Les mesures votées lundi soir en conseil municipal ne passent auprès d’une partie de la population, bien décidée à contester les fermetures de la Savinière, la MJC, la crèche familiale et plusieurs activités jeunesse.

Il flotte comme un air de révolte à Savigny ces derniers jours. Pas une journée sans son appel à manifester, ses rassemblements spontanés devant les écoles, les regroupements à la MJC et autour de la crèche familiale. Avec la confirmation des mesures chocs approuvées par la municipalité en conseil municipal lundi soir (lire notre article), la tension ne semble pas prête de retomber en ville.

Personnels de la crèche familiale, usagers de la Maison des Jeunes et de la Culture ou encore groupes de parents d’élèves lancent plusieurs appels à mobilisation. Mercredi matin, c’est un groupe de salariées de la crèche et de parents qui a fait le siège de l’hôtel de ville, avant que le maire ne reçoive une délégation. « Il y avait moins de verve que lundi et un discours plus posé, nous avons pu discuter » raconte le maire Eric Mehlhorn.

Selon lui, les assistantes maternelles, qui ont pris la nouvelle de la fermeture comme un traumatisme et craignent pour leur avenir, « ont très bien compris » ses arguments : « le budget est voté, je ne vais pas faire machine arrière ». Et de leur poser « la même question » qu’il a formulé à la presse et ses contradicteurs : « si je remets 700 000 euros pour la crèche, qu’est ce que je supprime d’autre? ».

Rassemblements ce jeudi et dimanche

Une question qu’il risque de reposer à ses multiples opposants, ‎dont les rassemblements de protestation vont augmenter dans les prochains jours. Dès ce jeudi soir, rendez-vous était donné par le collectif de parents à 16h30 devant la mairie, afin d’interpeller de nouveau le maire et tenter de lui faire faire machine arrière. « C’est toute l’enfance et la culture qui sont touchées, c’est lamentable » se plaint Cynthia, parent d’eleves mobilisée, « ils disent qu’ils veulent remplacer la crèche par un relais d’assistantes maternelles mais ils n’y connaissent rien car on perd vraiment au change ».

Du côté de la MJC‎, le Conseil d’administration de la structure se réunissait en urgence ce jeudi soir, mais « la mobilisation générale » est déjà décrétée. Un appel à rassemblement est lancé pour le jour de la brocante dimanche, à 15h boulevard Aristide Briand. Selon Didier Michou son directeur, « l’equipe du maire nous a complètement méprisé. Alors qu’il y a 10 mois, Eric Mehlhorn se félicitait du travail de la MJC en venant parader aux 50 ans de la structure, aujourd’hui il doit considérer qu’il faut tout jeter aux chiens ».

Amer, le responsable de l’équipe de 10 permanents les a prévenus : « on n’a rien à perdre désormais, on doit en sortir la tête haute et ne pas maltraiter les salariés ». « Et le plus grand regret du maire, c’est que l’information ait fuité pendant le week-end » reproche Didier Michou à Eric Mehlhorn. Ce dernier ne conteste pas avoir « utilisé les relais d’informations » que sont les médias pour présenter ses mesures, et pense « qu’on n’aurait pas eu les mêmes réactions » sans la sortie d’un article du journal Le Parisien le samedi.

Corot Savigny mairie (JM/EI)

Les jeunes ont fait le pied de grue en mairie pour demander à rencontrer les élus (JM/EI)

« Rassembler tout le monde »

Ces différents mouvement issus de l’associatif et du monde des parents tentent de s’organiser et souhaitent tous converger. Les rassemblement de ce jeudi 16h30 et de dimanche 15h sont ainsi mutuellement soutenus par les différents collectifs. « On est complètement solidaires des parents, il ne faut pas dissocier les combats » juge le directeur de la MJC. Pour Cynhtia, l’une des parents d’élèves mobilisée, il s’agit de « rassembler tout le monde, les parents et toutes tendances confondues » pour réorienter les choix de la municipalité.

« Dimanche il y aura plus de manifestants que de brocanteurs » prédit le conseiller municipal d’opposition Jean-Marc Defrémont. Les élus de chaque bord s’organisent également pour contester les décisions prises lors du conseil municipal de lundi. « Un recours sera déposé au Tribunal administratif » annonce l’élu d’opposition PS. David Fabre (UDI) a pour sa part « envoyé le recours au Préfet dès le lendemain du Conseil. Il y a matière à annuler les DOB et le budget » croit-il. L’élue FN Audrey Guibert lui a également écrit « pour objectif de demander à Monsieur le Préfet de saisir le Tribunal Administratif compétent afin de faire annuler la délibération portant sur le vote du budget primitif 2015 ».

Des critiques qui dépassent même le cadre de la commune, puisque Savigny est pointé du doigt par plusieurs acteurs essonniens pour ses coupes budgétaires. « Les pauvres deviennent une variable d’ajustement » réagit le délégué du Secours catholique 91 Laurent Lurton à l’annonce de la suppression de la « modeste » subvention ‎accordée jusque là à l’antenne locale de l’association. Les Jeunes socialistes de l’Essonne dénoncent quant à eux un « assassinat » de la culture en Essonne en citant plusieurs cas de « remise en question » d’équipements comme à Savigny, « au nom de logiques gestionnaires ». « Quand on proposa à Churchill de couper les dépenses culturelles pour financer la guerre, il répondit « Mais alors, pourquoi nous battons-nous ? » » lancent les militants de gauche à l’adresse des mairies gérées par la droite qui coupent certains budgets.

Des critiques qui n’atteignent pas Eric Mehlhorn, qui assure avoir reçu « des marques de soutien » de la part de plusieurs de ses administrés, quant à la méthode employée sur le budget. « Je ne me satisfaits pas des décisions que je suis obligé de prendre, c’était soit ça, soit 27% d’augmentation d’impôts, j’assume » ajoute-t-il à Essonne Info.