Des portraits d’artistes de cirques singuliers, loin des artifices des chapiteaux. Voilà ce que vous propose de découvrir le photographe Antoine Dubroux, dont les clichés sont actuellement exposés à l’Espace Déclic d’Étampes.

Vous les connaissiez exécutant leur numéro à la perfection. Contorsionnistes, jongleurs, équilibristes, bref, ce sont autant de personnes qui vous auront impressionné ou même fait rêver. Antoine Dubroux vous propose de les découvrir d’une manière plus singulière par le biais de la photographie. Pour lui, pas question de les immortaliser en pleine représentation. Comme lors de leur numéro, ces artistes respectent une mise en scène, mais cette fois-ci il s’agit de celle dictée par le photographe. « Je souhaitais sortir les artistes du cadre du chapiteau, en travaillant plus sur le corps que sur les artifices du chapiteau ». Voilà ce qui anime le photographe Antoine Dubroux, qui expose quelques-uns de ses plus beaux portraits dans le cadre d’une exposition à l’Espace Déclic d’Étampes.

L’avènement du nouveau cirque

C’est donc la thématique du cirque, plus particulièrement les artistes, qu’a choisi de traiter Antoine Dubroux. Un sujet qui tient à cœur ce photographe qui s’était spécialisé à ses débuts dans la mode enfantine. « J’ai rencontré une trapéziste qui m’a donné le goût du cirque, relate Antoine Dubroux. Avec les moyens de photographe que j’avais, j’ai commencé à photographier les artistes et voilà ce qu’il en est vingt-cinq ans après ».

Car oui, les plus clichés exposés les plus anciens de l’artiste ont été pris au début des années 1990. Une date significative pour l’homme également pensionnaire de la compagnie de cirque L’épate en l’air, une résidence d’artistes qui a posé ses valises au sein l’hôpital psychiatrique Barthélémy Durand d’Étampes. « La période 1990–2000 est pour moi le témoin du passage de l’époque du cirque traditionnel à celle que l’on appelle couramment le nouveau cirque », résume Antoine Dubroux. C’est en 1968 que cette césure s’est effectuée selon le photographe. Avant cette date, le cirque était un milieu très traditionnel et franchisé, « où le métier s’enseignait même de père en fils », explique Antoine Dubroux. Mais avec les mouvements de 1968, puis avec la création de la première école du cirque par Annie Fratellini dans les années 1970, le milieu s’est ouvert progressivement à d’autres personnes n’ayant pas forcément d’attaches familiales avec le cirque.

Outre ce fait marquant, le nouveau cirque prend également forme grâce à sa mise en scène différente. Depuis la fin des années 1980, « on axe plus sur le côté narratif dorénavant », souligne le photographe. C’est en quelque sorte ce qu’il essaie de faire ressortir dans ses portraits.

Le duo de jongleurs formé par les frère Kazamaroffs. (JL/EI)

Le duo de jongleurs formé par les frère Kazamaroffs. (JL/EI)

Une exposition singulière

Antoine Dubroux s’est attardé à photographier ces artistes du nouveau cirque. Il a ainsi fait venir ces « gens » comme il les nomme dans ses studios pour les immortaliser sur la pellicule. « Au lieu de photographier les artistes pendant leur représentation, je les faisais venir dans mon studio. J’étais dans une démarche de photographie contemporaine », confie le photographe.

Au total ce sont 34 photographies toutes prises entre 1990 et 2000 qui sont présentées durant cinq semaines au studio Déclic. Les artistes photographiés en noir et blanc posent avec leur matériel de scène, histoire de voir leur univers d’un autre œil. Le style des jeux de lumière rappelle celui du reconnu Studio Harcourt ou encore de feu Jeanloup Sieff, rendu notamment célèbre par le portrait d’Yves Saint-Laurent nu. Cela donne à cette exposition une certaine singularité et procure une émotion particulière.

Isabelle, une équilibriste posant pour Antoine Dubroux. (JL/EI)

Isabelle, une équilibriste posant pour Antoine Dubroux. (JL/EI)

« Créer une synergie photographique »

Cette exposition qui débute ce lundi 13 avril à l’Espace Déclic d’Étampes prendra fin le 22 mai prochain. Toutefois, la date n’a pas été choisie au hasard. En effet, Antoine Dubroux commence ce même jour un projet de portrait en partenariat avec la ville d’Étampes et le lycée Geoffroy Saint-Hilaire. « Je photographierai les élèves du lycée tous les jours. Chaque jour, nous choisirons quatre portraits que je découperai en 25 images. Les élèves viendront ensuite récoler les éléments à l’échelle 120×180 sans savoir de qui il s’agit », indique le photographe. Avec ce procédé, les élèves du lycée seront confrontés au développement des photos prises en argentique. « Ils verront apparaître l’image comme à l’époque de l’argentique, c’est-à-dire qu’elle se constituera au fur et à mesure comme lors de sa sortie du bac », résume Antoine Dubroux.

Mais en plus d’organiser cet événement au lycée d’Étampes qui sera exposé notamment sur les grilles du conservatoire, l’objectif est de « créer une synergie photographique dans la commune », assure Antoine Dubroux qui espère bien que d’autres événements de ce genre suivront.

En attendant, l’exposition Gens de cirque d’Antoine Dubroux, sera visible du 13 avril au 22 mai au Studio Déclic, 10 rue Aristide Briand à Étampes. Pour plus d’informations, rendez-vous sur www.espacedeclic.com.