Dans le cadre de son Festival Street Art, l’agglo d’Évry fait venir des artistes pour investir les murs et les rues de ses communes. Présent à Évry depuis le début de semaine, l’artiste brésilien à la renommée mondiale Cranio a dessiné une fresque monumentale engagée sur la façade d’un gymnase.

Ses personnages bleus ont fait de lui un artiste à la renommée mondiale. « Lui », c’est le graffeur brésilien Cranio. Après des passages remarqués en Angleterre, en Espagne ou encore aux États-Unis, l’artiste brésilien a posé depuis quelques jours ses bagages en France, et notamment en Essonne. Et c’est à Évry que l’on retrouve cet homme reconnu pour ses fresques murales engagées.

Depuis la fin de semaine passée, Cranio se livre à ce qu’il sait faire de mieux, dessiner. Son nouveau terrain de jeu, l’une des façades du gymnase du lycée du Parc des Loges d’Évry. En quelques jours, l’homme s’est approprié ce mur gigantesque jusque-là vierge de tout dessin.

L’arrivée de Cranio en Essonne s’inscrit dans le programme lancé par la communauté d’agglomération d’Évry-Centre-Essonne, dont le but est de développer un projet dédié à l’art urbain. Depuis janvier 2015 et durant deux ans, des artistes issus du territoire, de renommée nationale ou internationale, viennent investir les murs des six villes qui composent l’agglomération afin de mettre de la couleur et de la poésie dans la ville. Le tout pour ancrer le Street Art et plus largement la pratique artistique et culturelle dans l’ADN du territoire. Après le passage de Clet notamment, Cranio laisse à son tour une empreinte indélébile de son passage dans la capitale essonnienne.

Une critique de la société de consommation

L’œuvre de l’artiste a le mérite de ne pas passer inaperçue. Outre sa taille monumentale, cette fresque rayonne également par ses couleurs vives. Du vert, du jaune, du rouge, du rose et surtout du bleu couvrent donc la façade du gymnase. Car oui, le bleu est l’une des couleurs de prédilection de l’artiste brésilien. Pour cause, c’est de cette couleur que Cranio réalise ses personnages fétiches – des Indiens – qu’il met en scène dans chacune de ses fresques.

Pour la réalisation de ce mur, plusieurs Indiens bleus sont sortis de l’imaginaire du graffeur. Reconnu pour ses prises de position, Cranio n’a donc pas dérogé à la règle qu’il s’est fixée. Par le biais de cette immense fresque, il cherche ainsi à faire réfléchir les passants sur un sujet en particulier. Et ce thème, c’est celui de la société de consommation. « Le but de ce dessin est de montrer la place que prend la société de consommation dans nos vies », commente l’artiste. À en voir le dessin, cette dernière occupe une place très voir parfois trop importante selon Cranio. « Le personnage principal recrache tout ce que la société de consommation lui a apporté », explique le graffeur.

Les symboles sont nombreux, comme les chaussures Nike ou encore la présence des superhéros Batman ou Superman. Vous l’aurez compris, c’est donc avec beaucoup d’humour et parfois même de cynisme que Cranio distille ses messages.