environ 50 000 nouveaux arrivants par an, affirmant que la province a atteint sa capacité d’intégrer les immigrants et de leur enseigner le français. La CAQ promet que, si elle est réélue, elle incitera davantage d’immigrants à s’installer dans la ville de Québec et dans d’autres régions à l’extérieur de Montréal.

Les libéraux proposent un objectif initial d’immigration de 70 000 personnes par an s’ils sont élus et de travailler avec les régions individuelles pour déterminer leurs besoins réels en matière d’immigration. Le parti dit vouloir obtenir du gouvernement fédéral le plein contrôle du programme des travailleurs étrangers temporaires et augmenter les budgets pour la formation en français.

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Québec solidaire promet d’augmenter l’immigration annuelle entre 60 000 et 80 000 personnes par an. Le parti propose également d’accueillir davantage de réfugiés et de personnes fuyant les problèmes liés aux changements climatiques dans leur pays d’origine.

Les conservateurs affirment que la province devrait accepter les immigrants en fonction de leur  » compatibilité civilisationnelle  » – c’est-à-dire s’ils acceptent des valeurs telles que l’égalité entre les hommes et les femmes et l’acceptation de la communauté LGBTQ – et en fonction de leur capacité à parler le français. Le parti diminuerait le nombre d’immigrants acceptés chaque année jusqu’à ce que l’économie soit suffisamment forte.

Le PQ veut réduire l’immigration à 35 000 personnes par an, arguant que les immigrants ne résolvent pas les pénuries de main-d’œuvre. Le parti veut s’assurer que tous les immigrants économiques de la province aient une connaissance du français. Le PQ promet d’augmenter le financement pour l’intégration des immigrants, et il veut que la moitié de tous les immigrants s’installent dans les régions à l’extérieur des grandes villes.

Soins de santé

La CAQ promet d’ouvrir d’ici 2025 deux centres médicaux privés – un à Montréal et l’autre à Québec – qui offriraient des services de santé entièrement subventionnés par le système d’assurance public. Le parti ne promet plus que chaque Québécois aura accès à un médecin de famille – une promesse ratée de l’élection de 2018. Il lancerait plutôt une plateforme numérique de santé qui dirigerait les gens vers le bon professionnel de la santé, comme des médecins, des infirmières ou des pharmaciens.

Les libéraux disent qu’ils s’engagent à offrir un médecin de famille à tous les Québécois, et ils promettent que les personnes atteintes de maladies chroniques, les aînés et les personnes ayant des problèmes de santé mentale seront en tête de liste. Le parti promet de consacrer 6 milliards de dollars supplémentaires aux soins de santé. Il s’engage également à améliorer les conditions de travail des infirmières en augmentant le ratio personnel-patients.

Québec solidaire promet de lancer un programme universel de soins dentaires qui couvrirait entièrement les coûts pour les personnes de moins de 18 ans et, pour les adultes, couvrirait 80 pour cent des coûts de nettoyage des dents et 60 pour cent des coûts pour des procédures telles que les canaux radiculaires et les obturations. Le parti s’engage également à créer une société pharmaceutique d’État qui produirait des vaccins et des médicaments. Le parti veut également lancer des cliniques communautaires ouvertes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans toute la province, qui seraient le point d’entrée du public dans le réseau de soins de santé.

Les conservateurs encourageraient les Québécois à se faire soigner dans le système de santé privé s’ils ne peuvent être traités dans le secteur public dans un délai raisonnable ; tous les soins seraient payés par le gouvernement. Le parti souhaite également supprimer la loi interdisant aux médecins de choisir entre les systèmes de santé public et privé et leur permettre de travailler dans les deux.

Le PQ promet d’investir massivement dans les soins à domicile pour les personnes âgées et de tripler le nombre d’heures de soins offerts d’ici quatre ans. Le parti s’oppose à l’ajout d’éléments privés dans le système de santé et s’engage plutôt à attirer et à retenir davantage de travailleurs de la santé en améliorant les conditions de travail dans le système public.

Ce reportage de La EssonneInfo a été publié pour la première fois le 29 septembre 2022.

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