Fin du centre de vacances en Vendée, fermeture de la crèche familiale, de la MJC, et arrêt des activités d’été : la ville de Savigny coupe dans ses dépenses pour son budget présenté ce lundi soir.

C’est ‎un plan d’économies jamais vu que s’apprêtent à approuver les élus saviniens, avec le vote du budget 2015 par le conseil municipal. Les dépenses d’investissement sont réduites de moitié, passant de 10,8 Millions d’euros en 2014 à 5,2M€. Concernant le fonctionnement, la ville réduit la voilure de plus de 10% et coupe plusieurs dispositifs municipaux ainsi que des subventions. Les débats promettent d’être houleux pour cette séance, car les annonces du maire Eric Mehlhorn (UMP) font déjà du bruit.

Elu en mars dernier 2014, le maire explique avoir hérité d’une situation complexe : « l’équipe précédente n’a pas tenu compte du contexte financier », et de décrire des baisses de recettes à hauteur de 5,6 millions pour la ville, par rapport à un précédent budget s’établissant à 49M€. La ville perd ainsi des dotations, ainsi que des compensations de l’agglomération. Un audit commandé l’année dernière, plus un rapport de la Chambre des comptes, justifient pour Eric Mehlhorn la nécessité de procéder à de larges coupes dans les dépenses. Avec l’objectif affiché de « ne pas augmenter les taux d’imposition ».

Fermeture de la Savinière

Plusieurs arbitrages ont ainsi été réalisés par l’équipe municipale, « on a demandé des efforts aux associations et aux services, réduit les indemnités d’élus » illustre le maire, avant de dérouler une liste d’ « efforts particuliers » pour les Saviniens. « En déficit chronique », le centre de Vacances la Savinière de la Tranche-sur-Mer va fermer ses portes. Il s’agit pour Eric Mehlhorn de « stopper l’activité » après l’été, avant d’envisager une future cession. « Cela me crève le coeur, car il y a un vrai côté sentimental, j’ai découvert ce lieu en CM1 » indique le maire, mais pour lui, « les Saviniens se lassent » et surtout le site et ses 22 permanents coûtent trop cher à ses yeux.

Autre coupe franche, celle de la subvention pour la MJC de Savigny. « On arrête le financement » tranche Eric Mehlhorn, qui signe l’arrêt de mort de cette association cinquantenaire en promettant que « l’offre sera reventilée, et plusieurs choses font doublons avec ce qui existe dans les équipements de quartier ou le conservatoire ». A deux pas de là, c’est la crèche familiale et ses 30 berceaux qui va également disparaître. 730 000 euros d’économies à la clé, mais « une offre de garde similaire » promet le maire en parlant de l’ouverture d’un relais d’assistantes maternelles. Les animations de Noël vont être considérablement réduites, et des actions municipales supprimées : « on supprime les activités d’été sport-vacances, et il n’y aura plus de spectacle de fin d’année pour les enfants dans le Cosom ».

A l’utilisateur ou au contribuable de payer?

Cette véritable cure d’amaigrissement de l’action municipale ne manque pas de faire réagir les élus d’opposition, qui devraient contester tout ou partie du plan d’économies. Sur la forme premièrement, il est reproché au maire « des conditions de préparation insupportables » selon les mots de Pierre Guyard, conseiller municipal (PS). « Ce sont des projets brutaux, il ne nous a même pas présenté ses orientations que l’on en discute au préalable » regrette Audrey Guibert, élue FN.

Sur le fond, les critiques fusent sur le choix des économies à réaliser. « On ne l’a pas élu pour qu’il soit le fossoyeur des services publics » tacle-t-elle, en notant par exemple « qu’une crèche et un RAM ce n’est pas du tout le même service ». Pour Pierre Guyard, « on attaque les services publics, et leur accès pour les enfants et les familles », le tout selon lui, sans prendre le temps de « mesurer les solutions alternatives ».

Si la fermeture de la Savinière pour cause de déficit est moins contestée, les autres mesures d’économies seront au centre des discussions pour ce conseil municipal. Eric Mehlhorn se dit « prêt à tout entendre » mais attend que lui soient présentées « d’autres pistes » de la part de ses opposants. Prenant l’exemple de la crèche familiale, il se demande : « qui doit payer, l’utilisateur ou le contribuable? », avec une réponse toute trouvée. Autre son de cloche de la part de Pierre Guyard, qui pense que dans ce contexte budgétaire singulier, « il faut clairement poser la question de la fiscalité ».